‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 230 sur 712 · POÉSIE ESPAGNOLE DU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

POÉSIE ESPAGNOLE DU SEIZIÈME SIÈCLE

La ro.sée est tombée , aux fraîcheurs du matin ; le soleil la

frappe, elle étincelle plus que le cristal.

La verte prairie , couronnée de plantes odorantes , de fleurs et de roses peintes des couleurs de la nature, reste baignée de cette pluie de perles.

Mais quand la verdure ne se défend plus contre les feux du soleil , que l’air embrasé perd sa fraîcheur. J’aime à me retirer sous les bois épais.

0 Bonté divine, qui créas les arbres touffus pour nous protéger contre la vive ardeur des rayons brûlants du midi !

Près du bois s’élève gracieusement une colline, d’où une source descend, charmante en son cours et empressée d’atteindre la forêt.

Avec un doux murmure , à travers les herbes , elle va dirigeant sa course , et avec un bruit paisible retomme les légers cailloux , les soulevant de leur lit sablonneux.

Parmi le feuillage se montrent les clairs rayons du soleil , et sous leurs feux les petits grains de sable rougissant brillent comme la poussière d’or du Tage.

Après avoir arrosé les arbres touffus, le ruisseau rassemble sa course à pas précipités, et va se répandre dans deux larges étangs.

Là, fendant l’onde, les poissons nagent et se Jouent, et agitent leurs nageoires d’un mouvement si rapide qu’il échappe à la vue la plus perçante.

Çà et là ils vont, reviennent, sautillent légèrement; ils ornent et embellissent le frais élément qui leur donne l’être et les nourrit.

Louis de Léon ; 1527-1588 (•).

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