LE MUSÉE NATIONAL, A FLORENCE
Le palais du Podestat ou du Prétoire, ou le Bargello (“), à Florence, est situé via Ghibellina, à peu de distance de l’admirable place de la Seigneurie où sont le palais Vieux et la loge des Lauri. C’est peut-être le monument qui a été le témoin du plus grand nombre d’événements mémorables dans les annales de la république florentine. Il n’est pas un de ses murs, on pourrait dire une seule de ses pierres, qui ne rappelle quelque scène dramatique du passé; une histoire du palais du Podestat serait à ]^eu près celle de Florence elle-même.
Depuis quelques années, on a consacré ce palais aux arts, et on l’appelle Musée national.
Le Canon Saint-Paul, au Musée national de Florence. — Dessin de Sellier, d’après une photographie.
Un caractère particulier distingue ce musée de tous les autres, dans cette charmante cité qui n’est elle-même tout entière qu’un musée. On y a réuni les chefs-d’œuvre de la sculpture florentine, et ce sera toujours là son principal attrait ; mais on y ajoute beaucoup d’autres objets d’art qui appartenaient aux Uffizi, au palais Vieux, etc., et qui feront peu à peu de ces galeries une grande collection analogue non-seulement à notre Musée de Cluny, mais aussi aux nouveaux musées d’art appliqué à l’industrie, si utiles, si intéressants, qui tendent à se multiplier dans toute l’Europe, à l’exemple de celui de South-Kensington à Londres, de ceux de Vienne, de Munich, de Moscou, etc. On doit espérer qu’on en fondera également un, tôtoutard, en France.
Au rez-de-chaussée, une grande salle renferme une belle collection d’armes et d’armures anciennes : on y remarque des armes tartares et persanes; une armure des Médicis ornée de reliefs par Jean de Bologne; un casque et un bouclier de Mola, élève de Benvenuto Cellini; trois fusils à trente coups, par maestro Lorenzoni, Florentin du dix-septième siècle ; le canon que l’on voit ici représenté. Le catalogue nous apprend que ce canon a été fondu, en 1638, par Corne Cenni, sous Ferdinand II des Médicis, qui régna de 1620 à 1670. Il fut baptisé sous le nom de saint Paul, dont la tête est son principal ornement. C’était assez la
(') Voy. t. XX, 1852, p. 241.
coutume de donner à ces terribles engins de destruction des noms de saints, ou de chefs militaires, ou d’animaux, que l’on figurait sur la « culasse » ou sur le « corps » du canon. La fabrication des canons fit des progrès rapides, en Italie, aux seizième et dix-septième siècles.
Au premier étage, ceux qui aiment sérieusement l’art ne peuvent guère faire un pas sans être émus d’admiration. Us on t à contempler notamment : au portique, des bas-reliefs de Mino da Fiesole; dans la grande salle, la Victoire, Adonis mourant, et le buste de BrufusQ) par Michel-Ange, Adam et Eve par Bandinelli , la Danse de trente génies par Donatello, les Enfants chantant et dansant de Lucca délia Robbia ; à la suite, une collection de cristaux qui ont appartenu aux Médicis, des meubles de la fin du seizième siècle ; dans la salle du duc d’Athènes, des faïences d’Urbino et de Cubbio; dans la chapelle, des peintures à fresque attribuées à Ciotto où l’on remarque un personnage que l’on croit être le Dante (Q, et un saint Jérôme et une Vierge par Chirlandajo. On traverse ensuite une salle d’ivoires sculptés et de cristaux remarquables ; à la salle suivante sont
(') Voy. la Bible et l’assyriologie . article de la Revue des questions historiques
(-) Bargello. résidence du chef des gens de justice , des archers, du guet.
(5) Nous reproduirons ce buste.
P) Voy. l’esquisse de ce portrait dans notre tome ^X, 1841, p. 333. Des recherches postérieures ont fait naître des doutes sur cette attribution.
exposés des bronzes, le célèbre David de Donatello, des torses attribués cà Michel-Ange; à la seconde, le célèbre Mercure de Jean de Bologne et plusieurs autres œuvres
du mêiue maître, entre autres un portrait de Michel- Ange ; le David deVerrochio, la première ébauche en cire du Persée par Benvenuto Gellini et son buste colossal de
Cour du Mubée national de Florence. — Dessin de Sellier, d’après une photographie.
Côme II. Au second étage on aplacé des œuvres de l’école délia Robbia, un buste de saint Jean par Donatello, des croix émaillées de Finiguerra, des calices du quatorzième siècle, des reliquaires, des cristaux de Venise, etc.
- , , jCe ne sont là que des indications très-sommaires et trèsîncompîêtes. Le Musée du Bargello s’accroît d’année en
année. Le classement, tel que nous l’avons noté, est luimême sujet à des changements.
Nous aurons , du reste , plus d’une autre occasion d’ap peler sur cette précieuse collection l’attention de nos lecteurs.
MAGASIN PIÏTOKESQUE,
CONTE
Vers l’embouchure de l’un des grandsfleuves de France, à la fin du siècle dernier, il s’était formé une île, fort petite d abord, mais qui finit, en une douzaine d’années, par prendre de vastes proportions. En longueur, elle n’avait pas moins de 700 mètres; et elle était plus large que ne le sont ordinairement les îles qui encombrent et rendent quelques-uns de nos fleuves si agréables d’aspect.
Cette île , devenue pendant la révolution propriété nationale, fut acquise par un ancien notaire, qui s’y retira avec ses quatre fils (encore enfants) dans une solitude absolue. L’île, lorsqu’il l’acheta, n’avait pas une habitation, pp un arbre, à l’exception d’un jeune saule à sa pointe d’aval. L’acquéreur y fit bcàtir nne maisonnette, composée d’un vaste rez-de-chaussée divisé en plusieurs pièces : cuisine, salle à manger, chambres, etc. Le tout élevé de plus d’un mètre et demi au-dessus du sol , de telle sorte qu’on y accédait par un joli perron. A quelque distance de la maison, on érigea l’étable, la porcherie, le poulailler. L’île fut entourée d’arbres et d’arbustes à feuillage persistant, de façon que des deux rives on ne pût apercevoir ni la maisonnette, ni ses habitants. L’île, primitivement, ne formait qu’une verdoyante et fertile prairie ; mais ori en mit une partie en labour, une autre en verger, et l’on y fit un peu de jardinage. Le reste fut laissé en herbage pour la vache; car on eut une vache, des cochons et toutes sortes de volailles.
Les constructions étaient à peine terminées quand le propriétaire vint avec ses quatre fils prendre possession de son île. — Nulle ville ou bourgade ne se trouvait dans ces parages; le lieu avait été merveilleusement choisi pour la solitude, la réclusion et le silence. Pas un bruit n’y venait que celui du vent et de l’eau dans les jours de tempête. On n’y entendait pas même les cloches de l’église la plus rapprochée lorsqu’elles recommencèrent à sonner.
L’organisateur de ce mystérieux petit monde avait éprouvé, disait-on, les plus grands malheurs durant les années terribles qui avaient précédé ; on paraissait pourtant ne pas bien savoir les détails de ces malheurs; mais il suffisait de voir un instant l’ancien tabellion royal pour retrouver les traces de ses impressions empreintes sur son visage resté beau et calme, mais qui conservait sous ses cheveux blancs quelque chose de vaguement craintif.
De fins observateurs eussent peut-être compris qu’un esprit ainsi ensauvagé n’était plus qu’une diminution de lui-même. Sa faiblesse, qui s’explique et qu’on doit excuser après tant d’horreurs traversées, était de ne vouloir se retrouver que le moins possible au milieu des hommes; du reste, on le connaissait peu dans le pays ; il était venu d’une autre partie de la France. L’aîné de ses fils avait huit ans et le plus jeune trois. Sa femme était morte en mettant au monde le dernier, de telle sorte que, pour lui, les tragédies domestiques..s’étaient ajoutées aux tragédies sociales.
Un vieux serviteur l'avait suivi, qui l’aida dans les soins à donner à la métairie, et qui, seul, une fois par semaine, quittait l’île pour aller à dix kilomètres de distance chercher les provisions. Un pêcheur de la rive voisine se chargeait, une fois aussi par semaine, d’apporter le pain que déposait chez lui un boulanger du pays. Quant au maître de l’île, on le voyait deux fois chaque année sortir de son domaine, et c’était pour un voyage de quarante-huit heures.
Il allait, pensait-on, au chef-lieu du déj)artement régler des affaires d’intérêt. On le disait riche, mais personne ne le venait visiter dans son île. I! y travaillait comme si toute sa vie il n eût fait que de s’occuper de travaux rustiques.
A mesure qu’ils grandirent, il fit travailler avec lui ses quatre fils, auxquels, dans les soirs d’hiver, il apprenait à lire, à calculer, à parler et écrire correctemenl.
11 semblait n’avoir rien tant à cœur que d’oublier toute sa vie passée ; se souvenir de lui-même ou du reste du monde il ne le pouvait sans épouvante.
Il écartait avec le plus grand soin tout ce qui eût pu lui rappeler même son propre nom. Cette étrange susceptibilité était poussée si loin qu’il n’appelait ses fils d’aucun autre nom que celui des premières lettres d^e l’alphabet. L’aîné, c’était A; le second. B; ainsi de siute. Quant au domestique, il l’avait appelé Trait-d’Union. Cette singularité, dans les premiers temps, fit croire à un léger dérangement cérébral, bien qu’en toute autre chose il montrât beaucoup de raison et de lucidité.
J’ai dit que ses soirées étaient données à l’instruction de ses fils; mais quelle instruction ! Jamais il n’y en eut de plus incomplète. Il s’abstint avec soin de leur parler ni d’histoire, ni de géographie. Les pauvres petits ne connaissaient du monde que ce qu’ils pouvaient apercevoir du haut des jeunes arbres de leur île, sur lesquels ils grimpaient pour apercevoir de loin les deux rives et pourvoir passer les bateaux.
Leur père ne leur avait rien dit du monde, ni de la France, ni des autres nationalités, il avait même recommandé à Trait-d’Union de garder, sur ce point, le même silence.
Depuis bientôt six ans qu’ils y étaient installés, les pauvres enfants n’avaient pas une fois quitté la colonie ; il eût été difficile pourtant de trouver enfants plus heureux et de plus belle venue. Très-libres dans leur île, peu ou point surveillés, très-bien dirigés et conseillés par Trait-d’Union, ils participaient aux travaux rustiques pendant quelques heures tous les jours, et puis le reste du temps ils l’employaient à couri», à faire toutes sortes de chasses cà toutes sortes de bestioles; ils se livraient même au plaisir de la pêche. Les deux aînés, A et B, commençaient aussi k trèsbien nager, et plusieurs fois ils avaient traversé le bras du fleuve qui les séparait de la rive; mais Trait-d’Union, qui, dans ces moments, ne les perdait pas de vue, ne permettait pas qu’ils s’en allassent plus loin. D’ailleurs, le costume de baigneur dans lequel ils y arrivaient suffisait à les empêcher de s’éloigner du rivage.
A avait environ quatorze ans et B en avait treize, lorsqu’une de ces traversées donna lieu à une aventure biblique qui devait tout changer dans leur vie.
Ils avaient avec eux , ce jour-là, le troisième frère C, qui commençait à très-bien nager, lui aussi, et qui avait une vue extraordinairement perçante. J’ai dit que ces enfants, qui ne connaissaient rien du monde que leur île, montaient dans les arbres pour découvrir autour d’eux les pays environnants ; ils avaient pris ainsi la grande et trèsprécieuse habitude de découvrir au loin, et cette faculté s’était d'autant mieux développée que c’était entre eux à qui apercevrait le plus tôt les objets éloignés. Le petit frère G était des quatre celui qui avait en ce sens le plus perfectionné sa vue. Un jour donc qu’ils traversaient le fleuve, C prétendit qu’il apercevait là-bas, très-loin, sur l’eau, quelque chose de singulier. A et B d’abord ne virent rien du tout; mais l’objet approchant, ils commencèrent à le distinguer. Finalement, on découvrit que l’objet en question était un petit baril qu’on se promit bien d’attraper au passage.
Ainsi fut fait; mais C eut à peine touché le baril qu’il s’en éloigna avec effroi. Une voix plaintive s’était fait en- • tendre dans le tonneau ; A le ressaisit pourtant, et le poussa vers l’île, malgré les gémissements sourds qui continuaient : de s’en échapper. Le baril, parfaitement clos( fut ouvert en j
toute hâte, et l’on trouva dedans, sur de la paille, un joli enfant nouveau-né. Vous figurez-vous les exclamations de surprise et dejoie. L’enfant était plein de vie. Trait-d Union l’emporta au logis, et, sans aucune hésitation, le maître de la colonie décida qu’on l’élèverait.
C’était une petite fille, qui tout de suite fut appelée Virgule ; mais il fut convenu qu’on ferait revenir la vieille bonne qui avait élevé A, B, G, D. On ne la désignait dans la famille que sous le nom de Parenthèse.
Malgré ses soixante-quatre ans. Parenthèse consentit à venir élever la petite Virgule. A, B, C, D, adoraient la vieille bonne. Elle leur avait longtemps servi de mère, et ce n’avait pas été sans une très-vive douleur qu’ils s étaient séparés d’elle au moment de venir habiter l’île. Quelle joie donc à la voir s’y installer avec eux ! Virgule, unique occasion de ce retour, n’en devint qne plus chère aux quatre enfants.
Parenthèse, qui se considérait un peu comme la grand’mére de ces quatre garçons, par la raison qu’elle avait élevé leur propre mère, se mit à leur apprendre à sa façon toutes sortes de choses que le père ne leur avait jamais dites. Ils connurent par elles l’histoire de leur propre famille, et même un peu l’histoire de la patrie. Parenthèse leur parla de la révolution ; ils surent quelques-uns des malheurs dont avait été frappé leur père, et furent ainsi portés à l’aimer et respecter davantage. Ils n’avaient été jusque-là véritablement que de petits sauvages, les entretiens de Parenthèse commencèrent à les mettre un peu au courant des choses de ce monde. Ils eussent bien voulu en apprendre un peu davantage, mais il n’y avait aucun autre livre dans l’île qu’une grammaire et un petit traité d’arithmétique. Outre les révélations de Parenthèse, pour eux si instructives, outre les bons et sages conseils qu’ils en reçurent, outre l’amitié qu’elle leur témoignait, la vue de Virgule, si fraîche, si rosée, si souriante, leur causait des attendrissements qui ouvrirent leur cœur àtoutes les affections.
Le bien qui résulta de ceci pour A, B, C, D, on le pressent assez ; ils arrivaient à l’âge ou les singularités paternelles eussent pu affaiblir en eux le respect ; mais la cause de ces bizarreries leur étant expliquée, ils n’en devinrent que plus affectueux et plus tendres. Un père ne peut que bien rarement s’expliquer lui-même à ses enfants, et ceux-ci plus rarement encore peuvent le deviner. Il importe que quelqu’un les aide en cette appréciation de la vie paternelle. La mère seule peut s’acquitter de cette tâche; mais ici la mère manquait; Parenthèse, en ceci, la suppléa.
Ceci, une fois de plus, peut nous faire comprendre pourquoi il est toujours si sain et si profitable à un honnête homme d’avoir autour de soi des témoins de sa vie. La domesticité éphémère estime domesticité malfaisante et dangereuse pour le serviteur autant que pour le maître. Au contraire, les vieux domestiques ont dans la famille un rôle providentiel, ils en sont comme les bons génies. Le Caleb de Walter Scott est la très-be)le et très-véridique expression du serviteur fidèle; mais combien d’autres exemples n’en pourrait-on pas citer, et cela souvent dans les conditions les plus humbles!
La suite à la prochaine livraison.
CROCHET .MrôOVlNGIEN EN BRONZE.
JICSÉE DE VENDÔME.
Le curieux instrument que nous reproduisons offre un problème archéologique dont la solution est encore douteuse. Cet objet, en fonte de bronze grossière, pleine de soufflures et légèrement retoiu hée à la lime, se compose
d’un fort crochet pointu, façonné eu tête d’oiseau, plat et uni d’un côté, strié et évidé en surface gauche de l’autre. La courte hampe qui simule le col de l’animal repose sur un nœud sphéroïde où viennent aboutir deux branches obliques, ^ arrondies à l’extérieur et réunies à la base par une traverse, i de manière à déterminer un triangle isoscèle. Une soie ou queue, destinée à s’engager dans un manche, part du , centre de la traverse que les branches débordent tant soit peu dansTe sens du bec, tandis qu’elles affleurent à l’opposé. Les ornements striés ou pointillés qui couvrent le crochet, le nœud et le flanc de la branche, ici mise en évidence, accusent nettement un travail de l’époque mérovingienne.
A quel usage servait un pareil engin? Nous nous étions d’abord arrêté à une passette de tisserand, puis à un instrument d’obstétrique. Il a fallu bientôt y renoncer; des formes robustes ne convenant guère à des opérations délicates. La découverte inattendue, faite à Rouen, d’un second objet de même aspect et de même époque que le nôtre, vient jeter au moins quelque lumière sur la question, s’il ne la résout pas complètement.
Ce dernier, trouvé récemment dans la Seine, est en fer forgé; si attaqué qu’il soit par la rouille, les traces d'un nœud y sont très-visibles; son bec est rond, court et émoussé. Malgré cette légère différence, la structure des deux engins prouve qu’après avoir empoigné leur manche, on saisissait la traverse avec l’index passé dans l’intérieur du triangle , afin d’exercer une énergique traction sur un corps mince appréhendé par le crochet.
Or, une vieille arme de jet, traditionnellement conservée aujourd’hui dans quelques villages de l’Artois et des Flandres, l’arbalète, se bandait jadis au moyen de crochets, depuis remplacés par une moufle ; son arc, fabriqué en matières résistantes, telles que le nerf, la corne, le métal, ne pouvant céder à la seule pression des doigts. Jusqu’au déclin du quatorzième siècle environ , l’arbalète de chasse (voy. Magasin pittoresque, t. XXXVII, p. 45), plus faible que l’arbalète de guerre, fut munie d’un crochet simple qui ramenait la corde sur la noix en glissant le long de l’arbrier (voy. Viollet-Leduc ,' Dictionnaire du mobilier français, t. V, p. 21 ). Les monuments du moyen âge , il est vrai , ne mentionnent pas l’arbalète avant la première croisade; mais cette arme était connue des veneurs gallo-romains (voy. Daremberg etSaglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, arcuballista), qui purent en enseigner le tir aux conquérants germains.
De semblables données suffiraient pour justifier l'attribution de nos engins à des crochets d’arbalète ; nous ne la risquons néanmoins que sous bénéfice d’inventaire. Si l’on admet notre hypothèse, la face plane du crochet de bronze, beaucoup plus élégant que celui de fer, aurait pour but de faciliter son glissement contre le bois de l’arbrier.
L’engin du Musée de Vendôme a été trouvé, en 1866, dans les démolitions du château du Rouillis, canton de Morée, département de Loir-et-Cher, manoir féodal d’une haute antiquité , bâti sur le parcours de la voie romaine d’Orléans au Mans.
La même fouille mit au jour une longue épingle à cheveux {acus comatoria, discermculum) en os, sommée d’une statuette (nous n’en avons pas vu l’original), un mors, des éperons, des cuillers en cuivre, des monnaies de Charles VI, enfin des carreaux d’arbalète d’un type fort ancien (voy. Bouchet et Launay, Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, t, IX, p. 200 à 221). Ces carreaux viendraient à l’appui de notre présomption quant à l’usage d’objets qui nous semblent mériter une étude approfondie.
Musée de Vendôme. Crochet mérovingien en bronze.
1 . Côté évidé (d’après nne photographie de M. Yvon). - 2. Côté plan (dessin de M. C. de Linas). - 3. Dos (dessin de M. C. de Linas)
i. Face (dessin de M. C. de Linas).
Instrument romain d’obstétrique; bronze (cabinet des médailles). O. Côté plan. — h. Côté évidé (dessin de M. Victor Gay).
Crochet mérovingien en fer, trouvé à Rouen (dessin de M. Gaston de la Serre).