VIERGE OUVRANTE DU MUSÉE DU LOUVRE
La Vierge ouvrante qui est ici représentée est un des plus précieux objets que renferme la collection des ivoires du Musée du Louvre.
(') Voyez , sur ce grand artiste, le livre intitulé : Jehan Foucquet, notice extraite du volume d’appendice des Évangiles , publié par Léon Curmer. — Voyez aussi notre Table de quarante années.
(-) Juan de Angulo,. F/or de las solemnes alegrias que se hicieron en la impérial ciudad de Tolrdo, etc. Tolède, 1555.
Il y a diverses sortes d’images ouvrantes ; ce sont or- I très objets, un fruit, une fleur, divisés de manière à dinairement des statues ou statuettes, souvent aussi d’au- I laisser voir, en s’ouvrant comme l’intérieur d’un tableau à
volets, soit des reliques, soit des sujets peints ou sculptés. On fit de semblables images dès le douzième siècle , et le goût s’en perpétua pendant tout le moyen âge. Le bel ivoire du Louvre appartient au treizième siècle. Il a -45 centimètres de hauteur. Un crochet, fixé derrière le I dossier du siège sur lequel la Vierge est assise, prouve 'que la statuette devait être suspendue et non posée, et cette destination est également indiquée par la forme du socle à base étroite qui s’élargit à sa partie supérieure.
La gravure fait aisément comprendre comment se déve-
loppaient les compartiments faisant office de volets, et permet d’apprécier la beauté du travail. Nous devons seulement décrire brièvement les scènes figurées.
Au centre, à la partie supérieure, 'est représenté le Christ bénissant et tenant le livre des Évangiles ouvert , et dans les lobes pris, comme celui-ci, de chaque côté aux dépens de la statue, on voit deux anges en adoration. Le sujet principal est le Crucifiement. Des deux côtés delà croix où Jésus est attaché se tiennent, d’une part, la sainte Vierge, derrière laquelle est l’Église triomphante.
sous les traits d’une femme couronnée; de l’autre, saint Jean , et près de lui la Synagogue vaincue , sous la forme
d’une femme dont les yeux sont couverts d’un bandeau, et qui tient un étendard brisé et les tables de 1 ancienne loi
renversées. Au sommet de la croix est sculptée la figure symbolique de l’Agneau dans un nimbe, et au-dessus du bras de la croix, deux anges portant le soleil et la lune. Cette manière d’exprimer la part que le .monde entier prend au grand fait qui s’accomplit, est connue par de nombreux exemples et remonte à l’antiquité. Au-dessous du sujet central, le Christ mort est enseveli. Un animal qui ressemble à un loup est figuré sous le tombeau. C’est peut-être l’ennemi des hommes que l’Écriture compare à un animal féroce cherchant une proie à dévorer.
Dans le compartiment de gauche sont représentées des scènes de la Passion qui précèdent la mise en croix : Jésus amené devant Pilate; Jésus portant sa croix; Jésus flagellé. — Dans le compartiment de droite, les scènes qui, ont suivi la mort du Seigneur : la Résurrection ; les^ saintes femmes au tombeau; Jésus apparaissant â Marie-^ Madeleine. Plus bas, dans deux demi-cercles, sont placées' ■ les figures des quatre évangélistes. Sur les trois faces du socle, on voit : l’Annonciation; Marie et Jésus dans la crèche ; saint Joseph endormi.
LA CONFESSION DE GABRIEL
NOUVELLE
Suite. — Voy. p. 6, 10, 22.