‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 117 sur 712 · V. t. XLII, 1871, p · texte numérisé non relu

V. t. XLII, 1871, p

La publication de cette faïence nous a fait découvrir qu'elle n’est pas unique comme on le croyait. Non - seulement il en existe une variante an Musée de Douai, mais on a trouvé la moitié d’un plat tout semblable âu nôtre dans les démolitions d’une ancienne maison d’Orléans.

Jest, me des Missions, 15.

l.B Gérant, J. BEST.

LA TÜÜR DE MAURIFOLET

(PUY-DE-DOMKJ.

La Tour de Maurifolet, près dTssoire (Puy-de-Dôme). — Dessin de J.-B. Laurens.

Presque au sortir d Issoire (Puy-de-Dôme), la route qui inéne aux célébrés bains du Mont-Dore longe, pendant environ quatre kilomètres, un plateau volcanique bien connu es géologues par les formes et les accidents singuliers que le temps a produits sur la pente de ce plateau. Ce sont des cônes, des cylindres, des pyramides, des masses informes creusées de grottes qui -n été et riui sont Tome XLIII. -Mai 1875.

môme encore en partie habitées par quelques pauvres gens.

Ces masses, avec leurs trous de portes ou de fenêtres, avec ces traces de la main de l’homme accusées par des plaques de chaux on de plâtre sur le fond noir de la roche volcanique, concourent (à produire l’effet effrayant de gigantesques têtes de mort. Il y aurait beaucoup de dessins à faire de res nirir.=-.ités bizarres de la nature; nous

MAGASIN PlTTüRESi)GE.

offrons ici seulement l’image d’une seule de ces curiosités, celle appelée la Tour de Maurifolet. C’est une masse restée isolée, comme plusieurs, autres, par suite du délitement du terrain qui l’entourait; vers le sommet d’une ospccc de piédestal conique on voit une bande noire, trace d’une première déjection volcanique. Sur cette couche de roche noire s’est répétée la roche inférieure, qui paraît être une marne gris-jaunàtre; et finalement une couche volcanique plus épaisse a laissé pour témoignage de son arrivée une forme qui rappelle celle d’un chapeau, de manière que l’ensemble a l’aspect d’un champignon.

Ainsi que notre dessin le montre, cette masse en roche friable a eu des habitants; il y a porte, fenêtres, terrasse, et à l’intérieur un escalier qui mène à la tour qu’on voit au sommet du monument.

On ne sait guère l’époque de la construction de cette tour, et l’on sait encore moins l’époque où toutes les grottes de cette singulière localité ont été habitées. On y a trouvé, dit-on, des fossiles. On n’a de souvenirs et de documents précis que sur un éboulement qui, en 1737, détruisit le village de Pardioes, dont on trouve quelques pans de muraillee au milieu d’un chaos de terrains volcaniques.

NOUVELLE

Suite. — Voyez pages 50, 61, 78, 93, 106, 122.

En dépit de sa tendresse pour son fils, ou plutôt h cause de cette tendresse même, M. Grandmaison se remit avec un redoublement d’ardeur au travail. A son arrivée, Armand avait dû prévenir ses parents que son séjour à Paris pourrait être abrégé par un ordre d’embarquement immédiat, et Saturnin voulait, avant le nouveau départ de son fils, avoir restitué , par un effort de génie dont il était incapable, la page qui manquait dans le manuscrit de Pierre Jousselin.

On venait d’atteindre au cœur de l’été ; une chaleur torride dévorant Paris y multipliait les accidents de tout genre; l’insolation foudroyante faisait chaque jour quelques victimes. Les travaux de l’esprit étaient signalés comme offrant les plus graves dangers. Cependant Saturnin, que rien ne pouvait arracher à sa laborieuse tâche, commençait à souffrir sans vouloir l’avouer.

Un matin , à l’heure où la servante apportait à son maître le modeste déjeuner qu’il prenait rapidement sans interrompre son travail, elle trouva le savant étendu sur le sol, au pied de son fauteuil, d’où il avait glissé, frappé soudainement par la congestion. Au cri que poussa la servante, Armand et sa mère accoururent.

— Un médecin ! allez vite chercher un médecin ! s’écria M™® Grandmaison.

— Du calme, je t’en supplie, dit le jeune homme ; Catherine et moi, nous allons transporter mon père sur ton lit, et, tandis quelle courra chez le docteur, j’aviserai au plus pressé.

Armand souleva dans ses bras robustes le corps roidi et inanimé, le posa sur le lit de M™ Grandmaison, ouvrit à coups de ciseaux une manche du paletot et de la chemise de son père ; puis , tirant urte lancette de son étui, il approcha la lame du bras nu et sans mouvement.

— Que vas-tu faire? demanda la mère avec épouvante.

— Essayer de le sauver, répondit Armand.

Et, raffermissant son cœur, que l’émotion filiale faisait bondir, il piqua la veine d’une main assurée : une goutte de sang noir parut, elle coula lentement; ensuite on vit.

lentement encore, tonibej' d’autres gouttelettes; enfin, un flot jaillit, pur et limpide. Armand tomba à genoux devant sa mère, et dit, en lui baisant les mains :

— 11 vivra, je t’en réponds, il vivra!

Peu après, M. Grandmaison ouvrit les yeux. D’abord il ne comprit pas ce qui se passait autour de lui; mais la vue de son bras entouré de bandelettes, et de la cuvette où le sang qu’on lui avait tiré se coagulait déjà, réveilla ses souvenirs.

— Ah 1 fit-il, j’ai failli ne vous revoir jamais !

Sa seconde pensée fut pour son œuvre : — Si j’étais mort avant d’avoir trouvé !

Le docteur entra. Il félicita Armand sur son sang-froid et sur son adresse, et dit en se retirant, après avoir écrit son ordonnance : — Ce ne sera rien ; mais évitez les rechutes, . . Pour cela, il ne faut que du calme et un repos absolu.

Le malade se remit rapidement; mais, à partir de ce moment, il eut peur : l’accident pouvait se renouveler. L’unique crainte de Saturnin n’était pas de mourir avant que le mémoire fût achevé ; il lui importait surtout de ne laisser aucune trace du travail de l’auteur inconnu ; mais avant de détruire le manuscrit trouvé chez le marchand de vieux papiers, M. Grandmaison voulait que, mêmeincom.plet, il lui comptât dans la postérité; tant d’illustres auteurs, sans compter Virgile dans l’antiquité et lord Byron chez les modernes, sont morts sans avoir terminé leur œuvre principale! Quelques jours devaient suffire pour prendre copie du manuscrit de Pierre ; mais à qui confier ce travail que le père d’Armand ne pouvait entreprendre? car depuis son attaque d’apoplexie ses mains étaient affligées d’un perpétuel tremblement convulsif, qui ne laissait plus à ses doigts la possibilité de tenir une plume. Il songea que son fils, héritier de son nom et de sa gloire, pouvait seul l’aider à mettre au jour la découverte destinée à illustrer son nom.

Il confia son embarras et son désir à Armand, qui répondit aussitôt :

— Quand commencerai-je, mon père?

— Les malades, tu le sais, n’ont pas le temps d’attendre; je voudrais que ce fût demain.

— Demain, soit.

Le soir même, un ordre du ministre rappelait sans délai Armand Grandmaison à son bord.

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