‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 248 sur 712 · AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

AU MOYEN AGE

Aux temps OÙ les forêts étaient très-vastes et trèsnombreuses, le bois, le produit ligneux, était sans valeur vénale : c’était en quelque sorte une propriété naturelle, dont chacun avait la liberté d’user ainsi que de l’eau et de l’air. On n’estimait les forêts que pour deux usages : la pâture du bétail et la chasse.

Aussi voit-on que dans les actes qui ont pour objet d’établir la contenance des propriétés (polyptiques (’), pouillés), on établissait celle des forêts de deux manières, en indiquant d’abord le nombre de lieues qu’elles avaient de tour (*), ensuite le nombre de porcs qu’il était possible d’y engraisser.

Ainsi , pour le domaine de Palaiseau, qui appartenait à l’abbaye Saint-Germain des Prés, la déclaration est ainsi conçue : « L’abbaye possède une forêt qui peut avoir une

(') Dès le cinquième siècle, le mot polypticum servait à désigner les livres du cadastre et des impôts, les registres contenant la description des biens possédés par l’État , par les églises ou les abbayes. Par altération, polypticum s’est transformé et est devenu le mot pouillé.

('■) On suppose que l’on continuait à se servir de la lieue gauloise , équivalente à 2 222 mètres.

lieue de tour, et où il est possible d’engraisser cinquante porcs. »

Pour le domaine de Taisy (Saint-Remy de Reims), on lit simplement dans le polyptique : « L’abbaye possède une forêt où l’on peut engraisser cent cinquante porcs. »

D’autres forêts du même domaine, à Villers-devantle-Thour, à Vron-sur-la-Chée, et à Vieil-Saint-Remy, pouvaient nourrir mille porcs (*).

Ge mode d’estimation est encore aujourd’hui d’usage dans quelques endroits de l’ilalie.

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