SCÈNE V
Dos HUY GOMÈS , PHILIPPE il , DOMINGO.
Dites à votre maître que le comte de Santat'iore désire lui parler.
DOMIS(;0.
Don Quexada vient d'arriver d'un lony voyag;e ; il repose , et je crains que votre excellence ne soit forcée d'attendre.
J attendrai.
DO.MINGO
Mais avec tout le respect que je dois à votre excellence...
Vous ne voyez pas cjue j'attends deja?
nOMISUO, à part, r.n soi tant.
Il paraît qu'il n'en a pas l'habitude.
scËrsE VI.
Dos RDY GOMÈS, PHILIPPE H.
PHILIPPE II, qui jette son manteau sur ub siège et »'as-
sic.l.
Quel ennui! que les trois dernières lieues sont lonjjues envoyajjel
DON JliAN D'AUTRICHE.
COMLj.
Comme tout ce qu'on voudrait\oir finir. Ma)» nous voici chez l'ancien serviteur de votre auguste père. Ce qui me surpientl . c'est (|u'un tel Hjonaïque ail pu choisir un pareil t (iiiseiller.
Je n'en serais pas moins surpiis ([ne vous, si les rois, quand il» choisissent un conseiller, prenaient l'en^jagement de suivre .<es conseils.
GOMÈ.S.
Du secret, de la probiiè ! j en conviens...
C'est bien quehpie chose, don Gomès.
('•OMÈS.
Mais point de caractère.
Les gens qui en ont beaucoup usent volontiers de ceux (|ui n'en ont pas.
GOMÈS
Reculant au premier péril, embarrassé du moindre obstacle, trop convaincu qu'il est habile , pour ne pas être stiuvent dupe: tant de réputation et si peu de inèiite! c'est gagner sans meitie au jeu.
Il ressemble à bien il'atities, qu'on croit des hommes supérieurs tant que le génie les emploie : les abandoune-t-il, on est tout eloîiné de le* trouver médiocres.
GOMÈS
Votre majesté fait d'avance Ihisioire de ses ministres... Mais elle rêve profondément, sans doute à ce jeune don Juan?
PHILIPPE II, se le»ant.
Je ne puis tenir en place. Pourquoi l'ai-je vue? ah ! pourquoi l'ai-je vue ? c'est toi qui m'as dit dans les jardins d'AranjueZ: Kegardez-la, sire, qu'elle est belle!
GOMÈS
Quoi! celte imaj^e vous poursuit encore?
Non, je n'y songe plus; je n'y veux plus Songer, (^omme vous le disiez, c'est don Juan qui m'occupe.
GOMÈS
Peut - être le sang vous parle, et votre corur s'émeut au moment où vous allez décider de son sort.
Et de (|uel sentiii>ent seiais-je ému? l'ai-je assez connu pour l'aimer? puis-je lui reprocher quelque chose pour le haïr? où est le bien qu'il m'a fait? où sont ses torts envers moi?
GOMÈS
Il n'en a eu qu'un seul.
Lequel?