Féconde nos vaches
11. — Fais que les vaches maigres s’engraissent pour le bonheur de nos enfants.
12. — Accorde -nous la grâce de pouvoir vendre d’une main nos vaches stériles, et de toucher de l’autre un grand argent.
13. — Envoie-nous, ô Youma, un ami bien intentionné et sincère.
14. — Quand nous voyageons au loin, préserve-nous, o Y'ouma, des méchants, des maladies , des sots, des mauvais juges et des langues trompeuses.
15. — De même que le houblon s’élève et s’emplit de parfum, accorde-nous, ô Youma, la grâce de grandir par le bonheur et d’embaumer par la raison.
16. — De même que le cierge brûle en éclairant, daigne, ô Youma. nous faire vivre dans la joie et la santé.
17. — Que notre existence soit aussi douce et aussi régulière (pie les cases d’un rayon de miel.
18. — Pcrme'ts, ô Youma, que celui qui demande obtienne l’objet de sa prière.
Quand cette prière est terminée , le sacrificateur met sur un plat la tête, le cœur, les poumons et le foie de la victime, et en fait l’offrande à sa divinité en récitant devant le feu une prière. Après en avoir mangé, les Tschérémisses recommencent à prier ; et ainsi de suite pendant les trois jours et les trois nuits qu’ils passent dans la fore! . Ce qui n’a pas été consommé est jeté, avec les os et les entrailles des victimes, dans le feu, qu’on entretient sans cesse.
Les Tschérémisses croient qu’au delà du tombeau les morts continuent à vivre comme ici-bas, et sont heureux ou malheureux, selon le bien ou le mal qu’ils ont fait sur la terre. Les hommes méchants deviennent des êtres malfaisants et reviennent pour tourmenter les vivants. Cette crainte est si grande et si générale, qu’ils n’emploient habituellement que de forts cercueils en chêne, garnis de fer. Plus le défunt est réputé dangereux, plus est solide le cercueil qui contient ses dépouilles. Pour plus de sûreté, ils lui enfoncent quelquefois des clous dans la plante des pieds et à travers le cœur. Ces idées superstitieuses semblent avoir de l’analogie avec la croyance aux vampires, généralement répandue parmi tous les peuples d’origine slave. Le cercueil est descendu en terre, ayant le côté de la tête tourné vers le levant; intérieurement on place prés du corps différents ustensiles.
Quand on a fermé la bière, les parents, les amis et les connaissances placent sur le cercueil des cierges allumés , et mangent i avec lamentations, un gâteau dont ils po-
sent toujours trois bouchées sur le couvercle, en disant : ^ Ceci est pour toi. » Après cette offrande, ils conseillent au mort de rester en paix avec ses voisins, et le prient de ne pas venir parmi les vivants pour les tourmenter. Trois offices des morts ont lieu pour chaque trépassé : le troisième, le septième et le quarantième jour après le décès. Outre le service pour lé repos des âmes en particulier, la commune s’assemble une fois par an pour assister à une cérémonie commémorative en l’honneur des morts.
INFLUENCE DE L’INSTRUCTION
SUR L.\ QU.VLITÉ DU TR.VVATL.
EXaCÊTE.
Suite. — Voy. p. 34.