LE FROID
Le maximum de froid observé jusqu’à ce jour sur la terre l’a été dans la Sibérie orientale, à Iakoutsk. Un marchand russe , Severow , auquel la science doit quatorze années d’observations météorologiques, nota une température de moins cinquante-neuf degrés et demi. Un médecinmajorde l’armée russe avait constaté, enSibérie également, un froid de — 63 degrés. Dans ce pays, le mercure reste souvent gelé pendant des mois , ce qui veut dire que le thermomètre reste constamment à — 40 degrés ou plus :
« Alors, dit Middendorf, le fameux voyageur sibérien , le mercure, devenu métal, se travaille au marteau comme le plomb ; le fer devient cassant; les haches se brisent comme du verre quand on s’en veut servir; le bois refuse de se laisser couper ; il semble que le feu lui-même gèle, car les gaz qui l’alimentent perdent de leur chaleur. »
Dans l’hiver de 1819-1820, toujours en Sibérie, on ne pouvait sortir sans masque, sous peine de perdre le nez ou les oreilles.
Dans l’Amérique du Nord, sur le Smith-Sound , continuation septentrionale de la baie de Baffin, Kane observa plusieurs fois des température de — 50 à — 56 degrés pendant le cours des deux hivernages qu’il passa dans cette affreuse contrée.
Mac-Clure, le navigateur qui eut la gloire de découvrir le passage du nord-ouest, vit un jour, à la baie de Mercy, le thermomètre descendre à 54 degrés au-dessous de zéro; il constata que la température moyenne du mois de janvier 1853 fut de — 42 degrés.
AFort-Reliance, l’un des comptoirs de la Compagnie de la baie d’Hudson, on a relevé une fois — 57 degrés.
On ne trouve pas de froid pareil en Europe. Depuis l’établissement des stations météorologiques, le thermomètre de Saint-Pétersbourg n’a pas encore marqué — 40.
Le froid le plus grand observé jusqu’à ce jour dans notre partie du monde, l’a été en Suède, à Enontekis, à 250 métrés au-dessus du niveau des mers ; il était de — 48 degrés.
Depuis 1788, on n’a observé que deux fois à tienne, en Autriche, un froid de — 33 degrés.
Pour rencontrer sous nos latitudes de l’Europe des températures aussi basses qu’à Iakoutsk et à Fort-Reliance, il faudrait s’élever à 9 000 ou 10 000 mètres d’altitude ; mais si nous franchissons l’Atlantique, la scène change, et, sur la côte des États-Unis, des villes situées aux latitudes de Berlin et de "Vienne supportent des froids tels qu’on n’en trouve en Europe qu’à l’extrémité septentrionale du golfe de Bothnie.