SCÈNE V
La MARQUISE, seule.
Seule enlin, seule ; et je puis donner un libre cours aux sentiments, aux émotions qui m'oppressent! que je suis heureuse de ne l'avoir pas trouvée à l'aubépinier! L'assurance qu'elle était vivante m'avait mise hors de moi. Emportée par un mouvement irrésistible, je n'aurais pu que fondre en larmes, ouvrir les bras et crier : Ma fille! qui sait l'effet qu'aurait produit sur une organisation si délicale une révélation si imprévue? Le hasard a été plus sage que moi. {Elle va écouter à la porte de sa fille). Aucun bruit, elle dort encore. Chère Valenline ! cet aubépinier planté le jour de ma naissance était son arbre favori ! Elle en prenait soin elle-même; elle venait le visiler tous les jours! Je n'étais donc point morte dans son âme : dix ans d'absence n'ont point affaibl