ACTE lïl, SCÈNE XII
Consolez nos douleors sans regarder nos fautes.
JEANNE, souriant mélancoliquement.
Hélas! j'ai peur d'en voir plus que l'on ne m'en dit.
DEHOUN.
Oui, depuis ton déparr, le ciel m'avait maudit!
JEANNE
Mais cette noble dame, et si fière, et si belle?
DEHORN.
J'ai brisé tous les nœuds qui m'enchaînaient près
La haine à son amour bientôt succédera, [d'elle!
J'ai bravé sa colère... elle se vengera !
Défends- moi des malheurs auxquels je dois m'attendre!
Jeanne!
JEANNE
Et moi, contre vous qui viendra me défendre ?
DEHORN.
Tous ces bons sentiments qui, réveillés par toi. M'inspiraient pour mes torts un salutaire effroi, Si tu m'abandonnais, ils me fuiraient encore ! Ange des cœurs souffrants, ma faiblesse t'implore. Que ta douce vertu daigne me protéger !
JEANNE
C'est moi seule qu'ici menace le danger.
DEHORN.
Jeanne, si tu me fuis, le désespoir me tue. Reste, je suis sauvé!
JEANNE
Mais moi, je suis perdue !
DEHORN, entendant du bruit.
Quelqu'un !