THÉRÈSE, LA MARQUISE
LA MARQUISE
Thérèse !
Madame...
THERESE
LA MARQUISE
Je t'avais demandé si Valentine aimait son cousin ; pourquoi m'as-tu répondu que non ? THÉRÈSE, à part.
Pouvais-je faire autrement?
Tu te tais ! Ton silence me donne à penser.
THÉRÈSE
Pur enfantillage, dont il ne faut pas vous inquiéter, Valentine n'a qu'une passion véritable : c'est VOUS.
LA MARQUISE
Antoine l'a-t-il vue?
THÉRÈSE
Non, Madame.
LA MARQUISE
A-t-il eu des nous elles de sa santé?
THÉRÈSE
Non.
LA MARQUISE
Lui a-t-il fait passer ma lettre au moins?
THÉRÈSE
Aucun des valets du château n'a voulu s'en charger.
LA MARQUISE, Se promenant avec agitation.
0 Ciel ! être si près de ma fille et me trouver dans l'impossibilité de la voir, de lui écrire, de savoir ce qu'elle devient! J'hésitais, avant d'entreprendre un procès où le nom d'Aubray doit être couvert d'infamie, mais puisqu'on me pousse à bout, je vais le commencer.
THÉRÈSE
Bien, bien. Madame... Vous vous résignez au seul parti qui vous reste, et vous savez si je vous l'ai conseillé.
LA MARQUISE
Arrange-toi avec Antoine, afin que je puisse partir dès cette nuit pour Paris. L'intérêt de M. d'Aubray est de m'empêcher d'avoir re';ours a la justice; et, s'il était prévenu de mon d.' ■ ■ t, il trouverait peut-être moyen de s'y opposer.
THÉRÈSE
Fiez-vous à mon zèle.
LA MARQUISE
Je rentre chez moi pour tout préparer. (Elle sort.)
THÉRÈSE, seule.
Oui, qu'elle parte. Antoine la conduira jusqu'à la poste voisine; arrivée là, elle prendra des chevaux et sera bien vile hors de danger.
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