‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 365 sur 712 · DE L’ÉTUDE DE LA LANGUE ANGLAISE · texte numérisé non relu

DE L’ÉTUDE DE LA LANGUE ANGLAISE

Si l’on veut parler la langue anglaise, il est évident qu’il est absolument impossible de se passer d’un maître sachant la parler, ou d’un séjour en Angleterre.

Si l’on désire seulement lire les journaux et les livres anglais, il est très-facile d’arriver assez rapidement à ce

MAGASIN PÎTTOftÈSQÜÈ,

résultat à l’aide d’une bonne grammaire, d’un bon dictionnaire et de quelques ouvrages faciles composés soit poui les entants, soit par les professeurs de langue an°’laise pour leurs élèves. °

Toute personne douée d’une intelligence ordinaire , et qui consacrera une heure ou deux chaque jour à 'lire quelques chapitres de grammaire et à traduire seulement une dizaine de lignes, peut être assurée d’être capable de comprendre une prose anglaise facile dans I espace de moins de six mois. Nous connaissons de nombreux exemples de jeunes gens qui, après deux mois d études sans le secours d’aucun maître, lisaient assez convenablement les journaux anglais et quelques-uns des meilleurs livres classiques de l’Angleterre , pour n’avoir besoin de chercher que cinq ou six mots par page.

1 ^ que la littérature anglaise est la

plus riche de 1 Europe en livres instructifs, amusants et moraux. Le peuple anglais, qui passe pour le plus positif et le plus pratique du monde, a produit un grand nombre cl auteurs éminents en poésie comme en prose.

Combien d heures de distractions agréables n’avonsnous pas dues à notre connaissance de la langue anglaise , sans parler d’avantages d’autre nature qui ont été aussi profitables cà d’autres qu’à nous-même ' Que les jeunes gens y songent bien! être en possession d’une ou de plusieurs langues étrangères vivantes , c’est s’assurer une supériorité réelle sur la plupart des concurrents que 1 on rencontre dans les luttes de la vie ; et pour l’acquerir, il ne s’agit que de prendre chaque jour, pendant quelque tempe, „„ pet, de ces loisirs qui ee colZZl tlop souvent en plaisirs bien médiocres ou en oisiveté.

DIEU

Jern-oisenDieu, c’est une belle et louable parole : mais leconnaitre Dieu, où et comment il se révéle c’est proprement la béatitude sur la terre... Pouvons-nous ne pas sentir dans 1 éclair, le tonnerre et la tempête, le voisinage d une puissance supérieure? et dans le parfum des fleurs, dans les tièdes haleines de la brise, un être aimable qui vient à nous ? Gœthe.

ÊTIAGE.

L etiage est le point le plus bas où descendent les eaux d un fleuve.

Ce mot -est dérivé de été, attendu que c’est en cette saison que les eaux descendent habituellement le plus

On marcjua sur les piles d’un pont, ou sur toute autre construction plongeant dans le lit du fleuve, le point de ce maximum d’abaissement des eaux. On y ajouta une echelle qui servit cà mesurer les crues, et on dit • Il v a tant de toises ou de pieds au-dessus de Vétiage. ^

’ '■f on a donné le nom d’étiaae

a 1 echelle même; on dit aujourd’hui ; La Seine marque tant de métrés a 1 étiage du pont de la Tournelle, du pont Royal ou du pont de la Concorde. Il faudrait dire rigoureusement : au-dessus de l’étiage. ^

LES YEUX

De même que chez les hommes l’œil témoigne, par son expi ession, e toutes les passions, de tous les mouvements âme ; de mime chez les animaux cet organe témoigne.

par sa structure, de leurs mœurs, du milieu où ils vivent de la nourriture dont ils font usage, etc. On seiil, ’ quelle sagacité notre grand Cuvier reconstituait les prir cipaux caractères d’un animal à l’inspection d’une Lile de ses dents; on peut affirmer que l’examen de l’œil four mrai sur son existence au moins autant de lœnt.W ments. Tant il est vrai que tout se tient dans la natiœ'e ' Sur une partie minime du corps d’un animal, un natura-^ liste peut le présumer tout entier, de même que le philo

Par exemple, nous verrons par quels signes se distingue

œil d un animal de proie ; combien cet organe se perfectionne, lorsque c est la nuit que l’animal commet L rapines ; comment il disparaît plus ou moins complètement si 1 animal doit vivre au milieu de ténèbres éternelles • ainsi tandis que 1 œi devient plus perçant quand sa Lâche est rem due plus difficile, d s atrophie quand elle est impossible L homme et le singe sont les seuls animaux dont les yeux soient tournes en avant; on peut encore leur assimiler sous ce rapport le hibou et quelques autres oiseaux de nuit. Tandis que chez les autres animaux les deuxyeiix ont un champ visuel différent, nous voyons que chez cmix- 1 les deux organes visuels sont ordinairement dirigés vers un même objet. D’où vient que, recevant l’impressL d^e deux images, nous n’en percevions réellement qu’une v

Pourquoi ne voyons-nous pas double? 4 m.

Remarquons d abord que cet accident ne nous est nas absolument inconnu. Il n’est personne qui, en tournant ses yeux de ceitaine façon, ne soit parvenu à voir double En analysant les cas où cela nous arrive, on observe que pour que la vision simple se produise il faut que les axes de deux yeux convergent vers l’objet que l’on regarde Éclaircissons cette règle par quelques exemples.

Tandis que vous fixez vos regards sur un objet, appuv> avec le doigt sur 1 un des deux yeux, de façon que son axé soit^deplace et dirige ailleurs, et aussitôt l’oljet sera vu

Si vous conservez dans le champ de la vision un objet médiocrement éloigné, tout en dirigeant vos regards d’une maniéré plus précisé sur un objet intermédiaire plus rapproche, 1 objet éloigné devient double. Réciproquement SI vous fixez 1 objet le plus éloigné, tout en conservant 1 objet interinediaire dans le champ de la vision, l’objet in termediaire devient double. Dans le premier cas commp dans le second, l’objet qui devient double a cessé d’être au sommet de 1 angle optique.

L’exemple suivant est encore plus démonstratif Prenez un crayon un peu long; appliquez l’une des extrémités du crayon entre les deux yeux, à la racine du nez ; mainteïiezle dans la position horizontale à l’aide de la pulpe du doi^t puis fixez successivement, à l’aide des deux yeux des points divers de la longueur du crayon. La partie du crayon sitiiee au delà de 1 intersection des deux axes optiqLs deviendra double; en d’autres termes, à partir du point qn on fixe, le crayon semble se bifurquer, et on peut faire pour ainsi dire , voyager le point de bifurcation suivant qu on fixe un point plus ou moins éloigné. — Cette bifurcation apparente vient de ce que les axes des deux veux convergent vers le point qu’on fixe, et non pas au delà Pour que les images formées dans les deux veux par le point D (fig 1), par exemple, se confondent danl notre esprit, il est donc nécessaire que les axes des yeux soient tous deux diriges vers ce point. S’il en est ainsi, c’est donc que

lespoints b, b sur lesquels tombent ces deux images joiiissent du privilège de confondre leurs impressions Ces deux

ZTgZ ''

Quels sont les points identiques des deux rétines? 11 est facile de les déterminer. Il suffit de remarquer que nos yeux se relèvent et s’abaissent en môme temps. Ainsi, la partie supérieure de l’œil droit, par exemple, a ses points identiques situés dans la partie supérieure de l’œil gauche.

Au contraire, pour la vision des objets situés à droite ou à | gauche, nos yeux ne se conduisent pas symétriquement ; ! tandis que l’un se porte en dehors, l’autre se porte en de- | dans. Il en résulte que la portion interne de l’une des ré- | tines correspond à la portion externe de l’autre, et réci- j proquement. En d’autres termes, si l’on détachait une rétine, et qu’on la superposât à l’autre, les points identiques ; seraient mathématiquement en contact les uns avec les ! autres. C’est ce que nous avons indiqué dans notre gravure i (fig. 2) en marquant des mêmes lettres les points identiques des deux yeux.

Maintenant, on se demande naturellement pourquoi les ! images qui tombent sur les points identiques se confondent. ; Mais la science n’a pas encore pu remonter jusque-là. Pour i résoudre une telle question, il faudrait pénétrer les causes : des propriétés du système nerveux, et c’est ce que nous i ne savons pas encore faire. j

Presque tous les animaux ont les yeux situés de telle | manière que leurs axes ne convergent jamais ou presque I jamais. Tel est chez, quelques-uns l’écartement des yeux, I qu’il leur est difficile de voir devant eux. 11 n’est pas de j chasseur qui ne connaisse les imprudences bien involon- I taires que cette imperfection fait commettre au lièvre et | au lapin : il arrive souvent à ces timides rongeurs de se | jeter justement entrejes jambes du chasseur qu’ils veulent fuir.

Si la position latérale des yeux expose quelquefois les animaux à ces dangereuses erreurs , il fout reconnaître qu’elle étend singulièrement le champ de la vision. Elle est telle chez la girafe en particulier, qu’elle permet à ce pacifique ruminant de voir presque derrière lui sans tour- ! lier la tête. C’est ce que montre parfaitement notre gravure (fig. 3). Aussi la girafe ne se laisse-t-elle que trèsdifficilement aborder à portée du fusil. !

Les personnes qui ont conduit des chevaux savent que i

ces animaux s’élancent et précipitent leur course alors que le fouet est encore levé sur eux, et avant qu’ils aient senti la moindre atteinte de la lanière redoutée. C’est qu’en effet, la position de leurs yeux leur permet de reconnaître l’ennemi, même derrière leur tête.

Les animaux dont le champ visuel est si extraordinairement éténdu sont tous de paisibles herbivores, pour qui le danger est de tous les instants, et dont l’ennemi peut survenir inopinément de tous les points de l’horizon. Ces malheureux ne sauraient veiller trop attentivement, car le péril est partout et menace toujours.

Mais , chez leur ennemi, d’autres qualités sont nécessaires. 11 est inutile que les yeux embrassent du même coup une grande étendue de l’horizon; mais il faut qu’ils puissent distinguer nettement les places qu’ils fixent, afin de décom'i'ir l’innocente victime qui se dissimule de son mieux par son silence et son immobilité. Il faut, en outre, que leurs yeux soient habiles à percer les ténèbres ; car c’est ordinairement de nuit, et pendant le sommeil de leur proie, que les carnassiers exercent leurs rapines.

Aussi leurs yeux, au lieu d’être placés tout à fait par côté, comme chez les herbivores, peuvent faire converger leurs axes, ce qui permet de mieux juger les distances. D’ordinaire, ces organes sont plus gros, toute proportion gardée, que chez les autres animaux ; et comme leur rétine est plus sensible, leur pupille change plus rapidement et plus notablement de diamètre; le plus souvent, elle a la forme d’une fente , ce qui permet à l’animal de mieux doser la quantité de lumière qu’il admet dans son œil, et d’éviter à sa rétine des ébranlements propres à émousser sa sensibilité.

Peut-être est-ce pour rendre la vision plus nette pendant la nuit, que la plupart des carnassiers et un certain nombre de grands herbivores possèdent, dans le fond de l’œil, ce qu’on appelle un tapis, c’est-à-dire une choroïde dépourvue de pigment. On a dit que cette membrane, en réfléchissant les rayons de lumière et en leur faisant faire deux fois impression sur la rétine, doublaitainsi leur action sur elle. Cette interprétation n’est pas sûre, et on peut dire qu’on ignore aujourd’hui l’usage du tapis.

Ce qui est hors de doute, c’est que cette membrane est capable de réfléchir les rayons lumineux. C’est elle ejui donne aux yeux des bêtes fauves cet éclat si terrible, et qui les fait briller dans l’obscurité comme des charbons ardents. La couleur du tapis est le plus souvent métallique et chatoyante. Chez le lion, l’ours, le chat, il est d'un jaune doré assez pâle ; chez le chien, le loup et le blaireau, il est d’un blanc pur bordé de bleu; chez le bœuf, il est d’im brillant vert métallique passant au bleu; chez le cheval et chez le cerf, il est d’un beaubleu argenté en violet. Aucun oiseau n’est muni d’un tapis ; la raie est le seul poisson et le crocodile le seul reptile qui en possèdent un ; chez ces deux animaux, il est blanc comme l’argent.

«Un très-grand œil, dit Cuvier, est le plus souvent le signe que l’animal peut voir dans l’obscurité. Les chauvessouris, qui ont l’œil fort petit, ne sont pas une exception réelle à cette règle, parce qu’il ne paraît pas que ce soit leur vue qui les dirige dans leur vol. » Ces animaux ont, en effet, les yeux placés dans une position singulièrement défavorable à la vision, voilés qu’ils' sont par une forêt de longs poils soyeux sous lesquels on a peine à les trouver. L’illustre physiologiste italien Spallanzani a prouvé qu’en effet ces yeux servaient bien peu , puisque des chauvessouris à qui il avait arraché les yeux, et qu’il abandonnait à elles-mêmes, s’envolaient malgré leur cécité, enfilaient les souterrains sans se heurter contre les murs, et même elles y tournaient exactement , selon que l’exigeaient les inflexions les plus compliqués. Elles discernaient les trous

dans lesquels étaient leurs nids, et savaient éviter les cordages, les filets et les autres obstacles que l’on avait mis sur leur passage.

Spallanzani chercha alors par quel sens étaient dirigés ces animaux. Ce n’était pas la vue, puisqu’on les avait privées de leurs yeux ; ce n’était pas l’ouïe, car on avait de plus bouché très-exactement les oreilles à quelques individus ; ce n’était pas l’odorat , puisque , sur d’autres , on avait ajouté la précaution d’obstruer complètement l’ouverture des narines.

Spallanzani conclut de ces ingénieuses expériences que

Fig. 3. — Les yeux de la girafe.

les chauves-souris ont un sixième sens dont nous n’avons aucune idée. Les naturalistes modernes , et à leur tête Cuvier , interprètent ces expériences d’une façon plus simple, et sans doute plus vraie, en supposant que c’est par la sensibilité extrême de leurs ailes que les chauves-souris remplacent les yeux qui leur font défaut. « L’air, frappé dans l’action du vol par ces membranes délicates douées d’un tact exquis, imprime à ces organes une sensation de chaleur, de froid, de mobilité, de résistance, qui indique à l’animal les obstacles et la facilité qu’il rencontre dans sa route. C’est ainsi que les hommes aveugles discernent avec les mains, ou même parle visage, une porte de maison, une rue, avant de les toucher, et par la seule sensation du choc différent de l’air. » (Cuvier, Anatomie comparée XI Ve leçon .)

Nous n’avons parlé jusqu’ici que des animaux destinés, comme nous, à vivre dans l’air ; mais il est, même parmi les mammifères, un grand nombre d’animaux qui passent la plus grande partie de leur vie dans l’eau; tels sont les hippopotames, les castors, les phoques, les morses, les baleines, etc.

Les plongeurs savent combien la vue de l’homme de- • vient confuse dés que ses yeux sont plongés dans l’eau ; l’habitude n’y peut rien. C’est, en effet, à son organisation adaptée à l’air, et non pas à l’eau, que notre œil doit son impuissance dans ce dernier élément. C’est ce que nous allons expliquer.

On connait ce principe de physique d’après lequel les rayons de lumière changent de direction quand ils passent d’un milieu rnoins dense dans un milieu plus dense , par exemple, de l’air dans l’eau. Par conséquent, lorsque des rayons lumineux passent de l’air dans l’intérieur de l’œil, et surtout dans le cristallin, leur direction sera modifiée. La courbure du cristallin est telle qu’après ce changement de direction, ils iront former une image sur la rétine. Mais lorsque notre œil est plongé dans l’eau , dont la densité diffère peu de notre cristallin, la marche des rayons lumineux est peu modifiée, et l’image cesse d’être nette.

Aussi, chez les animaux qui vivent dans l’eau, le cristallin, au lieu d’avoir, comme chez l’homme, la forme d’une lentille, est-il plus ou moins sphérique. Nous verrons plus tard qu’il est complètement globulaire chez les poissons, ce qu’il est facile de constater toutes les fois qu’on a un de ces animaux sur son assiette.

Chez les amphibies, la disposition de l’œil est intermédiaire entre celle de l’animal aérien et celle du poisson ; le cristallin est plus bombé que chez les autres mammifères, mais il est loin d’être sphérique ; de façon que ces animaux peuvent voir également bien dans les deux éléments.

Les yeux de la baleine méritent de nous arrêter un instant. De la grosseur d’une orange, ils sont, comme on voit, très-petits si on les compare à l’énorme volume du reste du corps, dont ils ne constituent que la millionième partie. La sclérotique (enveloppe blanche de l’œil) est extrêmement épaisse, ce qui permet à ces animaux de descendre dans les eaux les plus profondes de l’Océan sans que leurs yeux aient à souffrir de l’énorme pression exercée par une aussi- pesante colonne d’eau. On sait, en effet, que c’est . un des moyens de défense de la baleine que de se plonger, lorsqu’elle est attaquée par des requins ou autres voraces, à des profondeurs où elle seule peut vivre, et qui seraient insupportables à ses ennemis.

Nous avons vu l’organisation de l’œil se modifier merveilleusement, suivant que les milieux où vivent les animaux apportent plus ou moins d’obstacles à la vision. li semble que, chez quelques autres, la nature se soitrefusée à lutter contre des difficultés trop grandes, et qu’elle ail abandonné à la délicatesse des autres sens le soin de remplacer une vision imparfaite.

La musaraigne, par exemple, ne jouit que d’une vision peu distincte. Voici la description que Buffon nous donne de ce petit animal : «La musaraigne, plus petite encore que la souris, ressemble à la taupe par le museau, ayant le nez beaucoup plus allongé que les mâchoires ; par les yeux qui, quoiqu’un peu plus gros que ceux de la taupe, sont cachés de même , et sont beaucoup plus petits que ceux de la souris ; par le nombre des doigts, dont elle a cinq à tous les pieds; par la queue, par les jambes, surtout celles de derrière, qu’elle a plus courtes que la souris ; par les oreilles, et enfin par les dents. . . . On la prend aisément, parce qu’elle voit et court mal. »

On sait que la taupe, qui a encore moins souvent occasion d’y voir, esttrés-mal douée sous ce rapport. Sans être absolument aveugle, elle a les yeux si petits, si couverts, qu’elle ne peut faire grand usage du sens de la vue. « Les yeux de la taupe, dit Daubenton, sont extrêmement petits; on ne les voit qu’en observant l’animal de très-prés, lorsque la direction des poils n’a pas été dérangée. Alors les poils forment un vide qui se trouve à sept lignes au delà des coins de la bouche, un peu au-dessus en ligne oblique : on aperçoit, dans cet endroit, entre les poils, sur la peau, un point noir et luisant qui est l’œil, et qui marque le centre d’un espace dégarni de poils qui a environ deux lignes de diamètre. »

Ces yeux rudimentaires sont même perdus au milieu de la peau chez un animal complètement aveugle qui habite la Russie ; c’est un rongeur appelé zemni ou vulgairement rat-taupe, parce qu’en effet ses mœurs participent de celle de ces deux animaux ; rongeur et omnivore comme le rat, il est fouisseur comme la taupe. — Cet animal, qui ne peut même pas distinguer le jour de la nuit, et qui n’a aucune notion de la lumière, possède pourtant des rudiments d’yeux, confirmant ainsi la loi d’unité de composition, l’une des plus Invariables de l’histoire naturelle.

La suite à une autre livraison.

Page 1