LES' CENTONS ANCIENS ET MODERNES
Le vocabulaire de Papia dit que les grammairiens donnent le nom de centon à des vers ou parties de vers pris
dans Virgile, Ovide, Horace ou Homère, de droite et de gauche, de manière à former un ensemble ou un sens complet. (')
Le mot latin centon s’adapte bien à cette définition ; toutefois, Forcellini, dans son grand Dictionnaire, dit que dans le sens propre on appelait aussi centon la couverture que les Romains pauvres mettaient sur leur couche, etaussi les hardes rapiécetées dont ils se vêtaient parfois.
On fait remonter l’antiquité des centons jusqu’au temps des rhapsodes qui chantaient en public les vers d’Homère.
Saint Irénée cite un centon homérique de dix vers sur la descente d’Hercule aux enfers.
Letronne, dans son ouvrage Sur les inscriptions grecques de l’Egypte, indique des centons homériques antérieurs à l’ére chrétienne.
Chez les anciens, le grammairien Histié, et un certain Mavortius, que l’on appelait le nouveau Virgile, recueillirent des centons. '
L’auteur de l’ouvrage que nous citons en note fait cette observation ; « 11 paraîtrait que la prosodie ou système de versification des langues modernes s’oppose cà la composition du centon en vers. — A l’exception de l’italien, dont les formes ont tant de rapports avec le latin, et d’un seul exemple en anglais, je n’ai pu trouver de poésie centon ni en français, ni en allemand, ni en espagnol. »
UNE TABLE DU DlX-HUlTlÉME SIÈCLE.
Les observations que nous avons faites au sujet de la table représentée dans notre dernier volume (t. XLIH, 1875, p.40) étaient fondées. Le possesseur de cette table
Collection de M. Double. — Table de travail de style Louis XV. — Dessin d’Édouard Garnier,
reconnaît qu’on l’avait à tort annoncée sur le catalogue de I Exposition au profit des Alsaciens-Lorrains comme ayant appartenu aux filles de Louis XV. C’est au petit meuble reproduit ici que cette attribution paraît convenir. Cette table en bois de rose viendrait, dit-on, du château deBellevue.
L’autre, qui est en acajou et de style Louis XVI, serait sortie du château de Versailles.
(') Revue analytique des ouvrages écrits en centons depuis les temps anciens jusqu’ au dix-neuviéme siècle, par un bibliophile, belgi'. Londres, 1^68, in-8 de 505 pages.