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LES FORCES DE LA NATURE

DANS l’industrie (‘).

l’eau et l’air.

Pascal a démontTé, en traitant des liquides, «l’égalité de transmission des pressions dans tous les sens», et a ainsi donné le point de départ de cet appareil si simple et si puissant, la presse hydraulique.

{‘1 Extrait du discours de M. Adolphe d’Eiclithal à la première séance de l’Association française pour l’avancement des sciences; congrès de Nantes, 187S.

Le travail de l’eau motrice dans les roues à aubes a été porté à sa puissance actuelle par les études théoriques de Poncelet et de Sagebien.

Burdin et Fourneyron ont déterminé par le calcul les conditions de construction de la turbine, roue à axe vertical, précieuse machine qui, surtout pour les chutes d’eau de faible force, remplace avec grand avantage les anciennes roues à trompe et à cuve, et fonctionne même là où cellesci ne pouvaient pas agir.

La turbine, modifiée scientifiquement, utilise, sous le plus petit volume, la plus grande quantité d’eau motrice, en évitant une perte d’effet définitif par la suppression de mécanismes compliqués de transmission.

Kœchlin, Baron, Euler, Passot, Jonval, l’ont perfectionnée, et l’industrie en a trouvé rapidement de nombreuses applications ; elle purge les cristaux de sucre du sirop qui les enveloppe ; elle applique des matières légères sur les tissus et les y fixe ; l’essoreuse vient en aide à l’humble blanchisseuse.

Pour transporter à distance la force inutilisée de certaines chutes d’eau, on emploie le câble télodynamique de Hirn, qui rapproche le moteur de l’appareil à mouvoir. Ce câble devient le chemin aérien si utile , surtout dans les pays de montagnes, pour le transport sur poulies des minerais et des houilles ; si précieux dans les grandes usines pour les mouvements intérieurs, et en agriculture pour le transport des produits des champs aux usines.

Le vent, force d’intensité éminemment variable, n’a pu jusqu’ici être subjugué par la science. Par les variations qu’elle subit, l’eau courante n’a pu non plus être amenée à produire un effet régulier. Mais l’air et l’eau deviennent nos plus puissants auxiliaires lorsqu’ils sont soumis à la pression.

Aux travaux de Mariette, Boyle, Dulong, Arago, Gay- Lussac, Régnault, Berthollet, Petit, Œrstedt, Despretz, Faraday,Torricelli, Henri Sainte-Claire Deville, Debray entre autres, on doit le manomètre, partie indispensable de la machine à vapeur; la machine pneumatique, non moins utile à la science expérimentale qu’à l’industrie ; la machine de compression, qui vient augmenter la force élastique de l’air dans un récipient.

Dans la pensée d’Andraud, l’air comprimé doit servir à transmettre au loin la force naturelle des cours d’eau. C’est par son emploi que Sommeiller a percé le mont Cenis, et qu’après maintes autres applications, on espère lui devoir l’accomplissement d’une œuvre longtemps réputée impraticable, la construction d’un tunnel sous la mer, destiné à resserrer l’union de l’Angleterre et de la France.

L’air comprimé et agissant sans production dé chaleur et de condensation, avec de faibles frottements, contribue à transformer l’industrie minière et à préserver la vie de nombreux ouvriers exposés aujourd’hui à tant de dangers dans les profondeurs des travaux.

Les transports eux-mêmes à ces niveaux seront bientôt effectués par des locomotives à air comprimé, comme déjà ils le sont dans la galerie en percement du Saint-Gothard.

L’emploi de l’eau sous pression, comme moteur ou comme accumulateur de force , doit à sir William Armstrong ses progrès les plus notables. Grâce aux données de la mécanique, l’eau comprimée perriiet d’exercer, par intervalles, les plus énergiques efforts, de soulever, de manœuvrer les poids les plus lourds avec une merveilleuse facilité.

Indiquons encore les essais de production de force motrice par la dilatation de l’air, par la combustion du mélange d’air et de gaz d’éclairage, par le gaz ammoniac, etc. Les moteurs Lenoir et Hugon ortt servi à la construction des maisons de Paris. Les petits ateliers industriels, Fou-

vrier isolé travaillant dans sa chambre , trouvent dans ces moteurs économie de temps et d’argent.

Les femmes peuvent, sans s’éloigner du foyer, profiter, elles aussi, des bienfaits de la science au moyen de la machine à coudre, heureuse combinaison de princijies scientifiques, mue par ce moyen nouveau.

S’agit-il des machines qui emploient la vapeur d’eau comme force motrice, ou bien de celles qui emploient l’air et la vapeur combinés, la science moderne apparaît, armée des plus belles expériences, pour établir la théorie de l’équivalence de la chaleur et du travail mécanique. Les travaux de sir William Thomson, de Rankine, du docteur Mayer, deClausius, de Joule, deTyndall, de Henri Sainte- Claire Deville, de Hirn, par la création de la thermodynamique , offrent à l’industrie une forme nouvelle de force quelle saura s’approprier pour les moteurs de l’avenir.

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