‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 115 sur 712 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

N’être plus maire, ne pouvoir plus passer dans la principale rue du village sans y voir cette enseigne.,. C’en était trop.

Le pharmacien n’y pouvait plus tenir. N’osant sortir, enfermé chez lui, la tristesse et la rage le rongeaient. On le disait atteint de la jaunisse, lui qui jadis en guérissait les autres. Le bruit môme s’était répandu que volontiers il quitterait le pays s’il pouvait trouver à vendre sa maison.

, Je pris quelques informations, qui parurent confirmer ce qu’on m’en avait dit. Enfin, j’allai le voir, et, résultat final, j’achetai la maison moyennant une somme de trentedeux fnille francs, contrat en main.

Ne Lavez-vous point deviné? cette maison était celle qu’avait habitée la mère de Valentin ; c’est là qu’elle était morte, c’est là qu’était né notre voyageur.

Lorsqu’il avait quitté le village, Valentin, qui n’avait voulu rien vendre de la chambrée de sa mère ni de ses ustensiles de ménage, avait tout déposé chez nous.

Il me fut donc possible , moyennant quelques réparations, de remettre dans leur état primitif la cuisine et la chambre de l’excellente femme. Le lit où Valentin l’avait embrassée pour la dernière fois fut disposé comme si la pauvre morte allait y revenir tout à l’heure. Une seule réparation fut faite : elle consista en un plancher neuf où le sapin fut remplacé par du chêne disposé en lamelles.

Les autres pièces, bâties par le pharmacien , très-convenables d’ailleurs, furent laissées vides : je réservais à Valentin le soin de les meubler et disposer à sa fantaisie.

J’avais acheté la maison aux derniers jours d’avril ; en octobre , le pharmacien l’avait laissée libre. En janvier, tout était prêt, et Valentin ne devait arriver qu’en mai.

Oh ! combien il nous tardait à tous de voir arriver ce mois de mai? Florine, Soufflanbise, aucun de nos enfants, ne connaissaient Valentin ; en revanche , tout le monde chez nous ne parlait, que de lui et de ses voyages. C’était pour nos enfants un héros, presque un demj-dieu. Ses lettres, dont je leur avais lu des passages, ses aventures, . quelquefois singulières, toujours intéressantes, et qui presque toujours aussi témoignaient d’une grande intrépidité, d’une grande ardeur de connaître ; tout cela faisait de lui, parmi nous, l’homme le plus désiré, le plus impatiemment attendu.

Soufflanbise, les enfants, Florine (et moi donc! ), nous comptions bien l’accabler de questions : Soufflanbise, sur l’état politique et sur l’insuffisance des subsistances dans les contrées qu’il avait parcourues; les enfants, sur les animaux féroces, sur les tempêtes en mer et sur les peuples sauvages ; et moi, sur la flore des différentes zones terrestres. Florine avait à lui demander ses aventures personnelles, les dangers qu’il avait courus et la manière dont il y avait échappé.

Malheureusement l’hiver approchait, nous étions en novembre, et depuis sa procuration , reçue en avril, nous n’avions plus eu de ses nouvelles.

Allait-il , ô ciel ! passer l’hiver en Suède ou en Laponie?... Il en était capable.

Comment pouvait- il être resté tout ce temps sans écrire, sans seulement s’informer dirrésultat de mes recherches pour lui trouver un domaine auprès du nôtre?

Lui était-il arrivé quelque mésaventure dans le Nord?

MAGASIN PlTTORESQrE.

Il est vrai que la Suède, eu été, est un pays plein de charme et de grâce ; mais il y a les montagnes, les glaciers, les grottes, les cavernes, les précipices; et puis, n’avait-il pas parlé de Laponie?

Quelle singulière idée de voyager dans un tel pays! J’écrivis au naturaliste de Londres; mais Valentin ne voyageait plus pour son compte, il n’avait donc point de ses nouvelles. Il avait appris cependant qu’un touriste hollandais l’avait rencontré au fond du golfe de Bothnie.

Il était donc en Suède et paraissait très-réellement se diriger, comme il l’avait dit, vers les Lapons ; mais depuis lors, qu’était-il devenu?

La suite à une prschaine livraison.

l’ame.

Toutes les énergies physico-chimiques, aussi bien que les énergies analogues de la vie, ne nous apparaissent, à de rares exceptions près, que revêtues de cet uniforme qu’on appelle la matière. Une seule de ces énergies se montre dépouillée de ce vêtement et nue. Elle domine toutes les autres, parce qu’elle les connaît toutes, sans que celles-ci le sachent. Elle n’est pas seulement puissance, mais encore conscience. C’est l’ame. Comment la définir autrement que la force en sa plus pure essence? (')

GR.\NDEUR DE l’hOMME,

Que le pouvoir de l’homme est grand! Il lui est libre de ne rien faire que ce qu’il sait bien que Dieu approuvera, et de recevoir avec résignation tout ce qu’il plaît à Dieu de lui envoyer. Marc-Aürèle.

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