GILDAS MORENO, LE FABRICANT DE BALAIS
ANECDOTE
Le Fakicaot de balais, à Valence (Espagne). — Dessin de Sellier.
Aussi bien que les bons exemples, les mauvais et même les pires, pourvu qu’on se garde de les suivre, ont leur utilité. 11 en est de ceux-ci comme de ces lumières placées, durant la nuit, au bord des fossés et des fondrières ; elles signalent les passages dangereux au voyageur qui s’égare, et lui prouvent la nécessité de changer de route.
Ceci est dit à propos de Gildas Moreno, un compatriote de ce José Torrès dont le Magasin pittoresque a l’an dernier raconté l’histoire. (')
Si l’humble charbonnier de Valence nous apprend , par le récit de sa vie laborieuse, comment le petit commerce, prudemment entrepris et continué avec intelligence et probité, peut mener progressivement aux plus importantes opérations commerciales, et, peu à peu, de l’extréine pauvreté à une grande fortune ; par contre, ce fut, comme on va le voir, l’absence ou plutôt le mépris des vertus nécessaires à la marche ascendante vers la prospérité légitime, qui fit tomber de l’opulence dans la misère notre Gildas Moreno, prédestiné, par droit de naissance, à jouir d’un riche héritage.
Dans le pays où fleurit l’oranger (■), l’industrie, florissante alors, alimentait le commerce terrestre et maritime par les produits de ses grandes fabriques de papier, de savon et de soieries. L’une de celles-ci avait pour chef Miguel Moreno, le père de Gildas. Grâce au soin rigoureiBc qu’il mettait dans le choix de ses ouvriers, dans la qualité supérieure des matières qu’il livrait à leurs mains habiles ; grâcç surtout à sa parfaite loyauté en affaires, laquelle était généralement connue , sa marque de fabrique imposait partout la confiance et lui était un titre d’honneur sur
(') Voy. t. XLII, 1874, p. 180.
(2) C’est le plus ordinairement à l’ilalie que font allusion ces paroles empruntées à Gœthe.