L.\ BALEINE ECHOUEE
On sait que les baleines, qu’il faut, de nos jours, aller surprendre dans la baie de Behring et même jusqu’aux dernières limites praticables du pôle arctique, ont fréquenté autrefois les parages européens de l’Océan, d’oû elles s’aventuraient dans la Manche pour remonter par la mer du Nord vers leur point de départ. Quelquesunes ne suivaient pas exactement le même chemin ; Pline affirme que de son temps on en rencontrait parfois dans la Méditerranée. Leur passage près des côtes de l’Angleterre est attesté par un statut de l’an 1324, dans lequel le roi Edouard II déclare que toutes les baleines qui seront prises en mer ou qui échoueront sur les côtes de son royaume lui appartiendront. Un article
de ce même
O Ce devait être sous la régence d’Anne d’Autriche.
P) Voy. la Table de quarante années, aux mots Baleine, Pèche, etc.
L’échouement d’une baleine en Europe, événement des plus rares aujourd’hui , pouvait passer pour un accident commun à l’époque oû les marins flamands et hollan-
dais allaient les harponner presque en vue de la plage.
Les histoires locales nous ont transmis le souvenir des échouements les plus remarquables ; voici la date de quelques-uns ;
En 1404, huit baleines échouèrent sur les côtes d’Ostende.
Le 3 février 1598, on trouva échouée, entre Katwick et Scheveningue, une baleine qui mesurait 70 pieds et lut vendue 1^7 florins. Le célèbre Grotius, jeune homme de quinze ans alors, dut se mêler aux curieux qui, de la Haye, de Leyde et de Harlem, venaient rendre visite au monstre couché sur le sable; quoi qu’il en soit, Grotius rapporte que plusieurs de ceux qui vinrent voir la baleine échouée périrent suffoqués par l’insupportable odeur qu’exhalait la décomposition de ces chairs. L’affluence de piétons, de cavaliers et de gens en carrosse que l’artiste a groupés dans l’original de notre gravure, nous autorise a supposer qu’il a pris pour sujet l’événement du 3 février 1598.
En 16Ü6, une baleine, longue de 72 pieds et de 8 pieds de circonférence, s’échoua sur un banc de sable prés de Broinvershaven, en Zélande.
En 1615, les ennemis de l’illustre Barneveldt virent un présage de sa chute dans l’échouement d’une baleine à peu de distance de la Haye.
Le 2 décembre 1723, dix-sept baleines furent jetées par la mer dans le voisinage de Hambourg.
Dans notre siècle, on ne citait, en 1830, que trois faits de cette nature : plusieurs baleines échouèrent, en 1802, sur les côtes de la Bretagne; en 1809, on en prit une de 75 pieds de long dans la Tamise, auprès de l’un des ponts de Londres; enfin Neckerde Saussure rapporte que, durant l’hiver de 1806, quatre-vingts jeunes baleines furent jetées par la tempête sur le rivage de Tiry, l’une des Hébrides.
LA FOURDERAINE.
G est le nom que l’on donne, dans le nord de la France, à une liqueur de ménage faite avec les prunelles des haies cueillies, lorsqu’elles sont bien mûres, après les premières gelées. Ailleurs on l’appelle eau de prunelle.
On ne tire pas assez parti du prunellier des haies et des broussailles : on peut greffer sur cet arbuste des pêchers, des abricotiers, des pruniers, qui restent de petite taille, mais portent de bons fruits.