‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 550 sur 712 · SICILE · texte numérisé non relu

SICILE

Restes du temple de Junon, à Girgenti, en

Girgenti est l’abréviation d’Agrigente, nom de la ville antique fondée 582 ans avant Jésus-Christ; et ce nom luimême n’est qu’une altération de celui d’Acragas dont se servaient les Grecs. La cité actuelle est située sur un point plus élevé, où sans doute s’élevait l’acropole, et à plus de di.stance de la mer qu’Acragas; elle est surtout habitée par des propriétaires de terres, des fermiers et des journaliers. On y compte dix-huit mille habitants, quarantesix églises, dix-sept couvents et quinze monastères. L’aspect des rues, des maisons, des passants, n’a rien d’agréable. Mais la vallée qui entoure la ville est charmante, et les ruines éparses dans cette riante et fertile campagne ont aussi un grand attrait pour les voyageurs. C’est à travers les oliviers, les amandiers et des champs fertiles qu’ après une demi-heure de marche on arrive au milieu des célèbres débris de l’antique Agrigente.

Les colonnes cannelées et d’ordre dorique du temple de Junon Lacinia, que représente notre gravure, ont pour base une roche élevée où ont été creusées des cavernes, anciennes chambres funéraires, dont les habitants actuels font usage pour serrer leurs récoltes. Le nombre des colonnes était autrefois de dix-huit. Ces restes sont encore d’un effet imposant, et il faudrait être insensible et bien froid d’imagination pour ne pas être ému lorsque, du milieu de ce temple mutilé, on jouit du spectacle de ce merveilleux panorama sicilien qu’on voit se dérouler autour de soi de toutes parts.

Le temple de la Concorde, placé à quatre cents pas environ, trés-élégant et très-noble, est beaucoup mieux conservé ; il est d’ordre dorique.

Les autres ruines remarquables sont celles du temple d’Hercule, qui est le plus ancien et où l’on ne voit plus Tome XLIV. — Juillet 1876.

licite. — D’après une photographie deVien.

debout qu’une seule colonne ; le temple de Jupiter Olympien, qui était le plus grand de la Sicile, mais qui ne fut jamais achevé; le temple de Castor et Pollux, dont il reste trois colonnes, et l’édifice carré à deux étages que l’on appelle le tombeau de Hiéron (*).

Une route carrossable, très-pittoresque, trés-accidentée, dominée par des montagnes de formes variées, permet défaire assez aisément, quoique par de nombreux détours, le voyage de Palerme à Girgenti.

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