DES CARTES TOPOGRAPHIQUES
Rien ne paraît plus facile que de lire une carte. Et c’est, en effet, une chose fort simple lorsque , comme sur le plan que nous donnons ici, on a écrit les noms à côté des signes conventionnels.
Mais supprimez ces noms, et, sur plus d’un point, le lecteur inexpérimenté pourra se trouver dans l’embarras et sera exposé à des erreurs. Citons seulement, pour exemples, les différentes sortes de ponts, les gués, les moulins, les landes, les marais, les tourbières, les diverses espèces de bois; comment les distinguera-t-on et les nommera-t-on immédiatement avec sûreté si aucune écriture ne les désigne et si l’on n’a pas, par avance, appris au moyen de quelles lignes ou de quels points on est convenu de les indiquer.
Il est vrai, et c est une chose fâcheuse, que jusqu’ici ces signes conventionnels n’ont pas toujours été uniformes ; on ne peut guère S3 lier entièrement aujourd’hui qu’à
ceux qui ont été adoptés par notre état-major dans ses belles cartes de France.
Voici comment on désigne quelques-uns des détails les plus nécessaires dans une carte en noir :
Fleuves et rivières. — On indique par deux traits plus ou moins irréguliers les sinuosités des rives, puis on marque les eaux par d’autres traits parallèles plus écartés les uns des autres à mesure qu’ils s’éloignent du rivage. Une ancre sert à désigner les cours navigables.
Ruisseaux , ravins. — On se borne à tracer une ligne sinueuse.
Lacs et étangs. — Même système de traits que pour les fleuves, etc. Quelquefois on remplace les lignes d’eau par des traits horizontaux ou hachures.
Canaux. Un gros trait et deux plus fins de chaque côté.
Écluses. On trace une espèce d’accent circonflexe ou de triangle dont la base s’appuie sur la largeur du canal.
Sables. — Pointillé.
Dunes.- — Pointillé imitant des monticules par une teinte plus foncée sur les bords.
Carte topographique.
Rochers, falaises. Imitation aussi exacte que possible de leurs formes.
Marais. — Traits horizontaux entremêlés ou de blancs ou de légers bouquets d’herbes.
Bruyères. — Pointillé vertical.
Landes. Même pointillé, avec un dessin un peu plus régulier.
Vignes. Petits ceps ou, si la dimension trop réduite de la carte ne le permet pas, un large pointillé circonscrit.
Tourbières. — Petits rectangles irréguliers avec traits horizontaux.
Paris. — Typographie de J.
Jardins. — Petits rectangles formés par des allées qui se croisent et remplis de points variés.
Signal. — Un triangle sur un monticule.
Moulin à vent. — Un O avec deux lignes croisées en forme d’X allongé.
Moulin à eau.— Un O denté au bord d’un cours d’eau.
Une énumération complète des signes dépasserait l’é-; tendue que nous avons voulu donner a ces indications.' Notre intention a été seulement de montrer que pour savoir bien lire les cartes il faut un peu d’étude préliminaire.
r.pst, nie des MissioDS, IS. t.iî Gérant, J. BEST.
ABBAYE DES VAUX DE CERNAY (seine-et-oise).
Cloître fie l'abbaye des Vaux de Cemay. — Dessin de A. de Bar, d’après une pliolograpliie de Diot et Taupin.
- A gauche de ia route de Versailles à Rambouillet, et à peu de distance de cette dernière ville, se trouve un pays bien connu des artistes et des archéologues. Lavallée des Vaux de Cernay, avec ses rochers, ses verdures v;iriées, ses ruisseaux, ses aspects de solitude et de sauvagerie, est devenue un lieu de rendez-vous pour les paysagistes, et a inspiré plus d’un tableau de mérite. Quand il n y aurait que la beauté des sites de cette charmante vallée pour attirer les curieux, ils pourraient y venir en confiance , sûrs de ne pas perdre leur peine et leur
Mais à côté de ces beautés naturelles se trouvent des niioesd un- grand intérêt, bien faites pour retenir l’homme ToîTC XLIII. — .Ici.N 187.'.,
d’étude; car, par une heureuse foi'tune, l’bistoire de ces ruines a pu être reconstituée à parti)’ de la pose de la première pierre pour ainsi dire. Des chercheurs savants et sagaces, 1\IM. Merlet et Moutié, ont fouillé partout pour recueillir tout ce qui se rapportait à un passé qu’il fallait faire revivre, et un grand seigneur dont le nom sera toujours cher aux lettres , aux arts et aux sciences, M. le duc de Luynes, a voulu subvenir aux fixais de ces investigations et faire en sorte qu’elles devinssent utiles à tous. De l’alliance de ces travaux et de cette générosité est né un livre consciencieux, complet, où sont consignés tous les actes impoi tants de la vie de l’abbaye des Vaux de Cernay pendant plusieurs siècles, et où nous appi'e-
lions bien des choses intéressantes, non pas seulement sur 1 abbaye , mais encore au sujet des différentes époques pendant lesquelles elle a existé. 11 nous a semblé juste de payer d’abord ce tribut de reconnaissance à ceux qui ont rendu faciles et agréables toutes recherches ultérieures relatives à cette question.
L abbaye des Vaux de Cernay remonte jusqu’au commencement du douzième siècle. Les uns ont assigné J 128, les autres 1132, comme date à son origine. Aujourd’hui il est démontré que la vraie date de la charte de fondation de 1 abbaye est 1118. On la trouve dans un texte authentique du commencement du treizième siècle, faisant partie d un inventaire des chartes de l’abbaye de Savigny, d’où émanait 1 abbaye des Vaux de Cernay. A côté d’un document établissant que 1 abbaye de Bolbec {ahbatia de Bello Becco) fut fondée en « l’an du Seigneur 1118, le 15 avant le^s calendes d’octobre {anno Boniini M° C° XYIIB, XV liai, octobris) » , on lit que « la même année et le même jour fut fondée 1 abbaye des Vaux de Cernay [eodem anno et eodem die, ahbatia de Yallibus Sarneii). »
C’est donc en 1118 qu’un moine de l’abbaye de Savigny, dont le nom n’est pas bien déterminé, — on hésite entre Arnaud , Artaud ou Arrald , — fut chargé par saint Godefroy de la direction de quelques moines de l’abbaye de Savigny. 11 vint s établir dans la vallée de Cernay, que 1 on appelait alors Bric-Essart, après en avoir reçu la concession de Simon, seigneur de Neauphle.
A propos de ce Simon, il n’est pas inutile de relever une erreur que nombre d’auteurs ont reproduite, et qui a pris sa source dans une inscription placée sur son tombeau , et aujourd hui détruite. On y lit entre autres choses :
« Bominus Simon de Neauphîe-le-Chastel , connestabilis Franciæ, etc... «Aussi a-t-il passé et passe-t-il encore pour avoir été connétable sous Louis VIL Mais on ne trouve dans aucun acte du règne de ce roi le titre de connétable joint à son nom. Déplus, il est à peu prés certain que ceffe inscription ne remonte pas au delà de la seconde moitié du quinzième siècle , ce qui donne le droit de s’en défier. On voit d’ailleurs, dans l’histoire, Raoul succéder immédiatement comme connétable à Matthieu de Montmorency, en possession de cette charge depuis le commencement du régne de Louis Vil, de sorte qu’il H y a vraiment pas de place sur la liste pour Simon de Neauphle.
^ Quoi qu’il en soit, le nouveau couvent reçut bientôt d assez nombreux adeptes pour devenir maison mère à son tour. Moins de vingt ans après sa fondation, en 1137, il envoyait plusieurs de ses membres établir l’abbaye du Breuil-Benoît {BrolimnBenedictum), dans la paroisse de Marcilly, au diocèse d’Évreux.
A Arnaud succéda Hugues, vers 1145. Deux ans plus tard, en 1147, 1 abbaye de Savigny, qui était restée jusqu alors indépendante, et qui ne pouvait se soutenir plus longtemps, se soumit avec tous les monastères qui dépendaient d’elle à la règle de Cîteaux. L’abbé Serlon, dans un chapitre général, en présence du pape Eugène lll’ fit cette déclaration, et l’abbaye des Vaux de Cernay suivit tout naturellement 1 exemple de la maison mère.
On connaît les noms de presque tous les quarante-neuf abbés qui furent les supérieurs de cette célèbre abbaye, depuis le douzième siècle jusqu’à la fin du dix- huitième!
Il y a dans la quantité des hommes parfaitement insignifiants, mais il en est un certain nombre qui, à un titre ou à un autre, ne doivent point passer inaperçus.
Le sixième abbé, Guy, est un des plus connus par la part qu’il prit aux affaires générales de la France . En 1 1 93, pendant la guerre que se faisaient Philippe-Auguste et les ■ nglais, redoutant également et les attaques des ennemis
et les pillages des Français, il se réfugia avec ses frères dans les maisons que l’ahbaye possédait à Paris. Il était retourné dans son couvent depuis plusieurs années, lorsqu en 1201 il fut chargé de prêcher la guerre sainte. L’année suivante, il fit partie de cette armée qui se mit en route pour Jérusalem, et qui n’alla pas plus loin que Zara : il est vrai que les croisés saccagèrent la ville. Le pape les excommunia, et avec eux les moines des Vaux de Cernay, qui les avaient accompagnés. Guy obtint du pape Innocent III une bulle qui défendait aux évêques et aux curés d’excommunier et de suspendre les serviteurs des abbayes.
En 1206 , avec onze autres abbés de Cîteaux, sous la direction d’Arnaud, général de l’ordre, il se livra à l’œuvre de la prédication dans le midi. On sait que cette prédication ne réussit pas, et que cet insuccès amena l’horrible guerre connue sous le nom de guerre des Albigeois. La part toute particulière que prit ce moine à la guerre en question s explique par les liens'et relations qui existaient entre le monastère des Vaux de Cernay et la famille des Montfort, fondateurs, bienfaiteurs du couvent et chefs de la croisade.
Guy avait un neveu , Pierre , moine des Vaux de Cernay, connu comme historien de la guerre des Albigeois.
Le livre de ce moine n’est guère qu’un panégyrique de Simon de Montfort, et le fanatisme, la fureur, la joie cruelle qu’on y trouve à chaque page , sont d’étranges et tristement curieux documents de cette histoire sanglante. Quelques lignes montreront jusqu’à quel point le sens, non pas de la charité, mais de la plus simple humanité était anéanti dans ces âmes en démence :
« Sur l’heure en furent tirés (du château de Lavaur) «Amaury, dont nous avons parlé ci-dessus... et autres » chevaliers au nombre de quatre-vingts , que le noble » comte arrêta de pendre tous à un gibet ; mais quand » Amaury, le plus considérable d’entre eux , fut pendu,
» les fourches patibulaires, qui, par la trop grande hâte!
» n’avoient pas été bien plantées en terre, étant venues à » tomber, le comte , voyant le grand délai qui s’ensuivoit,
» ordonna qu on tuât les autres. Les pèlerins s’en saisi- » rent donc très-avidement , et les occirent bien vite sur » la place. De plus, il fit accabler de pierres la dame du «château, sœur d’Amaury, et très-méchante hérétique,
» laquelle avoit été jetée dans un puits. Finalement, nos » croisés, avec une allégresse extrême, brûlèrent héréti- » ques sans nombre. »
Quant à Guy, pour prix de son dévouement aux Montfort, il fut nommé évêque de Carcassonne.
Sous Thomas P>', successeur de Guy, en 1215, Port- Royal fut érigé en abbaye et soumis aux Vaux de Cernay.
On sait de quel éclat brilla Port-Royal au dix-sepliéme siècle.
^ Ce Thomas reçut comme moine Thibaud de Marly, de 1 illustre maison des Montmorency, qui fut lui-même abbé , des Vaux après la mort de Richard , successeur de 1 Thomas. j
L’illustration de Thibaud , qui fut canonisé par la suite, •]
est une gloire plus pure et plus douce que celle de Guy. |
Son nom resta longtemps populaire dans la vallée , et les J villageois le citaient toujours avec l’espect et reconnais- j sance. 7
Thibaud fut d’abord destiné à la profession des armes.
Fils de Bouchard de Montmorency et de Mathilde de Châteaufort, il semblait, par sa naissance et ses relations, appelé à vivre au milieu du bruit, des plaisirs et des gran- ’ deurs. Il resta même quelque temps à la cour de Philippe- Auguste , pendant que son père conduisait une partie de l’armée de la croisade albigeoise sous les ordres de Mont-
fort. G est à ce moment qu’il se présenta au monastère des Vaux : l’abbé Thomas ne l’admit, du reste, qu’après avoir éprouvé sa vocation de diverses manières ; mais ces différentes épreuves ne servirent qu’à mieux faire ressortir sa piété, sa douceur et son humilité.
On trouve entre autres dans l’histoire de sa vie le récit d’une aventure merveilleuse , qui prouve bien quelle idée on se faisait de lui. Nous donnerons ce récit dans toute sa simplicité ; il a trait, d’ailleurs, à un des événements les plus importants de la vie de Thibaud , puisqu’il s’agit de la circonstance qui, selon son naïf biographe, le décida à se faire moine.
« Lorsqu’un jour il se fut mis en chemin pour aller au tournoi , accompagné d’autres personnes de sa qualité , il entendit qu’on sonnoit la messe dans une église qui se trouva sur son passage. Thibaud ne considéroit ces jeux que comme de vains amusements, et s’y exerçoit seulement par nécessité ; c’est pourquoi il n’eut pas de peine à se séparer de sa compagnie pour entrer dans l’église, afin d’assister à la messe...
« Au sortir de l’église , il alla retrouver ceux qui l’accompagnoient, lesquels venoient de leur côté à sa rencontre, pour se réjouir avec lui de la victoire qu’il avoit gagnée aux jeux des tournois ; « \ous avez surpassé tous » les autres, lui disoient-ils, et vous avez remporté le prix. » Ce qu ils disoient, parce que, par un effet surprenant de la volonté de Dieu , qui leur fit voir ce qui n’étoit point, dans le temps même que Thibaud étoit dans l’église , il leur avoit paru monté sur un cheval d’une bonté et d’une beauté extraordinaires, et combattant dans ces jeux avec tant de succès qu’ils avaient cru qu’il y était demeuré victorieux. »
Thibaud flit en grande vénération auprès de Louis IX et de la reine sa femme, Marguerite de Provence, et le respect dont il était entouré de son vivant lui fut encore continué après sa mort. Marguerite de Provence, devenue veuve, alla visiter le tombeau du saint abbé, devant lequel « elle fléchit le genou, et, s’étant prosternée à terre, elle se répandit en prières, et au milieu de larmes abondantes, elle se recommanda à Dieu et à ses saints. »
Plus tard, le roi Philippe, fils de Louis IX, « étant venu à l’abbaye, fit appeler un moine des plus anciens, homme plein de piété, et qui se nommait Henri d’Aties. Il le questionna avec soin sur la conversation , la vie et les mœurs de Thibaud. Cet Henri était un homme âgé, fidèle, noble^ de race ; il répondit : « Assurément, seigneur roi, «je n ai dans toute ma vie connu un homme meilleur que » le pieux Thibaud, si ce n’est le roi votre père. » A ces paroles, le roi Philippe commença à répandre de douces armes , et , allant aussitôt à la chapelle où reposoient les os du saint et fléchissant le genou, il adora Dieu avec larmes. »
Quand Thibaud mourut, il était supérieur de l’abbaye des ^ aux de Cernay, de celle de Port-Royal, de celle du Iresor en \exin , et de l’abbaye d’hommes du Breuil-Beuoît, au diocèse d’Évreux.
Les huit abbés successeurs de saint Thibaud n’ont laisse aucun souvenir. Simon de Rochefort , qui vint ensuite (élu en 1320 et mort en 1328), était docteur en théologie, ce qui n’a rien d’extraordinaire; mais sa science theologique lui valut après sa mort l’honneur d’une inscription qui fut gravée sur sa tombe, et que l’on peut citer a titre de document, comme un exemple du mauvais goût poétique de l’époque :
Cleri sol, luna, lux, laus, fons, fluvius, æquor,
Régula, lima, décor, petra jarct isfe sub una.
En français : « Du clergé le soleil, la lune, la lumière, la
gloire, la source, le fleuve, la mer, la règle, la lime l’honneur, il gît sous une seule pierre. » ’
Au quinziéme siècle, pendant l’administration de l’abbé Dimanche, ou Dominique de Beaune (abbé de 1430 à 1452), l’abbaye des Vaux souffrit cruellement de la guerre qui désolait alors la France. Rien n’est plus douloureusement éloquent que le naïf passage qu’on va lire et qui est extrait de dépositions faites par des témoins
« Durant les guerres et divisions qui ont couru et duré en ce royaulme de France par l’espace de plus de xxxvi ans lesdites guerres furent si grandes et esnormes, tant ou [au) pays de Jozas que ou pays chartrain, auquel pais de Jozas ladite^ abbaye des Vaulx de Cernay est située et assize, que il n’estoit homme ne femme qui osast aller ne converser en ladite abbaye ne au pays d’environ ; et en ladite abbaye il n y demeuroit homme ne femme, et n’y avoit en icelle que ung povre religieux, viel et ancien, qui vivoit a grand paine et misère, lequel c’y est tenu’par 1 espace de plus de xii ans, tout seul, sans abbé ne autres rehgieus que lui, et tout par la fortune desdites guerres et divisions. - Durant le temps des guerres, icelle abbaye n estoit comme point abbaye, et n’y avoit nulz religieux qui ne feussent tous absentz par la fortune desdites guerres, fors ung que on nommoit Daiixmichel, lequel y a esté tout seul par l’espace de x ou xn ans , durant lequel temps madame de Chevreuse luy envoyoit du pain à vivre et ung peu de poix {pois) quant elle povoit y envoier. Et durant lesdites guerres, comme les gens d’armes estoient sur les champs , iceulx gens d’armes allèrent audit lieu des Vaulx et hostèrent ung pain audit Dauxmichel, que ladite dame de Chevreuse avoit envoié par aucuns de ses serviteurs, et fust après plus de huict jours sans manger de pain, sinon que de l’arbe {herhe), qui paissoit comme une beste par force de povreté ; lequel Dauxmichel avoit la barbe jusques à la sinture, et sembloit mieulx estre homme sauvaige que autrement, de la povreté qu’il avoit soufferte et qu’il souffroit. »
Dominique de Beaune mourut en 1452, à Paris, dans une maison que l’abbaye des Vaux possédait rue du Foin, prés du palais des Thermes. Cette maison était tenue en location par une femme nommée Catherine la couturière, qui soipa l’abbé Dominique avec tant de dévouement que les moines, en reconnaissance, lui remirent le terme de Pâques.
Dans un état des biens de l’abbaye des Vaux de Cernay, dressé en 1511, on trouve entre autres une pièce relative aux maisons , cens et rentes que possédait l’abbaye dans la ville de Paris, et en particulier dans le quartier des Thermes. Cette pièce est assez curieuse, parce qu’il y est qpstion de rues qui ont disparu ou ne tarderont pas à disparaître. La voici avec le style et l’orthographe du temps :
« L abbaye des Vaux de Cernay possède plusieurs maisons, caves, court et jardin, assis à Paris, ès rues du Foin et de la Harpe , d’ancienneté nommées la granche du Palais des Termes; la première desquelles où souloit {avait habiUide, du latin solebat) pendre pour enseigne la Crofa:: dor, qui contient plusieurs chambres, greniers, caves, court devant et jardin au costé, est à présent au domaine d icelle abbaye des Vaulx, et tout le demeurant desdites maisons, ésquelles y a de présent trois hostelleries , c’est à sçavoir le Gril, les Singes et le Mouton rouge , ont esté baillées à tiltre de ferme et loyer d’argent ;
» Item apartient à ladicte abbaye des Vaulx de Cernay les hostels où pend pour enseigne l’Image Saint-Jean- Baptiste et le Franc-Rosier, en la rue de la Parcheminerie, où souloit pendre pour enseigne Maillets;
MAGASIN PITÏORESQGE.
«Item plusieurs autres maisons ès rue du Foin, rue du Feurre, rue des Murs, près la porte Saint-Victor; une autre maison près l’église de Saint-Bon, et deux autres maisons en la rue Saint-Germain-l’Auxerrois. »
La fin à une autre livraison.