DE SAINT-CYR
ROGER. Oui, monseigneur, voilà comme je suis, moi.
LE DUC. Tu l'aimais donc beaucoup?
ROGER. Mais, oui, monseigneur, j'en étais fou, c'est le unit.
LE DUC. Comment, je te vois hier, et lu ne me dis pas que tu vas te marier!
ROGER. Je ne savais pas que cela se ferait si vite, que voire altesse me pardonne.
LE DUC. Kt elle est joUe?
ROGER. Trè>-jolie!
LE DUC. Heureux coquIn ! je comprends maintenant pourquoi lu ne veux pas venir en Espagne.
ROGER. Eh bien, monseigneur m'y fait penser... Au contraire... et si son altesse est toujours dans les mêmes dispositions bienveillantes à mon égard...
LE DUC. Comment , mais aprè-i le service que tu m'as rendu aujonrd'hi'.i encore...
ROGER. Je lui demanderai la permission de raccom|)agner.
LE DUC. M'accompagner, c'est impossible.
Tuconndislesloisde l'éiicpielte, tontes les |)ersonnes qui font t aitie du cortège sont désignées par le roi. Mais viens me rejoindre.
ROGER. Je serai à Madi'id aussitôt que votre all(îsse.
LE DUC. A merveille !
ROGER. Mais votre altesse permettra-t-elle que je fasse ce voyage accompagné...
LE DUC. De ta leinnie ? très-bien !
ROGER. Non, monseigneur; madame de Saint-Iiérem est d'une santé délicate, elle restera à Paris. Non, accompagne d'un de mes amis.
LE DUC. C'est bien ; tu me le prés'Mlterx^s.
ROGER. C'est que je dois prc\enir voire altesse qu'il est de noblesse incertiiinc.
LE DUC. Cela regarde d'Harcourt ; ainsi, c'est dit, tu viens?
ROGER. Je viens, monseigneur.
LE DUC. Ah ! je respire, j'aurai donc quelqu'un à (pii parier de ma pauvre France !
ROGER. Et un petit peu de ces pauvres Françaises; n'esi-ce pas. monseigneur?
le' DUC. Voisin. Roger, c'est qu'il n'y a encore qu'elles au miaide ! Ah!..,
ROGER. Monseigneur, voilà un soupir dont je connais l'adresse.
LE DUC. Eh bien, c'est ce qui te trompe, il n'est pas pour madame de Mouibaz(Hi., .
ROGER. Ah bah ! et pour qui donc?
LE DUC. C'est.... Mais à quoi bon le dire? je quitte la France! A Madrid, Roger.
ROGER. A Madrid, sire!
LE DUC. A Madrid.
Il sort. Roger l'accompagne jusqu'à la porte Tandis qu'on voit Roger qui salue une dernière fois le duc dans le vestibule, Dubouloy passe sa tête par la porte de gauche.
Mir.ASlN THÉÂTRAL.