‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 65 sur 712 · PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES EN · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES EN

Il n’y aura cette année que deux éclipses, c’est-à-dire le nombre minimum, et, comme c’est inévitable dans ce cas, deux éclipses de Soleil. La première, à la date du 5 avril , sera totale , mais invisible en France : la ligne centrale part du cap de Bonne-Espérance , traverse l’océan Indien et finit en Chine. La seconde, à la date du -7 septembre, sera annulaire et en partie visible en France, mais seulement comme une éclipse partielle : la ligne centrale commence dans l’Amérique du Nord, descend à travers l’océan Atlantique et passe au-dessous de l’Espagne pour traverser l’Afrique. La grandeur de l’éclipse ne sera égale, à Paris, qu’aux 126 millièmes du diamètre solaire.

Nous n’aurons pas, comme l’année dernière, d’occultations de planètes par la Lune visibles en France ; mais nous aurons un phénomène presque aussi curieux, l’occultation de deux étoiles de première grandeur. Le 28 février, à 7 h. 15 m. du matin, et le 21 mai, à 4 h. 12 m., la belle étoile Antarès, du Scorpion, sera éclipsée par la Lune. Le 24 novembre , ce sera le tour de l’Épi de la Vierge, à 7 h. 38 m. du malin. Une autre étoile, de troisième grandeur, de la Vierge, sera occultée le 22 novembre, à 2 h. 57 m. du matin. Il y en aura encore quelques autres, moins brillantes, que les amateurs pourront trouver intéressant d’observer : l’étoile a du Lion, de quatrième grandeur, sera occultée le 17 avril, à 3 h. 6m. du matin, et le 25 octobre, à 5 h. 43 m. du matin;

1 étoile § du Bélier, de quatrième grandeur, sera éclipsée par la Lune le 12 février, à 10 h. 11m. du soir ; l’étoile s du Capricorne, de même grandeur, le sera également le 23 juin, à 2 h. 47 m. du matin, et le 6 novembie, à 8 h. 10 m. du soir; l’étoile ^ des Poissons, de même grandeur aussi, sera dans le même cas le 21 août, à 1 h. 31 m. du malin, et le 14 octobre, à 5 h. 26 m. du soir; enfin, 1 étoile ^ du Bélier, de même éclat, sera occultée par le bord de la lune le 16 octobre, à 9 h. 24 m. du soir, et le 10 décembre, à 7 h. 37 m. du soir.

Avant de quitter la Lune, nous ne saurions trop recommander aux amateure d’astronomie de diriger leur télescope vers cet astre, si voisin et si curieux, pendant les belles soirées qui précèdent ou qui suivent le premier quartier. Lors même qu’ils n’auraient à leur disposition qu’un très-modeste instrument, ils seront témoins de spectacles plus nouveaux et plus intéressants que beaucoup d’autres que l’on va chercher fort loin et fort chèrement sur la Terre.

Les époques d’observation favorable pour la planète Mercure, c’est-à-dire celles de ses plus grandes élongations du Soleil, le soir, seront : le 10 juin, époque où la planète se couche 1 h. 44 m. après le Soleil, et le 5 octobre, où son retard est de 1 h. 20 m. Ses plus grandes élongations du matin auront lieu le 28 mars, époque à laquelle Mercure précède le Soleil de 1 h. 35 m. ; le 26 juillet, où l’avance est de 1 h. 17 m., et le 15 novembre, où elle est de 1 h. 29 m. C’est à ces dates qu’il faudra chercher la planète la plus rapprochée du Soleil, si l’on désire être plus heureux que Copernic, qui est mort sans avoir pu la découvrir.

Vémis, qui est passée devant le Soleil pendant la nuit du 8 au 9 décembre dernier, s’en éloigne maintenant de < plus en plus. C’est le 7 février qu’elle a atteint sa plus

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grande élongation ; à cette époque, elle s’est levée 3 heures avant le Soleil; puis elle va se rapprochant de l’astre du jour, derrière lequel elle passera le 23 septembre. Elle aura donc été étoile du matin pendant le printemps et l’été. Elle deviendra étoile du soir à partir du milieu de novembre environ, en retardant de 40 minutes environ sur le coucher du Soleil, d’une heure entière au I*^’’ décembre, d’une heure et demie vers le 17, et de près de deux heures au commencement de l’année 1876.

Plusieurs observateurs ont suivi, l’année dernière, ci partir du milieu de septembre, les phases de Vénus que nous avions annoncées ici, et ont pu, tous les beaux soirs, se rendre compte de la marche de la planète s’avançant insensiblement pour arriver à passer juste sur le Soleil le 9 décembre. Le prochain passage de Vénus sur le Soleil, en 1882, sera visible cà Paris et dans toute la France.

Cette année 1875 sera favorable à l’observation de ;Wflrs; mais l’année 1877 sera encore préférable, parce que la planète se rapprochera alors de la Terre à sa dis-

tance minimum. Son opposition arrivera le 20 juin, c’està-dire qu’à cette époque la Terre se trouvera entre Mars et le Soleil, de sorte que Mars passera au méridien à minuit. A partir de la fin d’avril, on pourra le chercher dans les constellations de la carte que nous donnons, et jusqu’au mois de septembre il se trouvera dans les meilleures conditions d’observation. Le 15 de ce mois, il passe au méridien à 6 h. 54 m. du soir, et forme déjà avec la Terre et le Soleil un angle presque droit, de sorte que son disque n’est plus entièrement éclairé par le Soleil, et que, de plus, sa distance est très-augmentée, en même temps que son diamètre a diminué de 25 secondes à 15. Nous espérons continuer en mai, juin et juillet, l’étude de sa surface, que nous avons commencée il y a plusieurs années, surtout en 1871 et 1873, et dont les résultats ont déjà été consignés dans le Magasin pittoresque.

L’opposition de Jupiter, en 1875, arrivera le 17 avril; c’est donc à cette date qu’il sera le plus favorablement situé pour l’observation de l’habitant de la Terre, passant

au méridien à minuit, étant à sa distance minimum et offrant un disque de 45 secondes de diamètre. On peut l’étudier à partir de maintenant, et déjà nos lecteurs ont remarqué son brillant éclat ; le le> mars, il passe au méridien à 3 h. 20 m. du matin et se lève à 10 heures du soir ; le l®’’ avril, il se lève dès 8 heures et passe au méridien à 1 heure du matin ; le le^ mai, sa plus grande hauteur au-dessus de notre horizon arrive à 11 heures du soir, et le 1®'’ juin, à 8 h. 45 m.; au 1®'’ juillet, son passage au méridien a lieu à 6 h. 45 m. : c’est déjà un peu tôt, et la planète est déjà trop éloignée pour permettre des observations intéressantes. Ainsi, ce sont les mois d’avrii, mai et juin, que les amateurs d’astronomie devront choisir, s’ils désirent examiner la surface atmosphérique si variable de ce monde immense , et voir les jeux de ses quatre satellites autour de lui.

La merveilleuse planète de Saturne, dont les anneaux vont en se fermant de plus en plus, sera en opposition le 16 août. C’est donc en juillet, août et septembre qu’elle «era le plus accessible aux observations du soir, et en

même temps le plus proche de le’Terre. Il faut d’excellents instruments pour distinguer ses satellites; mais des lunettes, même faibles, montrent parfaitement cette mystérieuse ceinture qui l’environne d’un cercle de feu. Pour les profanes, le plus surprenant spectacle qu’un astronome puisse leur offrir est certainement de mettre Salurne dans le champ de la lunette, en ayant soin que la vision soit nette pour l’œil de l’observateur, ce qui, par parenthèse, n’arrive presque jamais pour le commençant qui ne sait pas se servir de l’instrument.

C’est au milieu de février que la planète Uranus, toujours dans la constellation du Cancer, est passée à son opposition. Elle va cependant quitter cette constellation zodiacale pour entrer dans le Lion. Elle est si faible, qu’il faut absolument savoir au juste où elle est pour la trouver; notre petite carte est indispensable pour cela. On pourra diriger une lunette sur ce petit disque pendant les mois de mars et avril. En mai, elle sera en quadrature, et il sera déjà trop tard.

Telles sont les principales observations à feire pendant

l'année 1875. Nous ne parlerons pas de Neptune, ni des petites planètes situées entre Mars et Jupiter, actuellement au nombre de 138, ni des comètes périodiques; car

ces astres sont trop faibles pour être suivis dans des instruments d’amateur, et sont en dehors du cadre des observations de l’astronomie populaire.

Paris. — Typographie de J. Best, rue des Missions, 18.

Lb Gérant, J. BEST.

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