‹ Magasin théâtralChapitre 1115 sur 1475 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les phécédents, MAURICE l'abbe.

Salut au souverain de Courlande!

LE PRINCE

Salut au conquérant!

ATHÉNAÏS

Salut au futur etapereur !

MAURICE, gaiement.

Eh ! mon Dieu oui. Mesdames, duc sans duché, général sans armée, et empereur sans sujets, voilà ma position !

LE PRINCE

Les états de Courlande ne vous ont-ils donc pas choisi pour maître ?

* Los acteurs qui ont remonté le théâtre, le retlcscenUeut dans l'ordi e suivant : l'abbe, la princesse, Maurice, Athénai=, !e liiiuce.

BIAUUICE.

Certainement! nommé par la dièle , proclamé par le peuple, j'ai en poche mon diplôme (ie souverain. Mais la Russie me défendait d'accepter, sous peine du canon moscovite, et mon père, le roi de Pologne, qui craint la guerre avec ses voisins, m'ordonnait de refuser, sous peine do sa colère.

LA PRINCESSE

Eh bien ! qu'avez-«ous fait ?

MAURICE

J'ai répondu à l'impératrice par un appel aux armes de toute la noblesse courlandaise, et j'ai écrit à mon père qu'avant d'être élu souverain, j'étais officier du roi de France ; que dans les armées de Sa Majesté très chrétienne je n'avais pas appris à reculer, et que j'irais en avant.

ATHÉNAÏS

A merveille !

11 n'y avait rien à répliquer.

MAURICE

Aussi, faute de bonnes raisons, mon père me mit au ban de l'empire, l'impératrice rail ma tête à prix, et son général, le prince Menzicoff entra, sans déclaration de guerre, à Mittau, pour m enlever par surprise dans mon palais. Il avait avec lui dix-huit cents Russes, et moi, pas un soldai ! l'abbé, riant»

Il fallut bien se rendre !

UAURICB.

Non pas.

LA PRINCESSE

Vous avez osé vous défendre?

MAURICE

A la Charles XII. Ah! m'écriais-je, comme lo roi de Suède à Bender, en voyant luire auiour de mon palais les torches et les fusils, ah! l'incendio et les balles! Gela me va !.. Je rassemble quelques gentilshommes français qui m'avaient accompagné, le brave Florestan de Belle-Isle.

ATHÉNAÏS, vivement.

Mon petit cousin... vous en êtes content; Monsieur le comte ?

MAURICE

Très content, duchesse, il se bat comme un enragé. Avec lui, les gens de ma maison , mon secrétairO; mon cuisinier, six hommes d'écurie... et une jeune marchande courlandaise qui se trouvait là.

Toujours des femmes! il a une manière de faire la guerre...

MAURICE

Qui vous irait, n'est-ce pas, l'abbé? Nous étions en tout soixante!

LE PRLNCE.

Un contre vingt!

Page 1