DES TERRAINS PAUVRES ET ARIDES
Il est utile de réduire de plus en plus, jusqu’à les faire disparaître presque entièrement, les terrains improductifs.
De grands progrès ont déjà été réalisés sous ce rapport : le pin maritime couvre. une grande partie des dunes et des landes du littoral du golfe de Gascogne ; les meilleures terres de la Sologne sont en culture ou en prairie ; les terres les plus pauvres on t été conquises par le pin sylvestre, le bouleau ou le chêne ; le pin noir d’Autriche s’est répandu sur les plateaux de la Champagne ; enfin l’eucalyptus conquiert, chaque année, de nouveaux espaces en Algérie.
Il reste néanmoins encore plusieurs millions d’hectares à mettre en valeur.
Multiplier le nombre des essences forestières propres à utiliser les plus mauvaises terres , varier les produits qne ces terres sont susceptibles de donner, serait assurément un moyen de favoriser la disparition des landes. Dans les introductions à faire, il convient, d’ailleurs, de se préoccuper des essences de haute stature, pouvant donner rapidement des bois de charpente propres aux constructions civiles ou navales, et des arbustes capables de fournir des produits utilisables par l’industrie, tels que résines, cires, matières tinctoriales ou pharmaceutiques, tan, etc., etc.
Ces considérations ont engagé la Société d’encouragement pour l’industrie nationale à fonder un pj-ix de mille francs qui sera décerné, en 1880, à la personne qui aura employé une essence d’arbre utile, non encore en usage, pour le boisement de terrains pauvres et arides , et qui aura étendu sa culture sur une surface importante pouvant servir de modèle pour la propagation de ce genre de plantation.