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LES EXEMPLES DE LA GRÈCE

L’histoire de la Grèce, se peuplant et se poliçant par degrés, est moins le spectacle des destinées d’une nation qu’une perspective où le genre humain se peint en raccourci dans ses différents états. C’est à la fois un cours abrégé, mais complet, d’histoire, de morale et de politique, puisqu’elle a le mérite de rassembler dans un assez court espace tous les traits épars dans les annales des siècles divers ; de faire connaître l’homme sous tous les points de vue possibles ; sauvage, errant , civilisé , guerrier, commerçant; de fournir des exemples de tous les genres de gouvernement, des modèles de toutes les lois; en un mot, une théorie complète, prouvée par les faits, de la formation des sociétés, de la naissance, de la propagation et du progrès des arts, de toutes les révolutions, de toutes les variétés auxquelles l’humanité peut être assujettie, de toutes les formes qui peuvent la modifier. Pour un observateur attentif, qui ne voit dans les événements les plus diversifiées en apparence que des effets naturels d’un certain nombre de causes différemment combinées, la Grèce est un petit univers, et l’histoire de la Grèce un excellent précis de l’histoire universelle. (’)

TOUL-

Fin. — Voy. p. 20, 102, 17i.

IV. — Annexion des Trois-Évêchés à la France. — ^Traité de Cateau-

Cambrésis. — Le calvinisme et la Ligue à Toul. — Traités de West-

phalie.

La guerre avait recommencé contre les Impériaux. Henri II, allié des protestants d’Allemagne , avait conclu un traité secret avec Maurice de Saxe, représentant les princes de Brandebourg, de Hesse et de Mecklembourg. Il y était dit par les princes allemands qu’ils voulaient « résister aux pratiques de l’empereur employées à faire tomber leur chère patrie en une bestiale, insupportable et perpétuelle servitude , comme il a été fait en Espagne et ailleurs. » Ces seigneurs ne devaient faire ni paix ni trêve avec l’empereur sans l’aveu du roi de France, et recevraient de Henri II un subside de 60 000 écus par mois. Quant à Henri, il devait attaquer la Lorraine , « et l’on trouvait bon qu’il s’impatronisât au plus tôt des villes qui appartiennent d’ancienneté à l’Empire et qui ne sont pas de la langue germanique, c’est-à-dire de Toul, de

(0 Principes métaphysiques de la morale.

(-) Émile Charles.

P) Bougainville, secrétaire perpétuel de l'Académie des belleslettres, frère de Bougainville le navigateur.

Metz, de Verdun, et qu’il les gardât comme vicaire de l’Empire. »

D’autres négociations devaient faciliter la réussite de ce projet. Ainsi, au mois de mars 1548, le duc de Guise, dans un voyage qu’il fit à Toul, eut des conférences secrètes avec les bourgeois et les chanoines du parti français, et prépara les événements qui survinrent par la suite. En 1551 et 1552 , pendant les mois de décembre et de janvier, sur la demande du duc de Nevers, chef de l’armée royale, les chanoines firent fournir des vivres aux troupes françaises qui étaient sur les terres de l’évêché. La citadelle de Void fut remise sans plus de difficultés aux Français. Bientôt Henri II en personne entra dans Toul, accompagné du duc de Guise et de sa maison militaire. Il jura de garder les privilèges de la ville, et fit prêter serment de fidélité aux habitants.

La ville passa ainsi sous la domination française ; mais, d’après les règles en usage à cette époque, elle ne cessa pas de reconnaître l’empereur comme souverain de droit, et l’empereur ne cessa pas non plus d’exiger de Toul des contributions en hommes et en argent pendant les règnes de François II, de Charles IX, de Henri III et de Henri IV,

Metz et Verdun furent pris par surprise comme Toul. On sait que les efforts de Charles-Quint pour reprendre les Trois-Évêchés n’aboutirent qu’à lui faire perdre une armée devant Metz, vaillamment et savamment défendu par le duc de Guise.

Quelques années plus tard (1559), le traité de Cateau- Cambrésis, entre autres articles, laissait à la France les Trois-Évêchés. Le droit de possession ne fut pas légitimé par le traité : seulement, par une clause secrète, l’empereur déclarait qu’il ne ferait rien pour recouvrer les trois villes de Metz, de Toul et de Verdun.

Nous sommes arrivés à l’époque où les querelles et les guerres de religion ensanglantent toute l’Europe ; l’intolérance est égale des deux parts ; on s’insulte, on se spolie, on se chasse réciproquement. Dans un moment où les catholiques ont le dessus, ils prient le roi de bannir de Toul le protestantisme ; le roi refuse d’abord ; mais les attaques à main armée et les dévastations du prince de Condé et d’Antoine de Groy le déterminent à donner aux bourgeois catholiques et au chapitre l’autorisation d’expulser tous les hérétiques. Les protestants, chassés de Toul , s’établissent alors dans les jardins qui environnent la ville , et un ministre vient de Metz leur faire le prêche.

Pendant les troubles de la Ligue, les chanoines, cédant aux instances du duc de Guise et du cardinal de Vaudemont, livrèrent aux ligueurs les forteresses de Void et de Vicherey ; mais la bourgeoisie résista aux intrigues des rebelles. Les Toulois trouvent enfin un peu de repos avec Henri IV. Ce ne fut toutefois qu’ après son abjuration qu’ils le reconnurent comme roi ; ils avaient commencé par résister d’abord à ses sommations et ensuite à une attaque de ses auxiliaires allemands. Henri IV alla visiter cette ville en 4603. Il offrit au chapitre cent mille livres pour prix de la cession de la souveraineté de son temporel. Les chanoiues refusèrent; mais plus tard, par les traités de Westphalie, ils perdirent sans compensation ce qu’ils n’avaient pas voulu abandonner à des conditions avantageuses. Ces mêmes traités établirent la renonciation définitive do l’empereur à tout droit sur les Trois-Évêchés, qui furent officiellement et décidément séparés de l’Empire et réunis à la France.

Sous Louis XIII, le bailliage de Toul fut créé. Louis XIV laissa à la ville une partie de ses anciennes franchises. Il fit démolir les anciens murs en 1700, ainsi que les vieilles forteresses, parmi lesquelles se trouvait la Qui-qu’engrogne; les nécessités nouvelles de la guerre exigeaient

une autre forme et une plus grande étendue de fortifications.

Les évéques de Toul , malgré la perte de leur puissance temporelle , malgré l’annexion complète des Trols- Évéchés au royaume de F rance, réunissaient encore au dixliuitième siècle, dans leurs armes, l’épée et la crosse, et continuaient à prendre le titre de princes du Saint - Empire.

En 1790, le terme de Trois-Èvêchés perdit sa signification, par suite de la nouvelle division territoriale de la France. Toul fut compris dans le département de la Meurtlie, dont le chef-lieu était Nancy, la capitale de l’ancien duché de Haute-Lorraine.

Toul est la patrie de saint Loup, l’êvêque de Troyes, qui protégea sa ville épiscopale contre Attila; de saint Waast, qui instruisit Clovis après Tolbiac. Dans les temps modernes, on compte parmi ses illustrations : le baron Louis, l’habile et honnête ministre des finances ; le maréchal Gouvion Saint -Cyr, le grand tacticien; l’amiral de Rigny, le vaillant chef de l’escadre française à Navarin .

LE TIARIS ORNÉ

Le tiaris orné, du Brésil, est de la grosseur d’une fauvette. Un manteau d’un joli gris clair, semblable à celui

de la bergeronnette, recouvre les parties supérieures du corps; la tête et la huppe, susceptible de se dresser et de s’abaisser, qui la décore, la gorge et le haut delà poitrine, les grandes plumes des ailes et la queue , sont noires ; un blanc roux s’étale sur le ventre et les flancs.

Le Muséum d’histoire naturelle de Paris possède le nid de cet oiseau, qui fait partie de la famille des tisserins. Ce nid est une corbeille finement tressée à l’intérieur, revêtue d’une épaisse enveloppe de menues plantes sèches, formant tout autour d’élégants festons. Le petit édifice est

suspendu à trois minces tiges de roseau qui en traversent les parois et s’épanouissent au-dessus en longs feuillages retombants.

Le tiaris, en contruisant ce joli nid, ne s’est sans doute proposé que de bâtir pour sa couvée une demeure solide et commode ; mais s’il avait eu le dessein de faire en même temps une œuvre d’art, il ne s’y serait pas pris autrement et n’aurait certes pas mieux réussi.

RAFFAELLINO DEL GARBO.

Un Dessin de Raffaellino del Garbo, à la galerie de Florence. — Dessin de Bocourt.

Vasari , dans la Vie de Raffaellino del Garbo , dit que cet artiste avait, dans sa jeunesse, exécuté un très-grand nombre de dessins. « 11 en avait fait autant, dit-il, qu’aucun peintre qui ait voulu par la pratique du dessin arriver à la perfection ; aussi en voit-on encore beaucoup qui ont été répandus et vendus à vil prix par son fils, les uns au crayon , les autres à la plume ou au lavis , tous exécutés sur papier teinté avec du blanc superposé pour les lumières, et d’une fierté et d’une science admirables. » Et Vasari ajoute qu’il en avait placé plusieurs des meilleurs dans le recueil qu’il formait.

Ce jugement montre le prix que peuvent avoir les dessins de Raffaellino del Garbo conservés dans les collections, aujourd hui qu ils sont devenus plus rares. Ils en ont d’autant plus que 1 artiste n’a laissé qu’un petit nombre de peintures, quelques-unes, il est vrai, excellentes.

« Il annonçait dans ses commencements, dit encore son Tome XLIV. — .Juin 1876.

biographe , un génie extraordinaire ; il fut au-dessous du médiocre dans sa maturité, et à peu près nul vers sa fin. » Il était né à Florence en 1466, et y mourut en 1524. Son maître fut Filippino Lippi, avec qui il travailla quelque temps. A Rome, où il l’accompagna, il travailla à la chapelle de la Minerva. De retour à Florence, il peignit dans l’église de Monte-Oliveto. Le tableau du maître-autel de l’église de San-Salvi, hors de la porte de Santa -Croce, qu’il fit à la demande de l’abbé Panichi, est aujourd’hui au Musée du Louvre. C’èst un des ouvrages qui font le plus d’honneur à Raffaellino del Garbo. «Il se montra trèshabile dans cette peinture, dit Vasari, parce qu’il fut soutenu dans sa misère par le bon abbé qui eut pitié de lui et de son honnêteté, n II était, en effet, chargé de famille, et finit par succomber sous ce poids : obligé de travailler vite et sans trêve, son talent déclina et ne se releva plus.

Le dessin que nous publions appartient à la collection du Musée des Offices, à Florence. Le sujet paraît être emprunté à la légende d’un saint , mais il nous est inconnu.

LE SIGNE DE CAÏN

NOUVELLE

Suite. — Voy. p. 179, 186, 194.

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