‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 169 sur 712 · ASSEMBLÉES DE SORCIÈRES · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES DE SORCIÈRES

De ce que les fées ou sorcières, chassées de leur grotte par le châtelain de la Roche, ne reparurent plus dans le pays, on dut supposer qu elles avaient été se réfugier dans leur lieu d’asile accoutumé, le sommet du Puy de Dôme. C’est là, assure un grave magistrat du seizième siècle, Florimond de Saint-Amand, conseiller au Parlement de Bordeaux, que les sorcières ont établi leur quartier général. « J’obtins, a-t-il écrit, de l’une d’elles, nommée Jeanne Bordeu, laquelle je fis brûler en 1594, des renseignements exacts sur les assemblées diaboliques qui se tiennent dans le Chapeau, — nom vulgaire de la couche de vapeurs qui enveloppe fréquemment le point culminant du Puy de Dôme. — Jeanne Bordeu me raconta, continue le conseiller Florimond, qu’elle avoit souvent assisté au chapitre général des sorcières; les réunions avoient lieu le mercredi et le vendredi de chaque semaine. Chacune des initiées au mystère infernal y arrivoit munie d’une chandelle noire qu’on allumoit à celle que le bouc avoit entre les cornes; puis on dansoit en rond, le dos tourné l’une à l’autre, et en criant : «Maître, aide-nous! » Puis le maître distribuoit les métiers de sorcellerie, qui étoient empoisonner, ensorceler, guérir les maladies avec des charmes, et taire périr les fruits de la terre. »

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