‹ Magasin théâtralChapitre 1188 sur 1475 · ACTE 1, SCÈNE VllI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VllI

Non.

Où donc?

LA COMTESSE

LA COMTESSE

Je pourrais vous faire chercher longtemps ava.il que vous arrivassiez à la vérité.

d'aubrav.

Parlez, parlez donc !

LA COMTESSE

Vous savez que Didier n'avait été dans vos mains qu'un instrument tout à fait aveugle, et qu'en frappant Corelli^ il était loin de croire que c'était la marquise d'Aubray qu'il frappait. d'aubray,

•le me serais bien gardé de le lui dire. Secouru plusieurs fois par ma belle-sœur, il la vénérait comme une sainte.

LA COMTESSE

Eh bien! il a gardé celle vénération jusqu'au dernier jour de sa vie, et comme il ignorait que la marquise fût morte, partagé entre le désir que l'assassinat de Corelli fut vengé et le respect qu'il éprouvait pour le nom d'Aubray, il a mis d'accord ses scrupules et la reconnaissance, en abandonnante votre belle-sœur elle-même la solution de cette difficulté. La déclaration de Didier et les preuves qui l'accompagnent , enfermées dans un parchemin cacheté^ ont été adressées, comme papiers de famille, au ministre de la justice, avec prière de les faire parvenir à la marquise d'Aubray.

d'aubbay.

A la marquise d'Aubray !

LA COMTESSE

Belle-sœur du coupable; mais amie dé^ouée de la victime.

d'aubray.

Et ces papiers ?

LA COMTESSE

Ontséjournépendant trois mois dans les cartons du ministère; après quoi le ministre, informé de la monde la marquise et de l'existence de sa tille, a ordonné qu'il fassent envoyés au juge de paix de ce canton. Vous concevez que s'il en prend connaissance, vous êtes perdu. 11 faut donc vous opposer à ce qu'il les ouvre, et écrire au ministre, qu'en votre qualité d'oncle et de tuteur de mademoiselle d'Aubray, c'est à vous, à vous seul que doivent être remis tous les papiers, tous les titres faisant partie de son héritage. Comme, après tout, cette réclamation sera juste, je ne doute pas que le ministre n'y ait égard. Voilà l'avis que j'avais à vous donner, le service que je voulais vous rendre. Ne m'en remerciez-vous pas?

d'Aubray.

J'attends que vous m'en ayez dit le prix.

LA COMTESSE

Je vois que \or.s compreiiez \olre position. 6'i

je me tais, le paquet de Didier ne sera ouvert (jue par vous; si je parle...

d'aubray.

Qu'exigez-vous ?

LA COMTESSE

Rien pour moi ; lasse du monde, je vais me retirer dans un couvent d'Italie, d'où je prétends ne plus sortir. Mais, j'ai amené avec moi mon neveu, seul héritier du nom de mon mari, et que je regarde comme mon fils...

Que voulez-vous dire?

LA COMTESSE

Nous reparlerons de cela. Voici votre nièce, présentez-la moi.

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