ACTE I, SCÈNE II
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MAIIAME DE MKP.GY.
Nou, monsieur le comte ; non... il faut que votre savoir éclate en faveur d'une dame qui vous admire sur parole...
sai>;t-germai\%
Je n'ai pas l'honneur de vous connaître.
MADAME nE MEIIUY.
La marquise de Merfjy, veuve du marquis de Mergy, yrand sénéchal de Poitou, et nommée tout récemment dame d'atour de Mesdames, par la protection du révérend père Griffet. Depuis une semaine que je suis à la cour, je n'entends parler que de vos prodiges, et je n'en ai pas encore vu... Voilà ma helle-sœur la vicomtesse, mon cousin le marquis, qui viennent tout exprès de Carpentras...
SAISÏ-GERMAIX.
De bonne foi, vous me prenez donc ponr un sorcier ?
LE MARQUIS
Pour un prophète de tous les tenq)s et de lous les pays !...
.SAI>"T-GERMA1.> , à part.
Les imbéciles !
Du moins ou l'assure !
BEKTHI^OT.
Comment, on l'assure! (A paît.) Ces gens de province, cela doute d(! tout.
LE MARQUIS
Vous savez l'avenir comme le passé... on m'ottre une héritière d'un grand nom, une La Rochefoucauld, très jolie, ma foi... que m'arrivera-t-il si je me marie ? Voici ma main...
SAINT-GERMAIN
Non... cela se voit à la physionomie. (Apiès l'avoir considéré. ) Je ne VOUS conseille pas de vous marier.
LE MARQUIS
Diable! je vous comprends... il y a des signes, n'est-ce pas?
BFnTHlSOT, à part.
Il lui a dit son fait du premier coup.
MADAME DE MERGV.
Saisissez donc le moment de l'inspiration.
LE MARQUIS
Croyez-vous que demain, à la cour, mon lour d'esprit fasse de l'effet?...
BERTHIKOT.
Et ma recette pour ne plus perdre au jeu ?
LA VICOMTESSE
Qu'est devenu mon épagneul?
SAINT-GERMAIN
Oh ! procédons par ordre. Monsieur le maiquis, vous voulez briller par votre esprit à la léte de Choisy ? faites trois choses : Dansez beaucoup, parlez peu, sur-tout après souper, et saluez toujours... Vous, mon cher lîcrthinot, vous craignez de perdre au pharaon?... ne vous mettez j)lus si piès du petit chevalier... il a un regard qui porte malheur... Quant à votre épa-
gneul, madame l.i vicomtesse, promettez seulement cinquante écus de récompense à celui <|ui le rapportera, et demain vous en aurez deux plutôt qu'un.
BEKTHINOT.
Quel homme ! si j'osais, je l'embrasserais.
LA VICOMTESSE
C'est étonnant !
MADAME DE MERGY
Ravissant!
LE MARQUIS
Confondant !
SAINT-GERMAlN, à madame de .^lergy.
A VOUS, madame la marquise. Desirez-vou>4 quelque chose?
.MADAME DE MERGY, d'un ton mystérieux.
Eh ! oui ; mais je n'ose m'expliquer ici.
Il parait que c'est une demande qui coi'ite à votre modestie ?
MADAME DE MERGY
Il l'a deviné... Ne dévoilez rien, nous causerons plus tard en téte-à-téte.
SAINT-GERMAIN
Elle me fait peur... V^euillez me laisser, je vous prie, avec mon ami Berthinot.
BERTHINOT.
Son ami ! l'ami d'un |iropIiéte !
LE MARQUIS
Nous nous retirons émerveillés... Une seuh; petite question... j'ai promis de rapporter .i Carpentras des détails positifs, nous desirons connaître au juste quel est votre âge... on dit que vous n'en avez pas?
SAINT-GERMAIN
Qu'il vous suffise de savoir, monsieur le marquis, que je pourrais au besoin nominei par leurs noms, professions et qualités, vo-. ancêtres les plus reculés.
LE MARQUIS
Serviteur, serviteur... je ne pousserai pas l'indiscrétion...
SAINT-GERMAIN
Point du tout... je ferai, si vous voulez, publier votre généalogie à Carpentias?
Inutile... on est si sot en province ! Venez, mes chères cousines ; respectons les mystères.
MADAME DE MERGY
Homme surnaturel! nous nous reverrons.
( Us sortent. )
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