SCÈNE VII
LA MARQUISE, VALENTINE, LÉON, amenant
THÉRÈSE
LÉON
Valentine, voilà Thérèse qui veut vous souhaiter le bonsoir avant de retourner chez elle. LA MARQUISE, à part.
Thérèse.
Ah ! Thérèse, comme tu arrives à propos. Viens, viens, je te l'avais bien dit que ce jour serait heureux et que l'aubépinier de ma mère n'avait pas fleuri pour rien. Hocheras-tu encore la tête et garderas-tu le silence quand je te parlerai du retour de cette mère chérie? Tiens, voilà une dame qui l'a vue, il y a huit jours ; et qui m'annonce sa prochaine arrivée à Aubray.
THÉRÈSE
Est-il possible ? M. Léon, c'est bien vrai? Il y a ici une dame qui aurait annoncé?..
LA MARQUISE, à part.
Elle est aveugle !
LÉON
Je ne sais ce que Madame est venue apprendre à ma cousine ; mais je la reconnais positivement pour une voyageuse arrivée aujourd'hui de Lyon.
VALENTINE
Madame, Thérèse est la nourrice de ma mère, et vous ne sauriez imaginer la tendresse qu'elle lui porte. Daignez lui confirmer la bonne nouvelle que vous m'avez donnée, elle ne la croira pas qu'elle ne vous ait entendue.
LA MARQUISE
Rien n'est plus vrai. La marquise d'Aubray
existe et sera ici dans une dixaine de jours, peutêtre avant.
VALENTINE
Eh bien! incrédule/
THERESE
Qui a parlé? quelle voix a dit que la marquise