Wliite, pasteur, dans différents districts industriels
« Ceux qui savent lire et écrire sont meilleurs ouvriers ; mais la différence n’est pas aussi sensible que lorsqu’ils ont reçu une instruction plus étendue.
» Pour l’extraction des minerais de fer et leur réduction, un travailleur intelligent vaut 25 à 50 pour 100 de plus que celui qui ne l’est pas. Dans les mines et les manufactures, le travail de ceux qui ne savent ni lire ni écrire est à vil prix. »
M. Mac-Garthy , mécanicien, à Saint-Clair, Pensylvanie :
« 11 m’est arrivé d’avoir à diriger la machine à vapeur d’un moulin destiné à briser le charbon. J’ai remarqué que les jeunes garçons qui n’avaient pas été à l’école et ne savaient ni lire ni écrire étaient plus disposés à mal faire; ils essayaient plus souvent d’abîmer la machine en mettant des clous dans les engrenages, que ceux qui avaient reçu même une faihle instruction.
)) Nous avons ici un grand nombre d’émigrants, et j’ai toujours vu que parmi eux les plus ignorants étaient les plus misérables.
» Les illettrés se livrent beaucoup plus souvent au désordre, et s’ils avaient le moyen d’acheter de l’eau-de-vie, il serait plus grand encore. Il y a parmi eux plus de tendances au vice et même au crime (').
La suite à une prochaine livraison.
SIFFLETS PÉRUyiENS.
11 y a déjà longtemps que l’on a fait une remarque fort juste à l’égard de la musique rudimentaire des Péruviens et des Mexicains : c’est que ces peuples faisaient un usage presque exclusif des instruments à vent et à percussion , et qu’aujourd’hui encore, sur l’immense étendue des pays qu’ils habitaient, rien n’est plus rare que de rencontrer un instrument à cordes, si grossier qu’il soit. C’est précisément le contraire de ce qui a été constaté dans la portion de l’Afrique où les peuples européens n’ont jusqu’à
ce jour introduit ni leurs arts, ni leur industrie. Dès les temps les plus reculés, la harpe, bien perfectionnée déjà, ligure dans les peintures égyptiennes : on la retrouve en Abyssinie. Rien de pareil, à notre connaissance, n’existe dans ce que l’on est convenu d’appeler l’antique empire du Pérou, dont le morcellement moderne est connu de tout le monde.
La grande flûte des anciens Péruviens prenait le nom de qqueina dans l’idiome quichua : elle servait primitivement à accompagner ces chants nationaux si mélancoliques que l’on a désignés sous le nom expressif de Yaravis ou de Tristes ('). La qqueina n’a pas cessé de faire retentir les Andes de ces douloureux accents. On rencontre également dans ces montagnes la flûte de Pan, si célèbre dans l’ancienne mythologie de la Grèce. Un voyageur français bien connu, M. Weddell, a décrit, dans son ouvrage sur le Pérou , une vaste flûte de ce genre , rendant des sons presque aussi grandioses que ceux de l’orgue primitif.
L’ouvrage de MM. Rivero et Tschudi donne plusieurs spécimens d’instruments à vent remontant à l’époque des Incas ; mais ces flûtes ou ces flageolets de genres divers seraient infiniment plus nombreux, à coup sûr, si l’on avait prétendu introduire dans cette collection les sifflets trésperfectionnés que les potiers des temps incasiques adjoi-
(‘) Voy., sur ces poésies péruviennes, deux articles de M. Ferdinand Denis dans la Biblior/raphie musicale de M. Potticr de Lalaine , numéros de septemlire 1872 et de juillet 1873.
gnaient souvent, avec beaucoup d’artifice, aux vases innombrables qu’ils confectionnaient, en les ornant la plupart du temps de figures d’animaux fantastiques. Quelquesuns de ces vases sont disposés avec assez d’art pour que l’eau qu’ils doivent débiter simule, en s’échappant du goulot, un sifflement, le chant des oiseaux.
Des deux sifflets dont notre gravure offre une représentation fidèle, et qu’on peut voir à la Manufacture nationale de Sèvres, le plus compliqué par sa forme est muni d’un appareil destiné à produire l’espèce de gazouillement sonore que nous venons de signaler, c’est-à-dire qu’il présente une sorte de cavité qu’on devait remplir d’eau pour en faire usage, le refoulement du liquide par l’air étant indispensable pour obtenir l’effet désiré. Ceci est certainement bien primitif, j’allais dire bien puéril; mais la forme du petit instrument est à coup sûr des plus originales.
Le second sifflet, trouvé, comme le premier, dans une tombe antique, est fabriqué également en terre noire, et
(•) Il résulte des rapports de la justice criminelle en France que le.s criminels sont quatre fois plus nombreux parmi les illettrés que parmi ceux qui ont de l’instruction. Ce n’est pas que l’instruction donne toujours directement plus de moralité; mais, d’une part, l’instruction permet plus d’échapper à la misère, cause principale des crimes ; et, d’autre part, elle agit sur l’intelligence , elle conduit à mieux raisonner, elle donne une connaissance plus exacte du pouvoir de la justice. La moralité vaut mille fois mieux; mais, lors même que l’on voudrait à tort nier l’influence morale de l’instruction , on devrait toujours désirer sa propagation dans l’intérêt général de la société.
représente un torse sans tête, reA^êtu d’un vêtement étroit à manches, couvert d’une sorte de broderie.
Ces deux sifflets ont fait partie de la célèbre collection de Clapisson.