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FILLE DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE

On conserve encore dans les collections un certain nombre de peignes du moyen âge et de la renaissance en ivoire, en os, en bois durs, que la richesse et la beauté de leur travail ont préservés de la destruction. Une autre

cause encore a empêché de périr quelques-uns des plus beaux et des plus anciens ; c’est la vénération qu’y attachait le souvenir de saints personnages, qui les a fait considérer comme de véritaMes reliques; tel est celdi de saint Loup , évêque de Troyes au cinquième siècle , qui appartient à la cathédrale d’Auxerre; si l’on se reporte à la gravure qui en a été publiée dans ce recueil (*), on remarquera sa forme oblongue. «Ces peignes oblongs, dit M. Viollet le Duc {Dictionnaire du mobilier, t. IV, Vêtements) , étaient destinés à la tonsure et permettaient de passer, sous les ciseaux, des mèches de cheveux assez étroites pour faciliter une coupe régulière. Les peignes destinés aux usages profanes sont larges , au contraire, mais se composent toujours de deux séries de dents , les unes largement espacées pour démêler, les autres plus fines pour lisser la chevelure. Ces peignes d’ivoire sculpté sont souvent décorés de peintures et de dorures. Les sujets qu’on y voit figurés sont très-fréquemment religieux.

Collection de M. A. Jubinal. — Peigne de Marie de Bourgogne, fdle de Charles le Téméraire. — Dessin de Sellier.

Ils représentent des scènes de la Passion , de l’histoire de la Vierge , l’Annonciation , l’Adoration des anges; tandis que les sujets sculptés sur les boîtes à miroirs sont habituellement profanes. Cela seul indiquerait que l’action de se peigner, de soigner la chevelure, n’était pas considérée comme un acte de coquetterie, mais plutôt comme un devoir de bienséance. » .

D’autres n’offrent pas de sujets, mais sont remarquables par le goût de leurs ornements, la finesse de leurs découpures. Celui que l’on a sous les yeux, de la fin du quinzième siècle ou du commencement du seizième, passe pour

avoir appartenu à Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire. Il est en buis, ses ornements sont ajoutés. Au centre est une plaque d’argent sur laquelle est gravé le chiffre 31, en caractère gothique.

Ce peigne fait partie de la belle collection de M. A. Jubinal; il a été exposé dans le Musée historique du costume, organisé, en 1874, au palais des Châmps-Élysées, par l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie, avec un riche assortiment d’objets du même genre et environ de la même époque, dont plusieurs appartiennent à la même collection.

(') De Parville.

(') Tome XI, 1843, ji. 296.

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