TROISIÈME QUESTION
Des connaissances spéciales dans les sciences et les arts qui touchent à chaque profession , telles que des notions pratiques d’arithmétique, d’algèbre, de tenue de livres, de dessin, etc., n’ont -elles point pour effet d’augmenter l’habileté professionnelle des ouvriers et d’élever leurs salaires?
RÉPONSES
M. Samuel Thomas, industriel, à Zanesville, Ohio (extraction et réduction des minerais de fer) :
« Des notions scientifiques sur la chimie, la géologie, le travail des mines , et sur les sciences en général , seraient très-précieuses pour nos ouvriers mineurs et métallurgistes. Je n’espère pas qu’ils puissent devenir des savants, mais avec l’instruction reçue à l’école et la lecture, ils pourraient acquérir les éléments de ces sciences. Dans beaucoup de cas, ceux qui auraient cette supériorité produiraient davantage sans dépenser plus de travail, et leurs salaires en seraient nécessairement augmentés. »
M. J.-M. Munàella, membre du Parlement anglais pour le canton de Sheffield ( tissage des laines ) :
« Je crois que l’éducation professionnelle a une grande importance, et que les progrès'industriels accomplis en Allemagne depuis une trentaine d’années ont pour cause l’instruction élémentaire qu’on y donne aux ouvriers, et qui a l’avantage de comprendre un enseignement scientifique professionnel.
)> L’enseignement artistique en Angleterre a eu de merveilleux résultats pour le perfectionnement de tous les produits manufacturés où il est nécessaire d’avoir un certain goût, tels que la fabrication des tapis, des dentelles, des étoffes, des faïences, des meubles, de tout ce qui se rattache à Tart décoratif. »
M. Barllett, industriel, à Lowell, État de Massachusetts ( filature de coton) ;
« Une culture intellectuelle étendue n’offrirait pas d’avantages directs à ceux de nos ouvriers qui dirigent des métiers à coton. Le travail qu’on leur demande exige peu d’efforts d’intelligence. Mais pour les artisans, la connaissance des sciences et des arts qui se rapportent à leur métier ne peut qu’augmenter leur habileté professionnelle et élever leurs salaires. »
M. Salomon Phineas, fabricant de cigares, à Boston et à New-York :
<1 Des notions sur les arts et les sciences n’ont pas assurément d’application directe à la fabrication des cigares, et cependant ces connaissances n’y seraient pas inutiles ; celui qui les posséderait deviendrait bientôt contre-maître ou patron. »
M. Gager (industries diverses) :
« Mon expérience des ouvriers m’a conduit à penser
que le degré d’habileté d’un individu est toujours en rapport avec son instruction. Tous ne faites qu’employer les bras de l’homme ignorant; tandis que chez un homme instruit, vous faites travailler à la fois les bras et l’intelligence.
)) L’ouvrier instruit est moins sujet à gâter la matière qu’il travaille; il raisonne mieux ses mouvements; il est plus adroit et produit davantage ; on peut dire qu’il gagne une fois de plus que l’homme illettré. »
La fin à une prochaine livraison.