DANS LA NUIT
Dans une splendeur auguste, ils sont là des milliers de voyageurs alertes, tout prêts pour le départ ; et leur cercle, toujours plus éclatant, plus varié, va toujours s’élargissant. Et pourtant la ronde immense se déroule sereine et silencieuse, avec un calme divin. Les farouches tempêtes les taisent, étonnées, et les fleurs doucement inclinées la saluent.
Notre vieille mère la Terre s’est endormie, n’ayant plus pour habitants que les songes. Avec le regard vigilant du pasteur, la Lune surveille son troupeau d’étoiles; sous son pâle rayon reposent les vertes montagnes, les forêts; et dans les profondeurs de la vallée meurent les derniers murmures de la vie.
La Paix conduit la ronde céleste, l’Amour règle la danse des étoiles. Comme la poitrine s’élargit dans ce silence! Je respire bien à l’aise au milieu de telles splendeurs. Oh ! qui donc connaîtra le chemin de ce pays? Qui pourra me fournir une barque légère? — Vain appel! nul esquif ne quitte le rivage, et devant moi s’étend la mer immense! (*)