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SCÈNE XVI

Les PnÉcÉnENTS, LE PiUEUR.

LE PRIEUR, à don Juan.

Novice, suivez-moi.

FRÈRE ARSÈNE

Où donc , mon père ?

LE PRIEUR

En lieu de sûreté, et au secret. Tel est l'ordre que je reçois de la cour. L'alguazil niayor,

qui vient de me l'apporter à toute bride , laisse reposer les chevaux de son escorte pendant deux heures , et repart , avec don Juan , pour le couvent des Frères de la Passion.

DON JUAN

Avec moi !

FRÈRE ARSÈNE, le calmant.

Patience ! patience!

LE PRIEUR

Quant à vous, don Quexada , une troupe de cavaliers, qui n'oserait pénétrer dans cette maison, vous attend à la grande porte. Ils ont laissé échapper quelques mots sur la tour d« Ségovie.

DON QUF.XADA.

Sur la tour ?...

FRÈRE ARSÈNE

De Ségovie.

J'avais entendu.

FRÈRE ARSÈNE

Eh bien ! seigneur Quexada, la journée sera bonne.

DON QUEXAIIA.

Elle l'est déjà. (A part.) Hier, entre deux frères; aujourd'hui, entre un père et son fiU; ah! maudit secret!

FRÈRE ARSÈNE

Mais vous resterez ici.

DON QUEXADA.

Je n'ai plus la moindre envie de sortir.

LE PRIEUR, à don Juan.

Jeune homme, obéissez.

DON JUAN

Quoi ! mon révérend, vous souffririez...?

FRÈRE ARSÈNE

Il faut souffrir ce qu'on ne peut empêcher. Obéissez, don Juan. ( Bas, en lui serrant la main.) Mais ne désespérez de rien.

DON JUAN, de même au frère Arsène.

Je n'ai plus d'espoir qu'en vous.

PEBLO , tandis que don Juan sort.

Il n'est jamais le bienvenu , ce prieur; mais il ne pouvait pas plus mal arriver.

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