‹ Magasin théâtralChapitre 1195 sur 1475 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LE DOCTEUR, LE VICOMTE, écrivant. LÉON, qui entre par te fond, un moment après VA- LENTINE.

LÉON

Ah! docteur! docteur!

LE DOCTEUR

C'est vous, Léon ? Qu'y a-t-il ? vous êtes tout troublé.

Ah! je n'en ai que trop sujet... mon père,,, {Valentine paraît.)

LE DOCTEUR

Eh bien ! votre père.,.

LÉON

Il m'a fait demander, docteur, et savez-vous ce qu'il m'a dit... Oh ! je veux aller prendre du service et me faire «taer!...

VALENTINE, à part.

Il veut se faire tuer!...

LE DOCTEUR

Comment?

LÉON

La main de Valentine est donnée. I

LE DOCTEUR, SB levant.

C'est impossible !... A qui est-elle donnée ?

LÉON

Au neveu de cette femme arrivée ici d'hier au soir, au vicomte de Batz.

VALENTINE, S avançant.

Ciel!

LE VICOMTE

Déjà!

LÉON

Vous dites que mon tuteur a promis ma main au vicomte de Batz ?

LE DOCTEUR

Ma chère Valentine, M. le vicomte est devant vous.

VALENTINE

Tant mieux : la nouvelle que Léon nous donne est si surprenante, que j'ai besoin de l'entendre confirmer par une autre bouche que la sienne.

LE VICOMTE

En quoi surf)renante , Mademoiselle ? Ce qui serait surprenant, c'est qu'on pût vous voir, apprendre que votre main est libre, et ne pas essayer de l'obtenir. ^

VALENTINE

Il est donc vrai. Monsieur, que vous l'avez demandée, que vous l'avez obtenue?

LE VICOMTE

Ma tante devait faire cette démarche en mon nom : j'ignorais encore qu'elle eût été accueillie. Je remercie monsieur d'Aubray de me l'avoir appris.

LÉON, avec colère.

Monsieur!...

LE VICOMTE

Plaît-il?

Mon cousin, laissez -moi m'expliquer avec M. le vicomte. Il importe que dès à présent j'établisse nettement ma position vis-à-vis de lui. Vous avez donc, Monsieur, l'agrément de mon tuteur?

LE VICOMTE

Qui n'est rien sans le vôtre, je me hâte de vous le dire. Tout l'avantage que j'y trouve, c'est de voir ma candidature admise et d'avoir le droit de me présenter un peu plus souvent à vos yeux.

VALENTINE

Je vous remercie de cette réponse, mais pour deux raisons très graves il est inutile que vous m'adressiez vos soins.

LE VICOMTE

La première ?

VALENTINE

La première, c'est que ma mère existant toujours, je considère que je dépends d'elle seule, nom du tuteur qu'on m'a donné en son absence,

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