‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 256 sur 712 · DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

DES ÉTATS-UNIS

Chacun des États de 1 Union américaine organise librement et avec la plus complète indépendance l’instruction publique de sa circonscription. Le gouvernement central n’intervient en aucune manière dans l’administration des écoles, et se borne à disposer en leur faveur d’une partie des terrains qui appartiennent à la nation.

Cependant il existe à Washington un Bureau d'éducation qui se rattache au ministère de l’intérieur et qui a été établi en 1867 par le Congrès. Ses attributions, quoique générales, diffèrent essentiellement de celles de notre ministère de 1 instruction publique et des beaux-arts.

Il a d abord pour mission de réunir et centraliser tous les renseignements relatifs h rinstruction du peuple, de quelque nature quils soient, non-seulement au point de vue statistique, pour déterminer le nombre des écoles, celui des élèves, celui des maîtres , etc., mais encore sous le rapport de la législation, des méthodes adoptées, des résultats obtenus, etc. Ce n’est pas qu’il v ait une administration spéciale pour se procurer ces renseignements et aucun droit de les exiger; mais les superintendants de

chaque État, et tous ceux qui sont à même de lui fournir des indications , s’empressent de les lui communiquer. Par suite;: le Bureau d’éducation se trouve en rapport avec les administrations des 48 États ou territoires, avec celles de 206 villes ou cités, avec 132 écoles normales, 144 écoles de commerce, 54jardinsd’enfants(/£mderigar<en), 1455 académies ou écoles secondaires, 103 écoles préparatoires aux études des collèges, 240 institutions d’enseignement supérieur pour les jeunes filles, 383 collèges ou universités, 73 écoles spéciales pour les sciences, 115 écoles de théologie, 37 écoles de droit, 98 écoles de médecine, 58o bibliothèques, 26 musées artisftiques , 53 muséums d histoire naturelle , 40 institutions pour l’éducation des sourds-muets, 28 écoles pour les aveugles, 9 institutions pour les faibles d’esprit, 400 orphelinats, 45 écoles destinées aux petits vagabonds, etc. En total, le nombre des établissements scolaires ou autres avec lesquels le Bureau d éducation se trouve en relation s’élève à plus de 4000. Quant au nombre des correspondants individuels, il dépasse 8000.

Un autre service que rend le Bureau d’éducation est de recueillir aussi des informations sur l’état de l’instruction, sur les lois en vigueur et sur les méthodes adoptées dans tous les pays du monde. A ce point de vue spécial, sa bibliothèque, bien que récente, est une des plus complètes que l’on connaisse. Elle renferme une importante collection de documents classés et catalogués de manière à pouvoir être facilement consultés.

Mais le Bureau d’éducation n’a pas seulement pour devoir de centraliser des renseignements, il a celui de les communiquer; selon sa propre expression, il est en quelque sorte un clearing houseàe l’instruction publique (’).

Chaque année, le Bureau d’éducation publie non-seulement un rapport généra! sur la situation de l’instruction publique aux Etats-Unis, mais encore un certain nombre de brochures qui font connaître soit les systèmes des écoles dans les pays étrangers, soit les méthodes pédagogiques, soit enfin les résultats obtenus dans les écoles américaines ou les progrès à y introduire , etc.

Voici les titres de quelques-unes de ces publications : ~ Rapport sur l’organisation de l’instruction publique en Suède et en Norvège; — l’Instruction obligatoire; — Influence de l’instruction sur le travail (-); — les Jardins d enfants; — les Écoles de l’Inde anglaise; — l’Enseignement du dessin aux États-Unis, etc.

Ces « circulaires d’informations», très - instructives , n ont à aucun degré le caractère de nos circulaires ministérielles; personne n’est tenu de se conformer à l’opinion du Bureau d éducation. Le Bureau n’a aucun contrôle à exercer sur les écoles des différents États; il n’a aucune autorité administrative , même sur les territoires administrés directement par le Congrès. Son influence est toute morale , mais elle n’en est pas moins réelle et utile ; les superintendants sont unanimes à reconnaître les services rendus par le Bureau d’éducation depuis sa création.

Le Bureau est dirigé par un commissaire général d’éducation qui touche un traitement de 3 000 dollars (15000 francs). M. Henri Barnard a été le premier chargé de cette direction ; M. Eaton, qui lui a succédé, est encore en fonctions. Tous deux étaient désignés à ce poste élevé par leur grande compétence en matière d’enseignement, et tous deux se sont acquittés de leur tâche avec autant de dévouement que de succès.

{*) "Voy. Sur le clearing house, t. XX, 1853, p. 239.

On peut dire, en résumé, que c’est une sorte’ de bureau de liqir dation, de compensation ou de virement, où les banquiers de Londres l’échange des billets dont ils sont respectivement porteurs, r) ^oy- P* 34, 47, 86, du présent volume.

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