‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 322 sur 712 · JEAN DE JULIENNE · texte numérisé non relu

JEAN DE JULIENNE

On confond quelquefois , dans les écrits modernes , les deux établissements : la manufacture (royale, impériale, nationale) des Gohelins, qui succéda sous Louis XIII à celle que F rançois Rr avait établie en 1 543 à Fontainebleau, et qui, reconstituée et agrandie par Louis XIV, en 1662, existe encore et continue la fabrication de belles tapisseries qui servent de modèles à l’industrie privée. Sous Louis XIV, ce n’étaient point seulement des tapissiers et des teinturiers qui travaillaient aux Gobelins, mais aussi des brodeurs, des orfèvres, des fondeurs, des graveurs, des lapidaires et des chimistes.

La manufacture de draps fins façon d’Espagne, d’Angleterre et de Hollande, était située rue de la Reine- Blanche et rue Mouffetard (aujourd’hui numéro 259). Cet établissement avait été fondé, en 1667, par Jean Gluck, Hollandais, qui épousa la fille d’un teinturier, François de Julienne. En 1721, Jean de Julienne réunit et transportarue des Gobelins, numéro 3, les établissements de ses oncles

(*) Petite ville à 28 kilomètres de Milan, sur la route d’Arona; de Milan on y va maintenant en une heure.

François de Julienne et Gluck. Ce fut lui qui s’était acquis une certaine célébrité danslesarts commeamateur. 11 possédait une très-belle collection. On connaît son portrait par Watteau, qui était son ami, et dont il possédait un grand nombre de tableaux. Né en 1686, il mourut à l’âge de quatre-vingts ans, en 1766. Il était très-bienfaisant.

Pendant cinquante ans , il ne cessa de rechercher des tableaux, des dessins, des sculptures, des bronzes, des vases, des armes , des porcelaines. La galerie où il avait rassemblé toutes ces richesses est occupée aujourd’hui par une fabrique de châles. (’)

Page 1