‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 211 sur 712 · PEPPIN LE BREF DANS L’ ARÈNE · texte numérisé non relu

PEPPIN LE BREF DANS L’ ARÈNE

Peppin le Bref dans l’arène, sculpture par Isidore Bonheur. — Dessin de Chevignard.

On connaît cette anecdote. Selon l’auteur de la Vie de Louis le Débonnaire, qu’on désigne sous le nom de l’Ashononie, le fait se serait passé dans la cour du monastère de Ferrières en Gâtinais.

I eppin, petit de taille et payant peu de mine, savait que les robustes compagnons qui combattaient avec lui ne le ménageaient point dans leurs conversations. Il saisit une occasion de leur prouver qu’en courage et en force il ne redoutait aucun d’eux.

« Un jour, raconte la chronique du moine de Saint-Gall, Peppin commanda qu on amenât un taureau d’une grandeur effrayante et d’un courage indomptable, contre lequel il fit lâcher un lion d’une extrême férocité. Le lion, fondant d un saut impétueux, saisit le taureau par le cou et le jeta par terre.

^ l’entouraient, allez et

auachez le taureau a la fureur du lion, ou tuez le lion sur le taureau.

I ” eux, se regardant les uns les autres, et le cœur glace de frayeur, purent à peine articuler quelques mots d excuse.

" — Seigneur, dit l’un d’eux, il n’est point d’homme sous le ciel qui ose tenter une pareille entreprise.

" Le roi se lève alors de son trône, tire son sabre, descend dans l’arène , tranche en deux coups la tête du lion To.me XLllI. — .Ii iM.ET 1875.

et celle du taureau, remet son glaive dans le fourreau, et vient se rasseoir en disant :

>' — Vous semble-t-il maintenant que je puisse être votre seigneur? N’avez-vous jamais entendu dire comment le petit David vainquit 1 énorme Goliath, et comment Alexandre, malgré sa petite taille, surpassait en force les plus grands de ses guerriers?

«Tous tombèrent à ses genoux, comme frappés de la foudre, en s’écriant :

» — Qui donc, à moins d’être insensé, refuserait de reconnaître que vous êtes fait pour commander aux hommes? «

Les historiens modernes ne voient dans cette anecdote qu une légende poétique transmise par les traditions frankes.

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