INÉGALITÉ
11 n y a pas inégalité sociale parce que l’un est riche et que 1 autre est pauvre ; il y a inégalité sociale quand l’un est ignorant et que 1 autre est instruit. Et, malgré toutes les révolutions, jamais celui qui ne sait rien ne sera l’égal de celui qui sait quelque chose. (-)
PÊCHE A LA LIGNE EN MER
Suite. — Voy. p. 271.
Plombs, balles, plombs tournants, etc. — Les plombs de fond, en mer, ne sont faits avec le métal dont ils portent le nom que lorsqu’on s’en sert pour pêcher à la ligne, à la canne, dans des endroits calmes. Dès qu’on veut faire descendre son amorce dans les courants qui seuls renferment certaines espèces et qui sont déterminés par les mouvements des marées, il faut avoir recours cà des poids plus considérables. Un jour, en pêchant près du Goulet, passage qui amène dans la rade de Brest les eaux de la haute mer , nous attachâmes à notre ligne à main un biscayen de fonte de la grosseur d’une orange, et nous le vîmes flotter comme un bouchon, soutenu à 50 mètres à l’arrière du canot par l’eau qui passait en dessous.
La plupart du temps , les balles , plombs et autres poids sont remplacés par des pierres pour les cordes de fond ; les pêcheurs marins donnent à ces pierres le nom de câhlières; mais le pêcheur proprement dit se sert de plombs véritablement en plomb, et l’on a dû imaginer plusieurs systèmes pour les placer sans danger sur le trajet du fil, dans les pêches a soutenir. On a donc été tout naturellement conduit à imaginer le plomb à tirage direct (fig. 5). Ce
Fig. 5. — Plomb à tirage direct.
tronc de cône allongé est percé d’abord dans toute sa longueur, puis il porte des trous latéraux disposés sur le côté. Un brin de florence passe dans ces trous et se double en boucles empdées à chaque extrémité en face du trou central ; de telle sorte que le plomb, au moyen de ses bou-
(') Voy. Cean Bermudez, Diceionario de Ins mas ilustre,s profesores de las hellas artes en Espana, 6 \o\. m-12; — puis Antonio Ponz, Viages artisticos en Espaiia. 1771-1794, 18 vol. in-8.
(*) Édouard Laboulaye , Discours sur Homce Mann
des, se place sur le trajet de la ligne à l’endroit qu’on juge le plus convenable, généralement entre la ligne el l’avancée.
Il est nécessaire de dire quelques mots des plombs tournants, destinés à faire tout à la fois l’office d’émérillons et de machines tournantes par suite de l’action de l’eau pendant la traction du bateau qui porte les pêcheurs. C’est surtout pour la pêche du maquereau que ces engins sont employés ; cependant nous les avons essayés avec un grand avantage poui’ toutes espèces de poissons dont la pêche ' se fait sous voile. Chaque bateau est monté par sixhomraes ayant deux lignes à deux hameçons amorcés de drap rouge. Pour donner cà ce leurre le mouvement qui en fait comme, une esche animée sur laquelle se précipite le poisson, l’essentiel est qu’entraîné par le sillage du bateau, qui marche de toute vitesse avec le vent, il prenne un mouvement de rotation dans l’eau. D’ingénieux systèmes produisent cet effet.
Fig. 6. — Plomb tournant.
Par exemple, sur le trajet de la ligne, on place un plomb dont l’olive triangulaire est traversée par une tige, de laiton courbé, si bien que l’eau frappant d’une manière continue et obliquement sur la ligne, la force à tourbillonner (fig. 6). Les pêcheurs ont également adopté le système représenté par la figure 7. A l’une des extrémités d’un plomb
en forme de croissant, plat et très-allongé, est attachée la ligne; chacune des cornes du croissant est pourvue d’une boucle de ficelle solide, qu’un fort empilage poissé et verni maintient sur le plomb. L’avancée se monte à l’autre extrémité du plomb; elle se bifurque pour que chaque branche s’attache aux extrémités d’une petite traverse en baleine, couverte de même d’un empilage verni, qui retient une petite boucle à chaque bout. La forme du plomb en croissant donne du faux à la ligne, qui, dés lors, sous la traction du bateau, tourne sur elle-même et communique ce mouvement de lotation aux hameçons.
Hameçons. — C’est peut-être dans la forme, la matière et la taille des hameçons que l’on peut trouver le plus de
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différence enlre la pêche dans l’eau salée et la pêche dans l’eau douce. Cette différence n’est pas de celles que l’on doive approuver, car elle ne marque point de progrès ; mais cette inl'ériorité des hameçons de mer s’explique et se maintient parce que les poissons de mer, beaucoup moins délicats et moins difficiles à prendre que ceux des eaux douces, sont plus voraces, mieux armés de dents, et surtout sont plus lourds étant plus gros. Les hameçons de mer se lont en fer étamé, les hameçons d’eau douce en acier bruni et verni. Les premiers sont garantis par leur étamage grossier de la rouille produite si facilement dans l’eau salée ; mais tous les hameçons pourraient être traités de la même, manière, et même mieux, au moyen d’un enduit qu’on inventerait facilements il en était besoin. Ces menus engins se font en fer, parce qu’ils ne se cassent pas sur les dents des poissons, ni sur les rochers : s’ils s’ouvrent ou s’ils se tordent, un coup de marteau les referme ou les redresse, et le marin trouve là, dit-il, une grande économie. Malheureusement, quelque vorace que soit le poisson, l’hameçon qu’on lui offre est tellement gros, en même temps si grossier, si mal apointi et pénètre si peu, qu’on mapque souvent la proie.
Nous avons souvent protesté auprès des pêcheurs de profession de la mer contre ces manœuvres grossières et surannées, en leur prouvant que des hameçons modernes de bonne fabrique et en acier, bien faits , de forme soit anglaise, soit française, prenaient beaucoup mieux et beaucoup plus. Nous ne les avons pas convaincus, parce que leurs doigts inhabiles leur rendent très-difficile le maniement d’aussi petits instruments; mais nous sommes certains, par expérience, qu’il y a beaucoup de perfectionnements à opérer.
La figure 8 représente un hameçon, également en fer étamé, que l’on emploie en Norvège pour la pêche des forts poissons de mer; la longueur extraordinaire de sa
Fig. 8. Fig. 9. Fig. 1Q
hampe en fait un outil plus aisé à empiler et à manier pour des doigts souvent froidis par la bise ou le mauvais temps. On remarquera qu’il est extrêmement bas de pointe, et que la pointe est très en avant. La forme figure 9 est celle d’un hameçon français, à très-longue hampe aussi,
dessiné de grandeur naturelle, qui est celui que les pêcheurs bretons emploient de préférence pour pêcher le maquereau. Le dard est bombé, h languette renivée : forme défectueuse, puisque cette courbe touche les parois de la gueule avant que la pointe accroche.
Fig. 11. Fig. 12. Fig. 13.
Hameçon commun français. Hameçon suisse.
L’hameçon figuré au numéro 10 est un hameçon français : on l’a dessiné de grandeur naturelle, tel qu’il est employé au Follet, prés de Dieppe, pour la pêche du congre, de la raie, etc. On le juge trop faible s’il s’agit de la morue, pour laquelle on prend un numéro double comme grosseur. Ces hameçons sont de bonne fabrication.
Les figures 11 et 12 représentent un hameçon de mer de la forme la plus comnnme, que l’on fabrique dans nos ports, en fer étamé. Il est de grandeur naturelle, et c’est un des plus petits numéros; les pêcheurs dédaigsenl volontiers CCS hameçons parce qu’ils sont trop petits. Ils ont raison : en fer, ils ne sont ni assez mordants, ni assez roides, pour être d’un bon usage; nous avons fait ressortir (tig. 11) le grand avantage qu’on est obligé de leur donner pour leur procurer un peu à’enlrure.
Nous représentons (fig. 13), un hameçon carré suisse, employé pour la pêche dans les grands lacs. Sa. forme, toute semblable à celle des hameçons norvégiens, devrait être adoptée par nos pêcheurs en mer qui veulent améliorer leurs engins.
A la suite des hameçons simples, nous donnons (fig. 14)
Fig. 14. — Hameçon-Flamm à contre-poids.
un exemple des hameçons mécaniques qui, dans ces dernières années, ont été inventés pour suppléer à l’insiiffisance des hameçons ordinaires.
L’invention des hameçons à conti'e-poids et à pince est des plus ingénieuses , mais , en raison de la grosseur de l’appareil, on ne peut s’en servir que pour la capture des poissons de mer les plus voraces. D’un autre côté, comme ce sont aussi ces poissons qui se montrent les plus vigoureux et se défendent, en raison de leur volume et de leur force , assez énergiquement pour se décrocher souvent , il s’ensuit que l’invention porte précisément sur le poids pour lequel elle est faite (fig. 14).
En B est le point d’attache delà ligne. L’hameçon A est
esché comme d’habitude; E est un petit contre-poids lenticulaire en plomb; G, une pointe recourbée aiguë ; D, une articulation de la hampe de l’hameçon sur le fléau coudé CBE. Tant que l’appareil flotte dans l’eau, il conserve la position que montre la figure 14; mais dès qu’un poisson a mordu à I hameçon , il fait basculer la pièce CE en B , la pointe C forme pince et vient s’enfoncer dans le museau de l’animal; une fois l’animal dégagé, 1 appareil reprend de lui-même sa position normale.
La suite à une autre livraison.