‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 305 sur 712 · EXTRAITS · texte numérisé non relu

EXTRAITS

— Si votre principale préoccupation n’est pas de faire le bien dans la mesure de vos forces et de vos facultés, votre vie n’a pas de raison d’être. Ne vivre que pour soi,

(9 Voy. la Bible et l’Amjrioloaic , article de la Revue des questions historiques. Avril 1373.

qu’en vue de ses petites satisfactions personnelles, ce n’est vraiment pas assez : si nos efforts n’ont pas de but plus élevé que nous-mêmes, autant vaut qu’ils restent stériles.

— Si chacun de ceux qui se plaignent se donnait la peine d’être pour les autres ce qu’il voudrait que les autres fussent pour lui, cette société si détestable, dit-on, deviendrait tout à coup sympathique, attrayante, fraternelle, et, tous les éléments qui la composent étant de bonne volonté, il ne resterait plus guère pour gémir que des malavisés ou des malappris.

— Simplifions notre vie, purifions-la en donnant k nos tendances un caractère moins personnel, cà nos actions un but plus élevé. « Ce n’est, disait Plutarque, ni la multitude, ni le petit nombre des affaires, qui rendent la vie des hommes inquiète ou tranquille, mais le plus ou moins d honnêteté des choses qui les occupent. «

Pourquoi n cst-il pas possible de faire une enquête parmi les consciences? Pourquoi ne peut-on convoquer les âmes pour les appeler à dire devant tous ce qu’elles éprouvent quand elles se recueillent, et ce qu’elles ont amassé de vraies richesses? 11 ne serait plus nécessaire alors de prêcher : la leçon sortirait vivante de cette épreuve; on saurait où sont les heureux. (')

DESTRUCTION DES ANIMAUX MALFAISANTS

LES PIEGES

Fin. — Voy. p. 135, 227, 295, 343.

Nous avons parlé plus haut du traquenard à propos des bêtes puantes; le piège à poteau (fig. 19) n’est qu’une va-

Fig. 20. - Collet à poteau. Fie. 19. - Piége à poteau.

liétéde cet engin : le ressort est en dessous des branches au heu d être a côté, voilà toute la différence. On entaille e haut du poteau ou la section de branche d’arbre verica e, ( e açon que les mâchoires du piège tendu s'y dissi- Ululent entièrement. Il ne faut pas croire que le faucon ' lenne poser là san.s regarder où il met le pied : un œil ju vmta un co dei,v kilomètres de distance une alouette an-- 1 berce n r ‘ v. ,. aveurlr. ^ qiiin^p (h Ch Picaan. ■ -,

A notre avis, on doit se garder de placer aucun appât sur le piège. L’oiseau ne se prendra qu’en abordant le poste, soit pour y guetter sa proie, soit pour s’y repaître de celle qn’il apporte dans ses serres. On dissimulera trés-soigneusement le piège dans ses rainures sous une couche de sciure de bois vieillie , de terre de souche, de débris d’arbres creux s’assortissant parfaitement en couleur avec le haut du poteau.

Toutes les fois qu’un oiseau aura été pris, on démontera le piège, on le flambera, on le fourbira avec soin et on ne le remontera que quand il marchera comme une platine de fusil. ^

On peut remplacer le traquenard, au haut du poteau par un collet de laiton (fig. 20). Il n’y a aucune autre difficulté que celle de bien placer le collet G, qui ne doit pas reposer absolument à plat sur le bois, ni être trop grand ; on le fera en fil d archal, dont la couleur ne tranche pas sur le bois et ne brille pas.

II est certain que si T, on avait le temps et la patience de placer, chaque nuit, quelques forts gluaux sur le sommet des poteaux, on prendrait une certaine quantité des pillards dont nous nous occupons et quelques autres qui ne valent pas mieux. N’oubliez jamais de bien dissimuler les gluaux, car le rapace ne se pose sur le pieu que parce que l’extrémité lui semble parfaitement nette.

Il reste à parler des moyens de détruire les insectes dévastateurs, dont le nombre est bien grand. Malheureusement, les pièges inventés contre cette classe d’animaux sont très-peu nombreux. Il est cependant deux de ces ennemis que l’on sait prendre : ce sont les courtiliéres le fléau des couches et des jardins, les guêpes et les frelons œ fléau des espaliers. Le piège qui peut détruire ces dernieis sert aussi contre la mouche commune.

La courtilière ou tempe-grillon est un insecte de grande taille, orthoptére sauteur comme le grillon, la sauterelle et le criquet. Ses pattes postérieures sont renflées pour le saut; mais l’animal est lourd etfaitpiutôt des culbutes que des bonds, et encore ne se sert-il pas souvent de ce mode de progression. De couleur rouille foncée, la courtilière avec ses grosses pattes antérieures élargies en battoirs ou plutôt en pelles fouisseuses, ressemble un peu à une écrevisse qui aurait perdu la carapace de sa queue.

Pour prendre ces animaux, on fait creuser en long par un tourneur, des trous de huit centimètres et demi de diamètre dans de petites bûches de bois A, A, (fig. 21) de la grosseur d un fort étui et s’ouvrant comme lui parie milieu, CB. Les deux bouts A et A de la bûche sont donc ouverts mais on y place un petit rond de tôle mince I Ulà^ 22) suspendu par en haut et pouvant s’ouvrir de dehors en dedans, L, M (fig, 23).

On découvre avec précaution une partie de la paierie

cieusée par 1 animal sous la terre un peu soulevée'"- en

petit comme la taupe, — et on place la bûche en Io’n°- de manière que son trou coïncide bien avec celui de la Galerie hg. 24). On recouvre le tout de terre. Pendant la nuit la taupe-grillon, en visitant ses galeries, rencontre la pe-^ lite trappe qui lui fait légèrement obstacle (fig. 24); elle la pousse, la soulève, passe ; la trappe retombe, la bête est prise! Une autre arrive, soit par le même chemin, soit par l’extrémité opposée; elle entre et rencontre la’premiéie. Alors, dans ce petit espace noir et étroit s’enga^'e un duel à l’aveugle. Le vainqueur dévore le vaincu. Un troisième bandit arrive à son tour, qui, frais et dispos, hvre immédiatement bataille au vainqueur, toujours un peu blessé pendant le combat précédent, et il ne lui fait pas de quartier. De sorte qu’on détruit plusieurs courtiliéres avec le même piège, mais on n’en prend ja'mais qu’une entière et quelques débris des autre.s.

MAGASIN IMITOKESUGE.

. De telles mœurs ne nous permettent guère de voir dans les courtilières des mangeuses de racines. Nous sommes convaincus qu’elles sont carnassières. Si elles coupent les racines, c’est pour y prendre le ver ou les insectes qui les attaquent. Cela est tellement vrai, que quand on place du fumier, et surtout du fumier de vache , près d’un endroit où se tiennent des courtilières, elles y courent dès la nuit suivante et on les y détruit en retournantleturnier le lendemain matin. Pourquoi viennent-elles au fumier? Est-ce pour pondre leurs œufs, ainsi qu’on l’a dit, alla que la chaleur active l’éclosion? Non. Elles viennent chasser les

Fig. 24.

Étui à courtilière.

myriades d’insectes qui habitent le fumier. Elles ne pondent qu’au commencement de l’été, dans un nid de terre en forme de boule, qu’elles pétrissent elles-mêmes et enfoncent très-profondément.

Avec une trentaine d’étuis, qui n’occasionneront qu’une dépense insignifiante puisqu’on peut les faire soi-même, et avec un peu de patience et d’adresse, on vient à bout, en quelques semaines, de la plus nombreuse colonie de courtilières.

Parlons maintenant des guêpes et frelons. Tout le monde sait que ces insectes hyménoptères, proches parents de notre abeille, vivent en sociétés dans lesquelleç on compte quelquefois deux ou trois cents femelles pondant à la fois au printemps et à l’automne. Il n’est donc pas étonnant que la guêpe soit si multipliée ; cependant M. Joigneaux a raison de dire que « si tous les cultivateurs qui ont intérêt à se défaire de la guêpe voulaient s’en donner la peine et s’entendre pour une action commune, en fort peu de temps l’espèce disparaîtrait. >' Ce qui le prouve, c’est qu’à Tbomcry, près de Fontainebleau, où tout le monde chasse la guêpe parce quelle attaque le chasselas, dont la culture est l’industrie du pays, la guêpe est maintenant à peu près inconnue. On emploie aussi quelques pièges bien simples pour prendre ces insectes. Ce sont des bouteilles dont nous donnons les figures (fig. 25 et 26), et dans lesquelles on met de l’eau miellée ou des fruits sucrés écrasés. La bouteille figure 25 se suspend facilement le long des espaliers, et y détruit une grande quantité de guêpes que les fruits mûrs, poires, pêches, raisins, attirent.

Fig. 25. — Bouteille- piège à guêpes.

Quant à l’appareil représenté par la figure 26, il peut être employé facilement contre les guêpes, mais il est plutôt destiné à combattre les mouches d appartement, ce fléau des habitations de campagne. A est une assiette sur laquelle repose la carafe C , dont le fond relevé est percé d’une grande ouverture. Les mouches entrent par là, mais ne prennent pas la même voie pour sortir, parce qu elles tendent toujours à s’élever ; elles tombent dans 1 eau de savon dont le fond de la bouteille est rempli.

On peut user d’un moyen encore plus énergique, mais plus dangereux. On suspend des vases ouverts, comme

Fig. 26. — Bopteille-piége à mouches et à guêpes.

des assiettes, avec trois ficelles, devant les espaliers. On y verse un mélange de sirop de sucre et d arsenic : on peut remplacer le sirop par du miel ou toute autre matière analogue. Les guêpes tombent toutes sur le sol. Malheureusement les abeilles y tombent en même temps, attirées par le même appât.

Il y avait à l’Exposition de 1867 une machine assez originale pour prendre les guêpes et frelons dans leur nid. C’était un double cône , d’au moins un mètre , en toile métallique, se posant au moyen dun manche, soit pai terre sur l’orifice du guêpier de la guêpe commune, soit sur les arbres, les murs, pour les frelons. On pose l’appareil la nuit, quand tous les insectes sont rentrés, et 1 on entoure la base de terre tassée pour empêcher quelquesuns d’entre eux d’échapper. On ouvre alors un registre, et les guêpes montent dans ledit cône pour respirer : là, I on les flambe sans danger.

MAGASIN PITKJKESQUE.

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