‹ Magasin théâtralChapitre 1210 sur 1475 · ACTE m, SCÈNE YIII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE YIII

d'Aubray existait? Ah! que cette voix parle encore!

VALENTI.NE

Que dit-elle? comme elle est troublée!

LA MARQUISE, loS.

Thérèse, prends garde!

THÉRÈSE

Mon Dieu, mou Dieu! rendez-moi la lumière pour voir encore celle qui a cette voix.

VALENTIKE.

Ah ! ma mère !

THÉBÈSE.

Julie, chère Julie!

LÉON

Madame...

VALENTINE

C'est Léon, ma mère; c'est ton neveu.

LA MARQUISE

Oui, oui, entourez-moi bien tous ; mes amis, ma fille, que je vous voie, que je serre vos uiains dans les miennes! 11 y a si longtemps que j'étais seule! Ah ! la solitude au milieu des foules ; voilà la plus cruelle douleur de l'exil. Ma pauvre Thérèse, tu es donc aveugle! oh! nos soins te distrairont de ton malheur. Tu me vois dans ton âme, n'estce pas ? Léon, j'espère que vous m'aimerez comme une mère; moi, je vous aime déjà comme un fils... et toi que je retrouve plus belle que je ne t'ai jamais rêvée; toi qui gardais une piété si tendre au souvenir de ta mère, tète où revit l'époux que j'ai tant aimé, àme^ fille de mon âme, tu n'aimes pas une ingrate, va, je saurai bien te le prouver. Embra3se-moi; embrasse-moi encore. Depuis dix ans que j'en étais réduite à t'envoyer à travers l'espace mes baisers mouillés de larmes, j'ai fait pour toi une provision d'amour et de ca- • ressesque je ne suis pas près d'épuiser.

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