LE BAIN-MARIE
Il y a presque du pédantisme , nous le comprenons à merveille, à mêler la science étymologique à certaines préparations, les plus simples du monde, dont font usage surtout nos ménagères. Il est assez curieux cependant de chercher à s’expliquer les locutions de notre langage habituel. L’expression de «bain-marie » a été empruntée à la science mystérieuse des alchimistes. Les disciples du grand œuvre avaient fait de Marie, la sœur de Moïse et d’Aaron, une sorte de prophétesse dont ils aimaient à associer le nom à leurs travaux. Au quinzième et au seizième siècle, on connaissait déjà sous le nom de halneim Mariæ (bain de Marie) l’opération innocente que nos cuisinières les moins expérimentées renouvellent chaque jour. Ajoutons que les philosophes hermétiques attribuaient à Marie une des rêveries savantes de leur art mensonger ; ils la considéraient comme l’auteur d’un traité écrit sous l’inspiration divine et intitulé : De lapide philosophiæ {De la pierre philosophale).