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ANCIENS REMPARTS DE FRIBOURG

Fribourg en Suisse est surtout connue des touristes pour son admirable pont suspendu, si audacieusement jeté sur la Sarine, et pour sa vieille cathédrale dont les orgues sont au nombre des plus belles qu’on connaisse. Là ne se bornent point, cependant, les curiosités de cette ville. Une grande partie de sa vieille enceinte existe encore, avec ses fortifications pittoresquement élevées au bord de profonds ravins taillés dans le roc.

La première fondation de Fribourg remonte au temps du duc Berchtold de Zæhringen, qui la bâtit en 1179, pour servir de rempart à ses vassaux contre les empiétements qu’il redoutait de la part de l’Empire. Les précautions de Berchtold furent néanmoins sans résultat; car un siècle ne s’était pas écoulé que Fribourg, après quelques vicissitudes trop longues à raconter, passait aux mains de l’empereur Rodolphe de Hapsbourg. Dés l’an 1298, elle soutenait pour eux une lutte sanglante contre les Bernois, qui dès lors s’étaient faits les champions de la liberté communale. Cet antagonisme entre deux cités également jalouses de l’indépendance helvétique, se prolongea durant tout le cours du quatorzième siècle et la plus grande partie du quinzième. Pendant ce long laps de temps, les remparts de Fribourg soutinrent plus d’un assaut. En 1340, les Bernois, déjà vainqueurs l’année précédente au combat de Laupein, vinrent jusqu’aux portes de Fribourg, d où ils ne se retirèrent que pour faire tomber leurs ennemis dans une embuscade où ceux-ci perdirent plus de sept cents hommes. Les Fribourgeois tenaient toujours pour la maison d’Autriche ; mais leur fidélité ne faisait que leur attL

rer sans cesse de nouveaux revers. Une paix humiliante leur fut imposée, en 1448, par les Bernois. Cette humiliation, cependant, finit par soulever le peuple de Fribourg contre ses anciens maîtres, dont les représentants avaient réussi à se rendre odieux par leurs exactions de toutes sortes. Le peuple se souleva; les paysans du voisinage,

qui avaient toujours tenu pour le parti de l’indépendance, s’emparèrent de plusieurs portes de la ville, et Dieu sait combien de sang allait couler, lorsque la sédition fut enfin apaisée par l’intervention du duc de Savoie et du légat du pape. La maison de Hapsbourg renonça à ses droits sur une ville dont elle s’était désormais aliéné les sympathies,

Porte de Morat, à Fribourg. — Dessin de Grandsire, d’après un croquis de M. Ferdinand de Lasteyrie.

et Fribourg reconnut pour nouveau souverain le duc de Savoie.

Là finit, si l’on peut s’exprimer ainsi, le rôle actif des remparts de Fribourg. Quant à la soumission, d’ailleurs plutôt nominale qu’effective, de cette ville au duc de Savoie, elle ne fut pas de longue durée. A la fin du siècle, Fribourg entrait définitivement dans la Confédération helvétique.

Ce fut également à la fin de ce siècle qu’eut lieu la célèbre bataille de Morat , où Charles le Téméraire éprouva

une si sanglante défaite de la part des confédérés. Morat n’est qu’à quatre ou cinq lieues de Fribourg.. Laporte que représente la gravure ci-dessus a pris son nom parce que c’est de là que part la route très-pittoresque qui conduit à Morat. Prés de cette porte, se trouvent de belles allées d’arbres séculaires qui forment l’une des promenades les plus agréables de la ville. Cette partie des remparts conserve encore son aspect du moyen âge, et peut offrir aux peintres le sujet d’un tableau pittoresque. Parmi les tours quelle renferme, il en estime que, dans le pays, on

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appelle ordinairement lu Mauvaise, parce que c’était là qu’on conservait les instruments de la torture, Dieu merci, depuis longtemps abolie. Quelque respectable aspect que les remparts de Fribourg lui donnent encore de ce côté, il va sans dire qu’ils n’offriraient plus guère aujourd’hui grande résistance à, une armée pourvue. d’artillerie.

LA CONFESSION DE GABRIEL

NOUVELLE

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