‹ Magasin théâtralChapitre 1204 sur 1475 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LÉON seul, puis LE VICOMTE.

LÉON"

Il sort ! Ah ! quand le secret de mon père ne lui serait pas échappé, je l'aurais deviné rien qu'à voir son entretien avec cette femme. Me laisseraije enlacer aussi par cette influence mystérieuse? non. D'abord^ il faudra que j'en pénètre la cause; et, en attendant^ je ne souffrirai pas qu'une étrangère dispose du sort de Valentine et du mien. Il y a un moyen bien simple d'empêcher une alliance entre nos deux familles, et je m'étais déjà promis de demander compte à M. de Batz des airs insolents qu'il a osé prendre avec moi. Le voici.

LE VICOMTE, entrant.

Je croyais trouver ici ma belle tante?

LÉON

Et moi, je pensais que vous y cherchiez ma cousine.

LE VICOMTE

Non, monsieur Léon, non. Après les aveux naïfs qu'elle m'a faits, je dois m' abstenir, au moins pendant quelques jours^, de me présenter devant elle. J'attendrai, pour recommencer à lui faire ma cour, que son premier étonnement soit calmé.

Et croyez-vous, Monsieur, que je sois le spectateur impassible de vos importunités? Mademoiselle Valfntine m'a choisi pour son protecteur, et je vous déclare que je veux l'être.

LE VICOMTE

Vous me paraissez un peu jeune pour une fonction si grave, et je prendrai la liberté de vous faire observer que, jusqu'à nouvel ordre, 1p seul protecteur de mademoiaeile Valentine est M. le baron d'Aubray, votre père.

LÉON

Si je vous parais trop jeune pour défendre une femme qui m'aime, vous ne me paraissez pas assez vieux pour en épouser une qui ne vous aime pas. Est-ce à votre âge qu'on s'impose à une jeune fille de par l'autorité d'un père ou d'un tuteur?

LE VICOMTE

Je prends des auxiliaires où j'en trouve, mon-

LA MARQUISE D'AUBRAY

sieur Léon, et j'en ai besoin pour vous combattre, moi, nouveau venu, qui viens attaquer une possession de plusieurs années. Au reste, je ne veux contraindre personne ; toute la question est de savoir si votre triomphe sera durable, et si de petits souvenirs d'enfance constituent une véritable passion.

LÉON

Permis à vous d'en douter. Ce qui est sûr, c'est que moi vivant, on ne prétendra pas impunément, je ne dis pas au cœur, mais à la main de ma cousine. Je ne sais si je me fais comprendre.

LE VICOMTE

Parfaitement. Il est irrégulier que cette proposition de duel vienne de vous, l'amant heureux, le rival préféré; mais il me semble que vous jouissez de votre succès avec un peu trop d'expansion ; votre père, qui est du monde, ne trouvera pas mauvais que j'essaie de vous amener à des sentiments plus modestes.

ANTOINE, en dehors.

Par ici, Madame, par ici.

LÉON

Quelqu'un! plus un mot: nous réglerons le jour et l'heure de notre rencontre, de façon que mon père ne puisse s'y opposer.

ANTOINE, entrant, à Léon.

Monsieur Léon, voulez-vous me permettre...

LÉON

Va-l-en au diable ! {Il sort.)

ANTOINE, au vicornte.

Monsieur le vicomte, pouvez-vous me dire?... LE VICOMTE, lui donnant une tape sur la joue. Tu es très drôle, mon ami. {Il sort.)

*XV« v\vn<VA\Vl>»'V*'»*VMVVV»VlVlVVVk»\A\\V\\\W\\VV\VVV«\VWV\\1

Page 1