CE QUI EST BEAU
L’action de détruire ce qui est beau , de quelque nature que ce soit, sans nécessité et pour le seul plaisir de détruire, soulève dans l’âme de ceux qui en sont les témoins une légitime répiignnnco : c’est le signe d’un mau-
vais penchant, d’un manque de respect pour ce qui est respectable , de l’absence de l’une de nos plus précieuses facultés, l’admiration. On peut ajouter que des actes semblables sont contraires, ainsi que le fait observer Kant, au devoir de l’homme envers lui-même, « parce qu’ils affaiblissent ou éteignent en lui un sentiment qui prépare le bon accord de la sensibilité avec la morale, à savoir : le plaisir d’aimer quelque chose sans but d’utilité, et, par exemple, de trouver un plaisir désintéressé dans une belle cristallisation ou dans la beauté indéfinissable du règne végétal. )> (*)
D’ailleurs, dit un commentateur {-) de ce passage de Kant, tout homme doit s’appliquer à ne commettre aucun acte dont il ne puisse se rendre compte : la destruction même d’un objet dépourvu de beauté est à blâmer quand elle n’a pas de motif. >