‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 129 sur 712 · PRODUIT MOYEN DES BOISEMENTS RÉALISÉS FAR LES CONIFÈRES · texte numérisé non relu

PRODUIT MOYEN DES BOISEMENTS RÉALISÉS FAR LES CONIFÈRES

Le prix du terrain à boiser varie depuis 15 francs jusqu’à 300 francs l’hectare ; au delà de cette valeur, il n’y a plus guère d’intérêt à boiser. Si l’hectare de terre vaut plus de 300 francs, c’est qu’on peut le cultiver, et il vaut mieux le laisser en culture. Toutefois, dans une partie de la Champagne et du Poitou , les cultivateurs eux-mêmes trouvent avantage à semer ou planter en pins certains champs fatigués par la culture. Au bout de vingt ans, on défriche le bois , et le terrain donne de bonnes récoltes pendant plusieurs années.

Pour les boisements définitifs, nous admettrons, comme prix maximum du terrain, 300 francs l’hectare. Le semis coûte de 100 à 120 francs. La plantation ne revient pas à plus de 75 francs, y compris le remplacement. Soit, en total, environ 400 francs.

Une pareille somme, placée à intérêts composés, doublerait en quatorze ans, soit 800 francs: elle quadruplerait en vingt-huit ans, soit 1 600 francs.

L’hectare de conifères nourrit dix mille pieds d’arbres, espacés à un mètre en tous sens. A vingt ans, on en coupe la moitié, soit cinq mille , qui sont vendus pour échafaudages, montants d’échelles, perches à houblon et même poteaux de télégraphe. Le prix de chaque sujet varie entre 75 centimes et 1 franc. Supposons la plus faible valeur, 75 centimes : le total du produit réalisé à vingt ans sera 3 750 francs. Mais il faut déduire les impôts, les frais de garde (1 franc par hectare et par an), l’assurance contre

l’incendie. Pour se garder de toute illusion, évaluons seulement le produit à 3000 francs net; on voit que la plantation rapporte beaucoup plus que le placement à intérêts composés.

Il est à peine nécessaire de faire observer que les cinq mille pieds d arbres réservés valent beaucoup plus que les cinq mille enlevés. Vingt ans plus tard , chacun de ces arbres vaudra de 5 à 10 francs, soit, en moyenne, 35 000 francs par hectare.

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