‹ Magasin théâtralChapitre 560 sur 1475 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

FALIERO

( Il s'avance à pas lents et s'arrête devant saint Jean et Paul.)

Minuit!... personne encor ! je croyais les surprendre; Mais mon rôle commence, et c'est à moi d'attendre. Mes amis vont venir... Oui, doge , tes amis.

Ils presseront ta main. Dans quels lieux? j'en frémis: Deux princes dont je sors dorment dans ces murailles; Ce qui n'est plus que cendre a gagné des batailles. Ils m'entendront!... Eh bien! levez-vous h ma voix. Regardez ces cheveux blanchis par tant d'exploits, Et, de vos doigts glacés comptant mes cicatrices» Aux crimes des ingrats mesurez leurs supplices ! 0 toi , qu'on rapporta sur ton noble étendard , Vaincu par la fortune où j'ai vaincu plus tard , Vaillant Ordelafo , dont je vois la statue , Tends cette main de marbre à ta race abattue ; Et toi , qui succombas , rongé par les soucis , D'un trône où sans honneur je suis encore assis; Mânes de mes aïeux , quand ma tombe royale Entre vos deux tombeaux remplira l'intervalle , J'aurai vengé le nom de ceux dont j'héritai, Et le rendrai sans tache à leur postérité !

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