ACTE m, SCÈNE XII
DORANTE
Il VOUS est aisé de les soupçonner, Lisette.
SILYIA.
Mais je pense, par exemple, que vous n'avez pas de goût pour la fille de M. Oigon.
DORAMr.
Ne voyez-vous que cela ?
SILVIA
11 y a bien encore certaines choses que je pourrais supposer ; mais je ne suis pas folle, et je n'ai pas la vanité de m'y arrêter.
DORANTE
Ni le courage d'en parler ; car vous n'auriez rien d'obligeant à me dire. Adieu, Lisette.
SILYIA.
Prenez garde ; je crois que vous ne m'entendez pas, je suis obligée de vous le dire.
DORANTE
A merveille, et l'explication ne me serait pas favorable. Gardez-moi le secret jusqu'à mon départ.
SILVIA
Quoi! sérieusement, vous partez?
Vous avez bien peur que je ne change d'avis.
SILVIA
Que vous êtes aimable d'être si bien au fait.
DORANTE
Cela est bien naïf. Adieu.
(Il s'en va lentement.) SILVIA, à part.
S'il part, je ne l'aime plus, je ne l'épouserai jamais. (Elle le regarde aller.) 11 s'arrête pourtant, il rêve, il regarde si je tourne la tête ; je ne saurais le rappeler, moi... Il serait pourtant singulier qu'il partît après tout ce que j'ai fait... Ah ! voilà qui est fini, il s'en va.
(Dorante sort.)
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