LES HABITATIONS HUMIDES
On enlève à l’intérieur de la pièce que l’on veut assainir tous les enduits en plâtre des murs, dans les parties où ces murs sont humides ou salpêtrés; puis on dégarnit avec soin tous les joints jusqu’à la demi-épaisseur des murs.
On fait ce travail par petites parties, si l’on craint d’ébranler la construction.
On mouille les murs ainsi dégarnis avec de l’eau, et cela a plusieurs reprises, et on sèche après chaque lavage au moyen des appareils, afin de dissoudre tout le salpêtre contenu dans les matériaux; puis on nettoie ces murs avec de grosses brosses. ,
Lorsque ce travail de dégarnissage, de séchage, de nettoyage, a été fait avec le plus grand soin, les moellons ne contenant plus aucune humidité ni salpêtre, on chauffe de nouveau ces moellons et on les imbibe sur toutes les faces (au moyen d’une brosse) d’un liquide hydrofuge bouillant qui est promptement absorbé. On répète cette opération deux, trois ou quatre fois, jusqu’à ce que, la quantité absorbée étant égale à la quantité d’eau extraite, le moellon n absorbe plus rien. Le liquide ainsi appliqué est un composé d huile de lin, de résine, de litharge, d’ail et de parafline; on en emploie généralement 2 kilogrammes par métré superficiel. ^
Il faut ensuite laisser sécher pendant plusieurs jours.
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Lorsqu’on juge que la siccité est complète, on refait le jointoiement, en employant de préférence, à cet effet, le ciment de Porlland ; puis on rétablit l’enduit du mur, mais en ayant soin d’arrêter cet enduit en plâtre à dix centimètres du sol. On remplace dans cette hauteur qui est ordinairemen t celle de la plinthe, l’enduit de plâtre par un enduit hydrofuge, fait d’un mélange de bitume, de brai et de goudron, lequel permet, mieux que s’il était en ciment de recevoir, pns se briser, les clous qui fixent la plinthe’ et a surtout 1 avantage d’empêcher l’humidité de remonter par 1 enduit en plâtre ainsi isolé du sol.
Tout mur ayant ses deux faces à l’intérieur est nécessairement ainsi dégarni et regarni sur ces deux faces, de telle sorte que son soubassement est rendu imperméable dans toute son épaisseur.
Quant aux murs de face , on n© fait le plus souvent ce travail que sur la face intérieure, mais on a soin que l’enduit extérieur, s’il est en plâtre, ne descende pas jusqu’au sol et que, dans les parties qui ont été atteintes par l’humidite, quelle que soit la hauteur, il n’y ait pas de peinture aT’huile extérieure. Par suite, l’action de l’air extérieur suffit pour empêcher que l’humidité, s’il s’en produit s étende, et que le salpêtre se forme.
En effet, si la précaution de ne pas descendre jusqu’au sol les enduits en plâtre recouvrant les murs était toujours jjrise, on éviterait presque toujours, dans les habitations humidité provenant du sol, et, par suite, le salpêtrage ; car humidité du sol ne pénétre que très-difficilement les matériaux, généralement durs et plus ou moins hydrofuges qui composent dans le bas la grosse construction des m’urs • mais elle pénètre facilement le plâtre des enduits de ces murs et ce plâtre sert de conducteur à l’humidité, puis au salpêtre, qui gagnent bientôt la grosse construction des murs eux-mêmes.
On estime que la dépense est de 8 à 10 francs au plus par métré superficiel. ^
Les renseignements que nous venons de donner sont extraits d’un rapport approuvé par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, dans sa séance du 24 mars 1876; rapport fait par M. Paliard, au nom du comité des arts économiques sur les «Appareils pour sécher les habitations humides», proposés par M. Ligny.