EXEMPLES DE BOISEMENTS REMARQUABLES
Un grand nombre de propriétaires habiles ont réussi à boiser, à 1 aide des conifères, des terrains absolument improductifs, et ont pu constater l’exactitude des données précédentes. Dans plusieurs départements , de très-petits cultivateurs ont suivi d’abord avec beaucoup d’attention les essais plus ou moins heureux des riches propriétaires ; puis ils ont profité de l’expérience acquise et ont boisé avec succès leurs mauvaises terres. Dans la Côte-d’Or, lAube, l’Yonne, la Haute-Marne, il y a entraînement général vers le reboisement.
Afin de ménager la modestie des planteurs émérites, nous ne citerons aucun nom propre , excepté celui de la ville de Chaumont (Haute-Marne), qui a transformé 200 hectares de friches et de rocailles en une magnifique forêt de pins, épicéas et mélèzes.
On aperçoit une partie de ces reboisements, mais non pas la plus importante, quand on arrive à Chaumont par le magnifique viaduc de la vallée de la Suize (600 mètres de long sur 60 mètres de hauteur). Les collines chauves qui entourent la ville et lui ont donné le nom qu’elle porte , offrent maintenant l’aspect d’iine véritable forêt noire.
Les premières plantations des terrains communaux de Chaumont remontent à quarante ans seulement. On les doit à l’initiative d’un excellent maire, doué de cette foi robuste qui transporte les montagnes ou plutôt les transforme. Il ne craipit pas d’avancer à la ville les frais des premières plantations, effectuées au milieu des rocailles les plus arides. Il fut raillé et même chansonné. Mais,' au bout de quelques années, les résultats étaient si manifestes que chacun se rendit à l’évidence. L’impulsion était don- . née; la ville continua les travaux, les particuliers se mirent à 1 œuvre, et des milliers d’hectares sont actuellement couverts de plantations dans tout le département.
En présence de cette extension si rapide de la culture des conifères, on pourrait se demander s’il n’y a pas à craindre de produire au delà des besoins de la consommation. Mais nous sommes encore très-loin de suffire à ces besoins : chaque année nous importons des quantités considérables de bois de pin et de sapin , non-seulement pour le sciage et la charpente, mais même pour les poteaux de télégraphe, dont le nombre s’accroît chaque année dans une forte proportion.