ARNOLPHE
Outre que la maison par ce nom se connaît,
La Souche plus qu’ Arnolphe à mes oreilles phit.
CHRYSALDE.
Quel abus de quitter le vrai nom de ses pères Pour en vouloir prendre un bâti sur des chimères !
Etc., etc.
Il éclatta ea ses commenceraens mais le cours de sa vie s’est terminé en pourriture et quoyquil eut comme on dit ordinairement les pieds terreux son mauuais destin ne les a enuironnés que de poignantes ortyes. Les branches sont
ses enfans, qui apres auoir esté séparés de luy, perdirent par lartilice des hommes leur taille naturelle qui de droits quils estoient deuinrent courbez ; —ses parents estaient des plus grands de la contrée et quoyquils vescussent sans
L incomparable Mons'' du Bois. — Fac-similé d’une estampe du dix-septième siècle.
reproche Ils portaient pourtant ombre à des uoisins qui en receuoient souuent du soulagement sans reconnaissance tant les créatures sont suiettes à lingratitude.
>> On remarqua que dès son enfance comme vn prodige eu sort extraordinaire, Il eut les cheueux blancs qui deuinrent verds en sa leunesse, roux en sa virilité, bruns
en sa viellesse, et s’estant accoustumé à la maxime espagnole, il a tousiours été plus vestu l’esté que l’hyuer. Il fit de bonne heure des vœux à Harpocrates le dieu du silence et à la constance , car on lui coupa les Ïambes sans quil criast ny sen plaignit en aucune façon, ce qui l’a obligé a porter des bottes pour cacher ses delfauts — des coups^
qiiil en receut il tomba du haut mal auquel il est quelquefois suiet restant immobile comme vn morceau de bois et n’a peu proffiter depuis ce temps la que par des attributs artificiels. Cette insensibilité dénotant quil auoit la teste fort dure fist qu’on ne l’enuoya pas de bonne heure au collège mais apres auoir voyagé sur les eaux il fut à lescole et quoy comme i’ay desia dit quil fut estropié il se mit en mauuaise compagnie dont la pluspart de ses camamarent furent bruslés.
)> le ne diray le pour quoy et pour cause mais comme les malheurs ne sont pas tousiours extresmes on cognut en sa Phisionomie quelque ie ne sçay quoy qui luy fit prolonger ses lours. On tourna ses infirmités sur le ridicule on le mena au Carnaual ou il deffraioit les compagnies a faire rire sans quil ait iamais perdu son serieux Aussi son tempérament est si bien reiglé que la bile ne le scauroit proLiocquer à la colere, cassez des incommodités de ses voyages. Il a pris vne Perruque engalantée qui luy donne l’air d’vu braue Routier, la Longueur et la largeur de son Nez sont de forte intelligence, son dos porte vn tiltre eminent et c’est l’endroit par ou il a plus de mouuement et de vie d’autant quil en reçoit tout son soutien Finissant la , description de cet Incomparable ie remets a vne autre saison l’acheuement de l’exposition de son tout ensemble dont ie macquitteray quand il en sera temps. »